Rapport annuel 2019–2020

La recherche pour un monde inclusif et durable
20 octobre 2020

La recherche pour un monde inclusif et durable

La pandémie de COVID-19 a prouvé que les frontières nationales n’offrent aucune protection contre la maladie, tout comme les effets des changements climatiques et les inégalités ont des conséquences mondiales. Des questions autrefois considérées comme locales ou régionales sont en fait des enjeux mondiaux. Ce monde interconnecté exige de la recherche pour le développement forgée dans la collaboration et l’inclusion. Le rôle du CRDI dans ces efforts est plus critique que jamais.

La diversité et l’inclusion sont fondamentales pour le travail du CRDI et renforcent la qualité de la recherche du Centre. Pour trouver des solutions durables, il est nécessaire que les recherches et les données tiennent compte de toutes les voix, reflètent les réalités locales et prennent en compte les défis des plus vulnérables.

Le Programme des Nations Unies de développement durable à l’horizon 2030 établit un lien entre l’inclusivité économique, sociale et environnementale et les solutions durables. Le CRDI estime que ces questions interdépendantes sont aussi liées à deux préoccupations urgentes : l’inégalité et l’exclusion, et les changements climatiques. Ces domaines d’intérêt sont au premier plan de nos efforts pour développer des solutions inclusives et durables.

L’engagement du CRDI envers l’inclusion et la durabilité se reflète dans ses recherches multidisciplinaires et s’étend à ses collaborations avec des chercheurs et des universitaires des pays du Sud et du Canada, ainsi qu’avec des collectivités locales, des organisations non gouvernementales, des fondations, des gouvernements et le secteur privé.

Nous présentons ci-dessous quelques exemples de la manière dont les recherches dans lesquelles nous investissons ont contribué à soutenir des solutions inclusives et durables en appuyant l’égalité et en atténuant les effets des changements climatiques. 

Promouvoir l’égalité entre les sexes

La lutte contre les inégalités est à la base même des solutions inclusives et durables, et c’est une priorité dans toutes les recherches soutenues par le CRDI. Le Centre investit dans des recherches qui prennent en compte les inégalités sociales et économiques, en particulier celles liées aux sexospécificités, afin de s’attaquer aux normes et valeurs sous-jacentes qui entravent les changements positifs.

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Le mariage précoce entraîne une série de conséquences négatives pour les filles et constitue un obstacle majeur à leur développement économique et social. Les partenaires du CRDI en Afrique de l’Ouest conçoivent des stratégies et des outils pour lutter contre le mariage précoce.

Pour être entendu, il faut d’abord être recensé

Veiller à ce que les groupes vulnérables soient recensés est l’une des premières étapes pour parvenir à un changement durable et inclusif en matière d’égalité des sexes.

Lorsque les filles et les femmes sont exclues des systèmes d’enregistrement et de statistiques de l’état civil (ESEC), leur voix est étouffée et leurs besoins restent invisibles. L’enregistrement à l’état civil fournit une identité légale, qui est essentielle pour accéder aux services d’éducation et de santé, réclamer des biens et des héritages, recevoir une pension alimentaire pour le conjoint et les enfants, et se protéger contre le mariage d’enfants.

Le Centre d’excellence sur les systèmes d’enregistrement et de statistiques de l’état civil, créé grâce à un financement du gouvernement du Canada et hébergé par le CRDI, aide les pays à développer et à renforcer leurs systèmes ESEC nationaux. Cette année, le Centre d’excellence, en collaboration avec le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), a réussi à ajouter des questions sur l’enregistrement des mariages aux futures enquêtes démographiques et sanitaires, ainsi qu’aux futurs recensements nationaux du FNUAP, dans 150 pays. Les réponses à ces questions fourniront des données sur l’état de ’enregistrement des mariages et contribueront à des statistiques plus complètes qui favorisent la bonne gouvernance, permettent de formuler des politiques adaptées et soutiennent un développement qui profite à toutes et à tous.

En savoir plus sur le Centre d'excellence sur les systèmes d’enregistrement et de statistiques de l’état civil

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La recherche sur l’accès à la justice a joué un rôle dans l’adoption d’une loi qui criminalise le viol et la pédophilie.

 

Accès des femmes à la justice

L’accès à la justice reste un défi de taille, en particulier pour les femmes rurales victimes d’abus sexuels. Des chercheurs soutenus par le CRDI au Burkina Faso, au Mali, en Mauritanie et au Sénégal ont recensé plusieurs obstacles à la justice pour les femmes. Parmi ceux-ci figurent un sentiment de honte, des difficultés, des frais de justice et des délais d’attente liés aux plaintes, et de la crainte que leurs demandes soient rejetées. Une fois ces obstacles établis, les chercheurs ont ensuite fait participer des membres de la collectivité et des figures d’autorité pour faire évoluer les normes en matière de violence sexuelle et ouvrir l’accès aux canaux et mécanismes institutionnels nécessaires pour obtenir justice.

Au Sénégal, le CRDI soutient les chercheurs et les défenseurs de la société civile pour mettre fin à la violence sexiste depuis huit ans. Cet investissement a contribué à un résultat important cette année : il a permis d’élaborer une nouvelle loi au Sénégal qui criminalise le viol et la pédophilie, promulguée en janvier 2020. Une recherche similaire sur l’accès à la justice, soutenue par le CRDI, appuie également la formulation d’une loi plus inclusive sur le harcèlement sexuel afin de résoudre le problème répandu du harcèlement des jeunes garçons en Égypte.

 

On intègre une approche de l’éradication de la pauvreté qui tient compte de la dimension de genre dans des programmes gouvernementaux qui toucheront des centaines de milliers de personnes.

Une croissance inclusive au service de toutes et de tous

Les investissements du CRDI dans la réduction de la pauvreté et l’autonomisation financière dans les pays du Sud soutiennent les femmes en leur fournissant les compétences et les connaissances qui leur permettront de sortir leur famille et leur collectivité de la pauvreté.

Les programmes qui se concentrent sur la constitution d’actifs financiers et le développement de compétences en gestion financière aident les ménages extrêmement pauvres à devenir autonomes et à surmonter l’adversité. Au cours des cinq dernières années, ces programmes ont soutenu environ 150 000 personnes — dont 80 % de femmes — en Colombie, au Mexique, au Paraguay et au Honduras.

Les programmes de lutte contre la pauvreté ont également le potentiel de soutenir l’égalité des femmes de manière plus générale. De nouvelles recherches soutenues par le CRDI, par le biais d’une subvention à la Fundación Capital et à l’Instituto de Estudios Peruanos, s’appuient sur les conclusions précédentes pour éclairer la manière dont ces programmes peuvent également s’attaquer aux obstacles liés à la sexospécificité.

Une approche inclusive des programmes de lutte contre la pauvreté qui tient compte des normes sociales, des relations de pouvoir inégales et des contraintes institutionnelles qui entravent l’autonomisation économique des femmes est intégrée dans les programmes gouvernementaux de protection sociale afin d’aider des centaines de milliers de personnes au Paraguay et au Pérou. Par exemple, un programme de protection sociale au Paraguay appelé Abrazo comprend explicitement un accompagnement pour réduire la violence sexiste, changer les stéréotypes sur le comportement masculin et promouvoir le partage des tâches d’éducation des enfants. Le projet renforce également les relations et le soutien mutuel entre les femmes par le biais de groupes d’épargne, un outil essentiel pour renforcer la résilience financière pendant la crise de la COVID-19.

 

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Des voix plus fortes pour un gouvernement inclusif et responsable

Pour obtenir un changement durable pour les femmes, l’autonomisation économique doit aller de pair avec l’autonomisation politique. Le concept de gouvernement ouvert vise à rendre l’État accessible à tous, mais il ne peut pas tenir ses promesses si les inégalités qui entravent l’accès des femmes et d’autres groupes vulnérables persistent.

Le Partenariat pour un gouvernement ouvert (PGO), une initiative qui compte parmi ses membres 78 pays et gouvernements locaux (représentant plus de deux milliards de personnes), appuie une gouvernance responsable, réactive et inclusive, mais les femmes sont sous-représentées dans ses engagements. Affaires mondiales Canada et le CRDI ont fourni un financement de base et des conseils de fond pour lancer l’Initiative féministe pour un gouvernement ouvert afin de rendre les engagements du PGO plus inclusifs pour les femmes et d’autres groupes.

En un an seulement, le nombre de pays ayant pris des engagements en faveur de l’égalité des sexes a doublé. Ces progrès ont encouragé le PGO à se fixer un objectif ambitieux de rendre 30 % des engagements sensibles aux sexospécificités d’ici la fin 2020 — un objectif qui a été dépassé un an à l’avance. Ces engagements axés sur les sexospécificités sont de plus en plus diversifiés et puissants, et un dialogue s’amorce sur l’accès à l’information, la lutte contre le mariage des enfants, le leadership des femmes et l’autonomisation politique, entre autres. Parmi les nouveaux engagements pris en 2019, citons la rédaction d’un plan de parlement ouvert intégrant les sexospécificités en Sierra Leone et l’intégration du genre dans les engagements des industries des ressources naturelles et des industries extractives au Nigeria et aux Philippines.

Une organisation qui examine et ajuste le système de salaire minimum encourage le débat pour des salaires plus justes. Des travailleuses de l’industrie du vêtement à Yangon, au Myanmar, effectuent des contrôles de qualité. L’initiative Le savoir au service de la démocratie au Myanmar prône l’inclusion et l’égalité des genres.

Lorsqu’un nouveau gouvernement a remplacé le régime militaire du Myanmar en 2010, la contribution de 300 millions de dollars du Canada a permis de faire le lien entre les besoins humanitaires et les objectifs de développement à plus long terme. Il s’agit notamment de l’initiative Le savoir au service de la démocratie au Myanmar, un partenariat de 10 millions de dollars entre Affaires mondiales Canada et le CRDI qui a été lancé pour contribuer à appuyer la transition vers la démocratie.

L’initiative vise à renforcer la gouvernance et les institutions de la société civile afin qu’elles soient équipées pour générer et utiliser des recherches et des données qui défendent l’inclusion et l’égalité des sexes. Cela signifie donner la priorité à l’égalité des sexes en garantissant l’égalité des chances de formation pour les femmes et en intégrant une perspective sexospécifique dans l’analyse des politiques — par exemple, avec l’adoption d’un salaire minimum. Avec une population active appauvrie de plus de 30 millions de personnes, les relations de travail au Myanmar sont une question urgente. Le gouvernement a été poussé à réviser la loi sur le salaire minimum, dont la dernière mise à jour remonte à 1947. Avec le soutien du CRDI, un think tank local appelé le Centre pour le développement économique et social (CESD) a soutenu des recherches et des consultations qui ont contribué à une nouvelle loi visant à augmenter les salaires, mais le nouveau salaire minimum journalier a été fixé à 3,60 dollars américains, ce qui reste l’un des plus faibles d’Asie.

Le CESD a contribué à la création de la Commission nationale des salaires, une nouvelle organisation chargée de revoir et d’ajuster régulièrement le système de salaire minimum du Myanmar. En 2019, la Commission a suivi le conseil du CESD d’abandonner une règle selon laquelle les ajustements ne pouvaient être effectués que tous les deux ans, au profit d’une nouvelle règle selon laquelle les révisions peuvent être effectuées plus fréquemment sur l’avis d’experts. Avoir un espace de débat permanent pour négocier des salaires plus justes est essentiel pour la démocratie et une croissance économique inclusive.

En savoir plus sur l'initiative Gouvernement ouvert et féministe

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Un agent de terrain au Ghana entraîne une rizicultrice à utiliser une application mobile pour augmenter sa productivité et accéder à des marchés rentables.

Placer les êtres humains au centre de l’action pour le climat

La recherche financée par le CRDI adopte une approche inclusive de l’action climatique qui tient compte de la dynamique complexe entre la crise climatique mondiale et la façon dont le statut socioéconomique, le sexe, la religion et d’autres facteurs sociaux influencent la façon dont les individus vivent les effets des changements climatiques et s’y adaptent.

Les sécheresses, la désertification, les tempêtes et les inondations frappent certaines collectivités dans le monde entier avec une intensité et une fréquence accrue, et le fardeau est plus lourd pour les populations déjà défavorisées par la pauvreté et les inégalités.

Depuis les premiers investissements en 2006, le Centre a supervisé plus de 285 millions de dollars de programmes sur le changement climatique. Ce financement a permis de soutenir quelque 200 institutions et 2 000 chercheurs dans plus de 80 pays du monde entier pour rechercher et tester des stratégies et des solutions d’adaptation. Cette recherche a également façonné des politiques et des plans en éclairant l’élaboration d’au moins 35 plans nationaux, sectoriels et municipaux d’adaptation aux changements climatiques ou d’atténuation de leurs effets.

Au fil des ans, le soutien du Centre à l’adaptation communautaire a été étendu aux niveaux régional et mondial qui s’attachent de plus en plus à influencer les politiques et les pratiques, à avoir un impact à grande échelle et à intégrer les considérations d’équité sociale dans l’action en faveur du climat.

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Les inondations, les sécheresses, les canicules et les autres conséquences du changement climatique imposent des difficultés supplémentaires aux habitants, aux entreprises et aux administrations municipales défavorisés des villes sud-africaines en plein essor. En outre, il existe peu de conseils pratiques pour adapter les établissements urbains aux effets potentiellement dévastateurs des changements climatiques.

Cette lacune a été comblée par le Livre vert, un outil en ligne développé par des chercheurs du Conseil de la recherche scientifique et industrielle, avec le soutien du CRDI. Il fournit des données spécifiques aux villes sur les risques climatiques actuels et prévus et sur les solutions d’adaptation pertinentes, avec la possibilité d’améliorer la résilience de 1 637 zones urbaines en Afrique du Sud qui abritent plus de 65 % de la population du pays. Avec la contribution de plus de 50 chercheurs sud-africains, le Livre vert propose des recherches parmi les plus innovantes et les plus riches en informations sur les risques de catastrophes et la planification de l’adaptation au climat sur le continent africain.

Ce travail a apporté d’importantes contributions à la politique, notamment en mettant en évidence les répercussions des changements climatiques dans toute l’Afrique du Sud pour le plan de développement national, qui définit et hiérarchise les domaines dans lesquels les interventions et les investissements publics sont souhaitables. En 2020, les recherches du Livre vert aident à cartographier les risques et les vulnérabilités en Afrique du Sud pendant la COVID-19.

En savoir plus sur le Livre vert

Le livre vert, Un outil en ligne permet d’améliorer la planification de l’adaptation au climat dans les villes de tout le pays.

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Soutenir un leadership inclusif dans l’action pour le climat

En 2019–2020, le Centre a renforcé son engagement en faveur de l’adaptation aux changements climatiques.

La capacité scientifique est essentielle pour appuyer l’adaptation du continent africain aux changements climatiques et pour transformer l’agriculture en un moyen de favoriser la prospérité économique et le développement social. La One Planet Fellowship met en place un réseau intergénérationnel hautement connecté de plus de 600 scientifiques africains et européens. Elle propose des solutions climatiques tenant compte des différences entre les sexes pour aider les petits exploitants africains à s’adapter aux effets des changements climatiques.

L’initiative de 20 millions de dollars, une collaboration entre les Femmes africaines dans la recherche agricole, la Fondation Bill et Melinda Gates, la Fondation BNP Paribas, la Fondation Agropolis, l’Union européenne et le CRDI, a annoncé la première cohorte de boursiers cette année. Leurs recherches portent sur différentes questions, notamment les innovations agricoles respectueuses du climat, les émissions de gaz à effet de serre des systèmes agricoles des petits exploitants et les tendances en matière de variabilité climatique, et elles établiront un lien entre les solutions locales et la nature mondiale de la crise des changements climatiques.

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Les solides efforts de recherche décrits ci-dessus illustrent le rôle essentiel que joue le CRDI pour le Canada dans la lutte contre les changements climatiques et la promotion de l’égalité entre les sexes parmi les populations les plus vulnérables du monde, à une époque où les crises sociales, économiques et climatiques transcendent les frontières nationales. Si ces exemples ne mettent en lumière qu’une petite partie du travail du CRDI en 2019–2020, ils montrent néanmoins que l’inclusion et la durabilité sont les moteurs de la recherche du Centre pour le développement.

En savoir plus sur la bourse One Planet Fellowship

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Gouvernance organisationnelle

Le Conseil des gouverneurs est responsable de la gérance du Centre : il en détermine l’orientation stratégique et supervise ses activités. Le Conseil agit conformément à la Loi sur le CRDI, au Règlement général du CRDI et aux pratiques exemplaires en matière de gouvernance.

Gouvernance 

Responsabilité

Le CRDI doit rendre compte au Parlement et à tous les Canadiens de son utilisation des ressources publiques. Voici quelques-unes des mesures qui nous aident à respecter, voire à surpasser les normes établies par le gouvernement du Canada en matière de reddition de comptes et de transparence.

Responsabilité

Analyse de la direction

L’analyse de la direction est un compte rendu des résultats financiers et des changements opérationnels au cours de l’exercice qui a pris fin le 31 mars 2020. Elle devrait être lue en parallèle avec les états financiers, qui ont été préparés conformément aux Normes internationales d’information financière.

Analyse de la direction 2019–2020 (PDF, 1,8 Mo) 

 

Lisez le Rapport annuel complet de 2019–2020

Lisez les Rapports annuels des années précédents.