Frères et sœurs pagayant à l'école

Collaboration dans les établissements humains spontanés : s’attaquer aux inondations du point de vue local

Dans la plupart des pays en développement, la gestion des déchets solides est un défi de taille, en particulier dans les bidonvilles urbains et autres établissements humains spontanés.
05 mars 2018

Il s’agit généralement d’un aspect négligé de la planification urbaine et, dans la plupart des cas, l’accès aux services urbains de base tels que la collecte et la gestion des déchets solides est extrêmement limité. Cela a fortement amplifié l’impact des inondations urbaines en bloquant le drainage, en augmentant les quantités de débris et en favorisant les vecteurs de maladies.

Être à l’écoute des intervenants locaux devient de plus en plus important dans le processus d’urbanisme. Des programmes d’adaptation doivent être intégrés aux programmes généraux de développement économique local. La gouvernance concertée et la gestion intégrée peuvent aider à aborder efficacement les complexités des questions urbaines et à fournir des solutions locales pertinentes qui renforceront leur connectivité. Cela nécessite une planification à long terme et des investissements dans la recherche.

L’une de ces initiatives est un projet financé par le CRDI et basé en Afrique du Sud, qui met à contribution les communautés locales pauvres pour s’attaquer aux risques d’inondation dans les régions intérieures des établissements humains spontanés. Le projet a étudié le pouvoir de la « gouvernance collaborative » pour comprendre et soutenir les systèmes influençant la prise de décision et l’urbanisme liés aux inondations intérieures et à l’élévation du niveau de la mer dans la ville.

Au Cap, une longue histoire d’apartheid et d’inégalité dans le développement a conduit les formations urbaines de ménages pauvres à se transformer en bidonvilles dans les quartiers défavorisés de la périphérie de la ville. Plus de 8 000 ménages, soit 38 000 habitants, sont touchés par les inondations, en particulier durant les mois d’hiver au Cap, lorsque les vagues de tempêtes côtières et l’élévation du niveau de la mer endommagent les infrastructures publiques et les propriétés privées.

Bien que la gestion des risques d’inondation ne soit généralement pas analysée sous l’angle de la gouvernance, des politiques efficaces peuvent renforcer la résilience des zones urbaines vulnérables. Le problème ? Il s’agit d’un processus complexe, difficile et long, mais qui est nécessaire pour que les processus de planification soient vraiment inclusifs et accessibles.

Au cours du projet, des efforts ont été déployés pour comprendre le contexte actuel de la gouvernance afin d’approfondir la collaboration entre les habitants des bidonvilles et les responsables gouvernementaux. L’initiative a utilisé un certain nombre d’outils et de plateformes pour engager la collectivité et encourager le dialogue entre les résidents des bidonvilles et les responsables gouvernementaux. Il s’agissait notamment de représentations théâtrales et d’émissions radiophoniques locales, ainsi que d’assemblées publiques et d’ateliers. En même temps, le projet a facilité la signature d’ententes formelles entre la ville et les dirigeants élus communautaires afin d’assurer la continuité et de reconnaître l’engagement de chaque partie.

L’une des principales leçons à retenir a été la difficulté de renforcer la collaboration communautaire. Il est important pour les différents acteurs de valoriser cette collaboration, même s’il s’agit d’un processus long et délicat. Le renforcement des capacités a joué un rôle important dans la consolidation de ce partenariat; en fait, plusieurs habitants des bidonvilles ont non seulement acquis des connaissances sur la gouvernance, le changement climatique et les inondations, mais aussi sur les processus de recherche, qui leur ont permis de participer à des discussions sur les solutions aux problèmes pratiques.

Du côté gouvernemental, les responsables du Cap ont appris à adopter une vision plus globale des inondations, et ce projet a également contribué à l’élaboration d’une politique de gestion intégrée des zones côtières pour la ville.

 

 

Photo : Felix Clay / CGIAR