Multiplier les occasions d’affaires pour les jeunes dans les secteurs des pêches et de la volaille

28 février 2019
Un entrepreneur de Siaya qui a gardé comme passe-temps deux poulets avant le projet, a fini par augmenté la production à 200.
FRANCIS NGUMBA

La population urbaine augmente en Afrique. Près de 200 millions de personnes âgées entre15 et 24 ans vivent en milieu urbain, et le secteur des affaires est incapable de répondre à toutes les demandes d’emploi. Des statistiques récentes montrent que les jeunes Africains sont trois fois plus susceptibles que les adultes d’être sans emploi, et trouver des débouchés durables pour une main-d’oeuvre dont la taille augmente rapidement constitue donc une préoccupation majeure.

Même si la promotion de possibilités d’activités agroalimentaires et d’emplois dans le domaine de l’agriculture pour les jeunes est une priorité au Kenya, il existe peu de données probantes sur des modèles d’affaires efficaces qui s’avèrent bénéfiques pour les jeunes (âgés de 18 à 35 ans). Ce projet vise à renforcer les capacités des jeunes du Kenya en vue de créer des modèles d’affaires novateurs qui accroîtront leur participation au sein des secteurs des pêches et de la volaille.

Même si plusieurs programmes mettent l’accent sur des stratégies précises pour soutenir les jeunes entrepreneurs, comme l’apport de capitaux ou la mise en place de formations, ce projet a mis à l’essai un modèle de développement de l’entrepreneuriat combinant de la formation, des services d’innovation d’affaires et de la recherche-action. Il a fourni une plateforme qui a permis à de jeunes hommes et femmes d’adopter et de développer de nouveaux produits et de les commercialiser. Il a favorisé la création d’entreprises rentables et a offert des possibilités de réseautage aux jeunes entrepreneurs.

Formation de jeunes entrepreneurs agricoles

Un appel de candidatures lancé à l’échelle nationale a permis d’attirer 301 candidats, parmi lesquels 39 ont finalement été sélectionnés pour suivre un cours de formation intensif en commerce. Ce cours portait notamment sur les sujets suivants : l’élaboration de plans d’affaires, la commercialisation des produits, la gestion financière, la mobilisation des ressources, les technologies de l’information et des communications, la tenue des dossiers, ainsi que la gestion de la production et des opérations.

Le volet de formation du projet a favorisé un accroissement de la productivité agricole grâce à un renforcement des compétences en affaires. Par exemple, une femme entrepreneure qui élevait 840 volailles avant la mise en oeuvre du programme a par la suite formé 75 éleveurs de volaille pour qu’ils puissent devenir des fournisseurs, et l’un d’eux élève maintenant 700 volailles. La formation a aussi aidé les participants à avoir accès à des ressources et aux marchés. Dans un autre exemple, un entrepreneur a reçu 19 000 USD (25 080 CAD) d’une coopérative d’épargne et de crédit afin de mettre en place son plan d’affaires pour un projet d’aquaculture, alors qu’un autre entrepreneur a remporté un processus d’appel d’offres du gouvernement pour livrer 50 poulets par semaine pour des activités organisées au bureau du comté.

Après avoir présenté leurs plans d’affaires à une équipe d’experts de l’industrie, les 20 meilleurs stagiaires ont été sélectionnés pour bénéficier de consultations en entrepreneuriat et d’un mentorat en vue du lancement de leur entreprise. En fin de compte, le taux de réussite des entreprises lancées et gérées par ces jeunes entrepreneurs dans les secteurs des pêches et de la volaille a atteint 90 % dans le cadre du projet. Soixante pour cent de ces nouvelles entreprises ont été lancées par des femmes.

Équité entre les sexes et autonomisation des femmes

Les responsables du projet ont mis en place plusieurs mesures afin de favoriser la participation des jeunes femmes. Par exemple, les femmes ont reçu de l’aide à leur domicile, ce qui a permis d’accroître leur taux de rétention au sein du programme.

Par rapport à leurs homologues masculins, les candidates ont été plus nombreuses à suivre l’ensemble du programme de formation. Au cours de l’étape de la formation du programme, les hommes représentaient 68,4 % des participants, mais lors de l’étape du lancement, les femmes représentaient 66,7 % du groupe. Les trois meilleures participantes du groupe final étaient des femmes, et ces entrepreneures ont été sélectionnées en vue de bénéficier d’un soutien additionnel de la part des partenaires du projet.

Influence sur les politiques

Le volet de recherche du projet a permis d’évaluer différents types d’aide offerts aux jeunes entrepreneurs dans le but de mettre en évidence les approches les plus efficaces. Les résultats du projet ont été présentés au Groupe de la Banque africaine de développement qui intègre les leçons retenues à son projet ABLE Youth visant à favoriser la création d’emplois, la sécurité alimentaire, l’accroissement des revenus en milieu rural et l’amélioration des moyens de subsistance des jeunes qui vivent dans des zones urbaines et rurales.

L’équipe de recherche a également fait appel au ministère de l’Agriculture du Kenya et à la National Commission for Science, Technology and Innovation (NACOSTI) afin de les encourager à allouer davantage de fonds aux recherches liées à des modèles d’entreprise et d’innovation, et à mettre en place de meilleures structures pour créer un environnement favorable au développement des entreprises lancées par des jeunes.

Cultiver l’avenir de l’Afrique est financé conjointement par le Centre de recherches pour le développement international, l’Australian Centre for International Agricultural Research, et l’Australian International Food Security Research Centre.

Apprenez-en davantage sur ce projet et ses résultats.