Maladie à virus Ebola et santé mentale des communautés

14 novembre 2018
NU / Sylvain Liechti
 

Malgré les efforts des différents acteurs pour combattre la maladie à virus Ebola (MVE) dans les pays à risque, les récentes éclosions de la maladie en République Démocratique du Congo (RDC) en Avril 2018 et en Afrique de l’Ouest en 2014-2016 ont démontré que le besoin en programmes de prévention efficaces pour enrayer le virus et limiter les dégâts qu’il peut causer est encore grand. Des progrès considérables sont enregistrés certes, cependant, les programmes de prévention n’ont jusque-là pas permis aux populations d’avoir les gestes adaptés pour réduire les risques d’infection, de transmission et de propagation du virus. De surcroit, les douleurs difficilement supportables associées à la maladie, l’impression que la majorité des personnes atteintes en sont mortes, le caractère transmissible de la maladie, les séquelles observées chez les survivants sont autant de facteurs qui installent la peur et les stigmatisations dans les communautés.

Ainsi, à la faiblesse des programmes de prévention et la quasi absence des projets de recherche pour évaluer les conséquences de la maladie à virus Ébola sur la santé mentale des communautés, s’ajoute l’absence de programmes de prise en charge psychosociale.

Le défi

L’impact des séquelles d’une épidémie de la MVE tel que la détérioration du climat social, le climat de suspicion, l’isolement physique des malades, les mouvements de panique au sein des communautés, la stigmatisation et la discrimination des survivants, la peur de mourir, la mort de proches, etc. mérite d’être évalué. Pour ce faire, il convient d’évaluer leurs conséquences réelles sur la santé mentale et les vécus subjectifs des survivants, des enfants, des femmes, des familles et des communautés.  Cette évaluation est une démarche urgente pour mieux comprendre le parcours de l’infection du virus et les facteurs de protection, des stratégies de coping et des mécanismes de résilience qui peuvent permettre d’endiguer les flambées épidémiques successives.

Les incidences

Ayant pour objectif principal de réduire les risques d’infection de la maladie à virus Ebola, ce projet innovant a le potentiel de produire des résultats significatifs pour la recherche, la prévention, l’intervention, les communautés et la formation.

Fondé sur une approche participative impliquant les populations et les intervenants locaux, ce projet vise à :

  • Documenter les conséquences de la maladie à virus Ébola sur la santé mentale des survivants, des familles (en mettant de l’emphase sur les enfants et les femmes) et les communautés et à recenser les stratégies et mécanismes associés au coping et à la résilience;
  • Élaborer un kit de prévention consensuel et efficace;
  • Élaborer un kit d’intervention psychosociale adapté aux réalités culturelles de la province de l’Équateur en RDC. Les outils produits dans le cadre de ce projet pourront par la suite faire l’objet d’adaptation dans d’autres pays et régions.

Ce projet sera mis en œuvre par l’Université d’Ottawa, l’Université de Lubumbashi et l’École nationale de sante publique de l’Université de Kinshasa.