Le CRDI et la Fondation Carlos Slim font équipe pour réduire la violence chez les jeunes

29 juillet 2016

Les taux d’homicide ont grimpé en flèche chez les jeunes au Guatemala, au Honduras, en El Salvador et au Mexique – et en particulier chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans, une étape de la vie à laquelle ils devraient être en train de terminer leurs études secondaires et d’intégrer le marché du travail.

Le CRDI fait équipe avec la Fondation Carlos Slim du Mexique, pour enrayer la violence, en accroissant les possibilités, pour les jeunes, d’étudier ou de travailler.

La Plateforme de sécurité des jeunes citoyens réunira la longue tradition de recherche du CRDI sur les questions sociales, et plus récemment sur la réduction de la violence, et les moyens novateurs d’utiliser la technologie auxquels a recourt la Fondation Carlos Slim pour atteindre les jeunes.

« L’objet du programme est d’influencer les politiques publiques sur la sécurité en aidant à faire comprendre et à prévenir les causes qui mènent à de nombreuses formes de violence auxquelles les jeunes sont exposés », déclare Markus Gottsbacher, spécialiste de programme principal au CRDI.

Pas d’avenir pour les jeunes

Dans toute l’Amérique latine, un grand nombre d’adolescents et de jeunes adultes ne poursuivent pas d’études et ne travaillent pas, indique Christiane Hajj, la directrice exécutive du programme de prévention de la violence de la Fondation Carlos Slim. Il est fréquent que les jeunes qui abandonnent l’école se retrouvent dans des emplois temporaires et informels, qui sont mal payés, n’offrent aucun avantage social et dont la stabilité est précaire, ajoute-t-elle. La rareté des possibilités pousse les jeunes à occuper des emplois qui sont liés au trafic de stupéfiants et au crime organisé.

« Personnellement, dit Mme Hajj, je crains que nous cédions la place à une génération sans espoir. Le fait qu’ils ne puissent envisager leur avenir pour les cinq à dix prochaines années de leur vie, c’est terrible. »

Le programme allie la recherche, la formation et le plaidoyer pour trouver et promouvoir des solutions qui peuvent aider les jeunes à reprendre espoir.

Comprendre la dynamique de la jeunesse et de la violence

La recherche menée dans les quatre pays portera sur les obstacles qui parfois incitent les jeunes à abandonner l’école et qui les empêchent d’accéder au marché du travail, ce qui les rend plus vulnérables dans leurs collectivités, dit Ricardo Córdova, directeur exécutif de la Fundación Dr. Guillermo Manuel Ungo (Fundaungo), un think tank salvadorien qui coordonne le projet.

Les chercheurs s’intéresseront également aux initiatives prometteuses qui visent à réduire la violence chez les jeunes dans les collectivités et les écoles, et à créer des débouchés économiques. Ils produiront six études approfondies sur ces initiatives.

« Nous voulons comprendre comment les jeunes vivent la violence : quels sont ses effets sur les jeunes garçons et les jeunes filles dans les écoles, et dans leur vie quotidienne; comment les problèmes de violence et de sécurité touchent les filles », fait remarquer Carlos Rodríguez, le coordonnateur du programme de citoyenneté et de gestion du territoire de Fundaungo.

La Fundaungo en El Salvador, mais aussi l’Université nationale du Honduras, l’Asociación de Investigación y Estudios Sociales du Guatemala, et le Colectivo de Análisis de la Seguridad con Democracia du Mexique mèneront les études.

Formation d’agents de changement

Les données de recherche aideront à façonner le contenu d’un cours en ligne menant à un certificat, dont le but sera de faire comprendre les causes et les caractéristiques de la violence dont les jeunes sont victimes et les façons de s’attaquer au problème.

Le cours sera destiné aux fonctionnaires oeuvrant dans les secteurs de la sécurité publique, de la justice pénale, de l’éducation, de la santé et dans d’autres domaines de compétence qui participent à l’effort de réduction des taux de violence chez les jeunes. Des membres d’organisations de la société civile, des dirigeants de groupes jeunesse et d’autres intéressés qui pourraient former l’opinion publique ou participer au plaidoyer sur la question y participeront également.

Le contenu est toujours en voie de préparation, mais le cours comprendra de la théorie et des exercices pratiques, comme l’élaboration de stratégies de plaidoyer, et les participants auront l’occasion de tirer des leçons des initiatives fructueuses déjà en cours.

Répandre la nouvelle en ligne

Une plateforme virtuelle et conviviale pour téléphones intelligents diffusera également les résultats de la recherche menée dans le cadre du programme et fournira de l’information sur la violence et la sécurité des jeunes, et les débouchés économiques pour les jeunes à risque.

Un aspect important de la plateforme tient au fait qu’elle donnera aux jeunes la possibilité d’élaborer des recommandations concernant les politiques qui ont des répercussions sur leur vie, dit M. Gottbacher. La participation des jeunes sera également un aspect clé des ateliers et des discussions animées visant à faire naître des idées de projets et un programme de travail relatif aux politiques pour les jeunes, explique-t-il.

L’approvisionnement par la foule et d’autres méthodes déboucheront sur de nouvelles idées émanant d’organisations jeunesse, de dirigeants de mouvements de jeunes, d’organisations de la société civile et d’organismes de coopération internationale qui étudient les questions liées aux jeunes.

Sécurité améliorée pour les jeunes

En s’appuyant sur l’information et les compétences qu’ils acquièrent, les participants au cours et les utilisateurs de la plateforme deviendront des défenseurs de l’amélioration des perspectives de la jeunesse.

Mme Hajj espère que les nouvelles solutions pour surmonter les obstacles à l’éducation et à l’emploi pour les jeunes peuvent aussi déboucher sur des politiques et des mesures qui contribueront à mettre fin à l’exode vers le nord des jeunes de l’Amérique centrale en passant par le Mexique pour atteindre les États-Unis. Cet exode périlleux expose les jeunes à encore plus de violence et prive les pays de personnes qui pourraient contribuer à bâtir un meilleur avenir.

« J’aimerais voir un avenir qui réserve de meilleures possibilités aux jeunes », ajoute Mme Hajj, qui espère que le programme engendrera un cercle vertueux d’aide. « Notre but est d’aider à renforcer la sécurité des jeunes en leur offrant de meilleurs débouchés. »