Haricots précuits aux fins d’alimentation, de nutrition et de génération de revenus au Kenya et en Ouganda

20 mars 2019
Une collation de haricots prête à manger, de la farine de haricots et un produit de haricots facile à cuisiner ont été mis au point.
ERIC MARTIN KULE

Les haricots sont une source importante de protéines, en particulier pour les ménages à revenu faible ou moyen, mais leur consommation est limitée par l’apport élevé en énergie et en eau requis pour leur cuisson, qui dure de deux à trois heures. Ces dernières années, la croissance rapide des populations urbaines, l’augmentation des revenus et le coût élevé de l’énergie ont stimulé la demande d’aliments transformés à cuisson rapide.

Bien que des haricots en conserve et congelés soient disponibles, ils sont souvent hors de la portée de la plupart des ménages en raison de leur coût élevé ou de la nécessité de les réfrigérer. La mise au point de produits de haricots abordables, pratiques et prêts à l’emploi dont la cuisson nécessite moins de temps, de carburant et d’eau permettra d’accroître considérablement la consommation de haricots, d’accroître les revenus des producteurs et de préserver l’environnement.

Développer des variétés et produits nouveaux

L’équipe du projet a présélectionné 47 variétés de haricots, dont 12 ont été choisies aux fins de production et de précuisson industrielles en fonction de leur temps de cuisson, couleur, teneur en micronutriments et facilité de culture. Les haricots sélectionnés ont un potentiel de rendement plus élevé, allant jusqu’à 2 000 kg/ha contre 500 kg/ha pour les variétés traditionnelles.

Le projet a permis de mettre au point trois produits de haricots précuits : une collation de haricots prête à manger, une farine de haricots et un produit de haricots précuit dont la cuisson ne prend que 15 minutes. Deux unités de production ont été mises en place, l’usine pilote pouvant traiter neuf tonnes de produits de haricots précuits par jour. Les produits sont maintenant sur le marché et les sondages indiquent que l’acceptation des haricots précuits par les consommateurs s’élève à 89,1 %.

Quelque 14 522 agriculteurs (6 667 hommes et 7 862 femmes) ont été formés aux bonnes pratiques de production des haricots. Pour assurer un approvisionnement suffisant en haricots à l’usine, 101 393 tonnes de semences de variétés de haricots améliorées ont été produites et utilisées par plus de 10 000 agriculteurs (dont 50 % de femmes).

Tester de nouvelles approches de production et de commercialisation

Afin d’assurer la durabilité du projet, deux modèles d’approvisionnement en semences ont été testés.

Le premier, le modèle de crédit aux semences (SCM), consiste à vendre à crédit à de grandes exploitations agricoles qui remboursent ensuite leurs prêts en espèces. Le second, le modèle de rotation des semences (RSM), concerne les petites exploitations agricoles qui remboursent leurs prêts avec des semences.

En Ouganda, les agriculteurs ont eu accès à 71 810 kg de semences grâce au SCM au cours des quatre saisons de fonctionnement du projet, et ont fourni 880 595 kg pour la production de semences et de fèves supplémentaires. Par le biais du RSM, les agriculteurs ont eu accès à 7 500 kg de semences de haricots et ont fourni 102 000 kg de semences. Le modèle de crédit aux semences a été choisi pour augmenter la production de semences en raison de son potentiel de production et de sa durabilité.

De plus, deux modèles de commercialisation ont été mis à l’essai : un modèle de système communautaire de production et de commercialisation, qui consiste à regrouper de petits producteurs aux fins de production collective ciblant un marché spécifique, et un modèle de commercialisation collective s’appuyant sur le soutien au crédit aux semences auquel participent des groupes d’agriculteurs. Grâce au modèle de commercialisation collective, les agriculteurs ont pu accéder à 57 558 kg de semences de haricots.

Le projet a créé des emplois pour les agriculteurs et les agricultrices qui produisent des semences et des fèves, les transporteurs, ceux qui fournissent une main-d’oeuvre occasionnelle (chargement et déchargement) et ceux qui offrent des services de prétraitement, comme le tri des haricots.

Égalité des sexes et autonomisation des femmes

Les hommes et les femmes participent à la production de haricots, mais les femmes jouent les rôles principaux. Les hommes sont surtout actifs dans les activités les plus énergivores (débroussaillage, préparation des terres), tandis que la plupart des femmes participent à des activités exigeant plus de temps ainsi qu’une manipulation soigneuse (plantation, récolte, tri, vannage et gestion du stockage).

L’installation de centres d’agrégation à proximité des agriculteurs a augmenté la proportion de femmes participant à la commercialisation des haricots. Le revenu moyen des femmes provenant de la vente de haricots a augmenté d’environ 28 %, tandis que le volume de haricots vendus par des femmes a augmenté de 8 %, passant de 290 kg par habitant en 2014 à 314 kg en 2016. De plus, l’accès au crédit s’est amélioré pour 1 418 femmes grâce à la facilitation et à la promotion des coopératives villageoises d’épargne et de crédit créées pour les producteurs de haricots. Plus généralement, les produits de haricots précuits réduisent le temps consacré par les femmes à aller chercher de l’eau et du bois de chauffage ainsi qu’à cuisiner.

Influence sur les politiques

Grâce à la participation d’organismes nationaux de normalisation (Kenya Bureau of Standards et Uganda National Bureau of Standards), des normes de référence ont été établies pour éclairer les politiques et guider l’élaboration d’autres produits de haricots précuits. En outre, un cadre d’évaluation des aliments a été élaboré pour aborder les questions de salubrité alimentaire à différents niveaux de la chaîne de valeur. Celui-ci comprend quatre points de contrôle critiques et des mesures d’atténuation visant à réduire ou à éliminer les dangers recensés et documentés.

Cultiver l’avenir de l’Afrique est financé conjointement par le Centre de recherches pour le développement international, l’Australian Centre for International Agricultural Research, et l’Australian International Food Security Research Centre.

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