Entreprises dirigées par des jeunes : Quels sont les facteurs de réussite?

Un homme et une femme avec des poulets.
Francis Ngumba

Le modèle du Metro Agri-food Living Lab au Kenya vise à co-créer des connaissances et à produire des données sur les approches efficaces pour promouvoir l’entrepreneuriat des jeunes auprès des chercheurs, des mentors et des entrepreneurs. Le modèle du Living Lab comporte trois volets : l’apprentissage par l’expérience, le mentorat et les services de soutien aux entreprises, et l’accès au financement. Mis en place par le Global Agribusiness Management and Entrepreneurship Center de la United States International University-Africa (USIU-Africa), le projet a pour objectif de déterminer une combinaison efficace d’interventions pour garantir que les jeunes puissent exploiter des agroentreprises prospères, rentables, et durables.

Le projet s’appuie sur les résultats de sa première phase, qui a permis de travailler avec 60 jeunes entrepreneurs de 28 comtés. La deuxième phase, qui concerne 1 200 entrepreneurs exploitant un large éventail d’entreprises, cherche à répondre à deux questions fondamentales de recherche : quelles approches sont efficaces pour créer des entreprises dirigées par des jeunes dans le secteur agricole, et quelle est la valeur ajoutée de la formation, du mentorat et du financement.

Résultats préliminaires

Accès aux mentors et aux marchés

Les données de référence recueillies lors d’une enquête auprès des participants ont révélé que 66 % des 492 répondants ont un mentor dans leur vie, mais que seulement 41,1 % ont recours au mentorat d’entreprise. Les hommes sont plus susceptibles d’avoir recours au mentorat d’entreprise (56,8 %), les femmes bénéficiant d’un mentorat dans d’autres domaines. Pour combler ces lacunes, le projet met en relation les entrepreneurs avec des mentors travaillant dans un domaine similaire afin de leur fournir des renseignements et des conseils précieux, notamment en matière d’accès aux marchés et de revenus.

En raison de la répartition géographique des entrepreneurs, le projet a recruté des mentors locaux pour assurer un contact étroit et un soutien pertinent. Jusqu’à présent, 18 mentors locaux ont été recrutés et formés pour soutenir les entrepreneurs, chacun ayant plus de deux ans d’expérience dans la gestion d’une agroentreprise. Les mentors locaux sont particulièrement bénéfiques pour les femmes, car les déplacements pour la formation constituent un obstacle pour 35,8 % d’entre elles (en raison des tâches ménagères), et 46,3 % des femmes ont déclaré qu’elles préféreraient suivre une formation près de chez elles.

Attirer des financements

Plus de la moitié (53,4 %) des participants ont du mal à accéder aux services financiers, et la plupart d’entre eux utilisent leur épargne personnelle comme principale source de capital de départ. Les femmes sont plus susceptibles que les hommes d’avoir des difficultés d’accès aux financements parce qu’elles n’ont pas de garantie (64,9 %), qu’elles n’ont pas de documents professionnels (57,8 %) et qu’elles connaissent mal les sources de financement (57,3 %).

Pour augmenter leurs chances d’accéder à des financements, le cours de formation a conçu des modules sur la mobilisation des ressources et le développement d’arguments commerciaux efficaces. L’équipe du projet a également indiqué des bailleurs de fonds potentiels pour fournir des produits financiers, tels que des prêts de fonds de roulement récurrents qui ciblent les gouvernements des comtés et les organismes de financement. Le projet vise à mettre les entrepreneurs en contact avec des sources et des produits financiers qui offrent des frais et des taux d’intérêt peu élevés et qui tiennent compte des différences d’accessibilité pour les hommes et les femmes.

Renforcer les capacités locales

La formation est décentralisée pour assurer l’accessibilité et la durabilité une fois le projet terminé. Quatorze formateurs situés dans les comtés ont été recrutés pour offrir huit modules, notamment sur les chaînes de valeur de l’agroalimentaire, le marketing et la comptabilité, l’application des technologies de l’information et de la communication dans les entreprises, les valeurs et l’éthique, la formalisation et l’enregistrement des entreprises, les modèles d’entreprise durables et, en partenariat avec les responsables des jeunes des comtés, l’élaboration de plans de croissance de l’agroentreprise qui garantiront un soutien au-delà du projet. Le renforcement des capacités locales améliore le soutien continu à l’entrepreneuriat, et il est également prévu de l’étendre à d’autres groupes d’âge afin d’améliorer également le sens des affaires des générations plus âgées.

Renforcer les partenariats

Un accord a été signé entre l’USIU-Africa et le Centre international de physiologie et d’écologie des insectes pour créer un programme d’incubation des jeunes qui sera établi et géré avec le Global Agribusiness Management and Entrepreneurship Centre de l’université. Au total, 2 500 jeunes de 5 comtés travaillant dans la chaîne de valeur basée sur la nourriture à base d’insectes seront sélectionnés pour l’incubation d’entreprises. Les entrepreneurs recevront de l’USIU-Africa des cages d’élevage d’insectes et une formation aux techniques de développement commercial, tandis que le Centre international de physiologie et d’écologie des insectes offrira une formation sur la production et la transformation des insectes pour l’alimentation animale.