Des chercheurs du Myanmar suivent une formation avec un groupe international de think tanks

31 mars 2020
Trois jeunes chercheurs du Myanmar se tiennent devant des parterres de fleurs à Genève.
IDRC/CRDI
Lwin Mang Maung Swe, Thurein Aung, et Saw Kapru Soe (de gauche à droite) à Genève pendant le programme Winterschool for Thinktankers.

Les futurs dirigeants des think tanks les plus influents du monde doivent être non seulement de brillants chercheurs, mais aussi d’excellents gestionnaires, réseauteurs et communicateurs. Il est rare que les chercheurs aient l’occasion de perfectionner ces compétences complémentaires au cours de leur carrière, et lorsque l’occasion d’assumer des rôles de direction se présente, il est beaucoup plus difficile de rattraper le temps perdu. 

En février 2020, trois jeunes membres de la communauté des think tanks du Myanmar ont participé au quatrième programme de formation annuel Winterschool for Thinktankers a fin d’acquérir ces compétences essentielles. L’initiative du savoir au service de la démocratie au Myanmar(K4DM), cofinancée par Affaires mondiales Canada et le CRDI, a rendu possible leur participation à l’atelier qui a eu lieu à Genève. Dans le cadre de ses efforts pour renforcer la recherche nationale et la capacité d’analyse, et pour promouvoir la prise de décision basée sur la preuve au Myanmar, l’initiative du savoir au service de la démocratie au Myanmar soutient les activités de formation de plus d’une douzaine de think tanks dans le pays.

Tisser des liens avec la communauté mondiale

Ce cours de sept jours, organisé par On Think Tanks, Foraus et Think Tank Hub Geneva, a été dirigé par des experts de la communauté des think tanks. 

Pour les trois chercheurs du Myanmar présents, c’était la première fois qu’ils avaient l’occasion de passer du temps avec des collègues chercheurs de la communauté mondiale des think tanks. Thurein Aung, administrateur de programme au Yangon Heritage Trust, Lwin Maung Maung Swe, directeur de programme à Advancing Life and Regenerating Motherland (ALARM), et Saw Kapru Soe, associé en recherche à Another Development, se sont joints à 26 autres participants qui travaillent sur des recherches en lien avec les politiques, dont sept des pays du Sud. 

Les participants du Myanmar sont repartis avec une nouvelle compréhension de la diversité des think tanks. « Il n’y a pas de définition universelle d’un think tank », a déclaré Lwin Maung Maung Swe. « Il possède des limites communes avec les ONG, les universités, les instituts de recherche et les médias. »  

« Nous avons appris non seulement comment les think tanks établis fonctionnent, mais aussi comment les nouveaux trouvent leur chemin sur le marché de la connaissance », a déclaré Saw Kapru Soe.

Parcours d’apprentissage 

Le programme de formation couvrait des sujets tels que la gouvernance et la gestion organisationnelles, la recherche en lien avec les politiques, le suivi, l’évaluation et l’apprentissage, la communication, la collecte de fonds et la gestion financière. 

L’atelier a été conçu pour permettre aux participants de cheminer dans leur propre parcours d’apprentissage en axant les activités sur de riches discussions et réflexions avec des penseurs, des formateurs et des experts mondiaux expérimentés. Le premier jour, les animateurs ont invité les participants à réfléchir aux questions auxquelles ils cherchaient des réponses afin d’ancrer leurs discussions dans la réalité et de se concentrer sur les véritables défis et problèmes auxquels leurs organisations font face.

M. Lwin a fait remarquer que dans un pays comme le Myanmar, où la communauté de chercheurs n’est pas particulièrement forte ou bien établie, il devient nécessaire que les think tanks soient polyvalents. « Nous devons participer à toutes les étapes, de la conception des processus de recherche à la communication des résultats, en passant par la contribution à l’élaboration des politiques et la réalisation d’études », a-t-il déclaré. M. Lwin s’est joint à ALARM en 2005 pour travailler sur un projet de gestion communautaire des ressources naturelles dans l’État de Kachin. Il est responsable de nombreuses activités de l’organisation, notamment la collecte de fonds, la planification, la communication et l’évaluation. 

 Mettre à profit au Myanmar les leçons tirées du programme

Le soutien fourni aux think tanks par l’initiative du savoir au service de la démocratie au Myanmar vise à renforcer leur capacité à mener des recherches en lien avec les politiques, en mettant l’accent sur les politiques économiques inclusives et les lois et normes démocratiques. Le fait de favoriser une plus grande collaboration et une plus grande confiance au sein de la communauté des chercheurs du Myanmar contribue également à renforcer l’environnement politique. Le programme de formation Winterschool a contribué à favoriser ces relations et à établir des points communs dans le travail des trois institutions participantes. 

Chaque chercheur est reparti avec des idées et des ambitions différentes pour mettre en pratique ce qu’il a appris. M. Lwin est convaincu que « le rôle que pourraient jouer les think tanks (dans mon pays) est vital ». Ce rôle « est de fournir des conseils impartiaux pour prendre des décisions plus significatives et plus sensées dans tous les secteurs d’activité au Myanmar qui bénéficieront à la société. Nous avons appris des trucs quant aux façons d’assurer la réussite de la transformation en think tank et de rendre celui-ci efficace et durable. C’est pourquoi, dans un premier temps, je communiquerai aux collègues de mon organisation les principaux enseignements que j’ai tirés de ma participation à ce programme. »