Créer des emplois pour combler l’absence de milieu en Inde

21 juin 2016
Dipak Mazumdar et Sandip Sarkar

Compte tenu de la croissance économique soutenue qui a marqué l’Inde dans les années 1990 et au début des années 2000, il semble y avoir dans ce pays une abondance d’emplois. Il est vrai que des emplois ont été créés dans le secteur des services tels que les technologies de l’information, dans les activités de fabrication à grande échelle et dans des sociétés internationales. Or, en dépit de ces débouchés, l’Inde compte un nombre croissant de travailleurs non qualifiés sans emploi.

Des travaux de recherche financés par le CRDI ont révélé que la croissance forte et soutenue qui a marqué le pays à cette période s’est avérée fort inégale d’un secteur à l’autre et qu’il existait un fossé de plus en plus grand entre les travailleurs instruits et urbains et les travailleurs non instruits et ruraux. Les chercheurs ont observé dans l’économie ce que l’on pourrait appeler « l’absence de milieu » attribuable au fait que les petites entreprises manufacturières ne grandissaient pas pour devenir des entreprises moyennes capables d’embaucher plus de travailleurs. Il en résulte que les travailleurs indiens non qualifiés, en grande partie analphabètes, continuent de travailler pour la plupart en agriculture ou d’occuper des emplois dans le secteur non structuré.

Les chercheurs ont aussi observé que l’expansion de l’emploi dans des secteurs autres que l’agriculture était étroitement liée à l’expansion de l’éducation. L’Inde doit s’attacher à offrir une meilleure instruction dans ses villages, afin que les travailleurs éventuels puissent acquérir les compétences de base et la littératie dont ils ont besoin pour trouver du travail dans d’autres secteurs. De plus, l’Inde doit investir dans l’infrastructure et favoriser l’urbanisation afin de s’assurer qu’une telle transition de la main-d’oeuvre devienne possible.

Les travaux ont aussi permis de démontrer l’importance de mettre en place une infrastructure institutionnelle qui permette aux entreprises du pays de prospérer. Les lois en vigueur imposent des coûts réels aux entreprises qui emploient plus de 10 travailleurs, et empêchent les entreprises comptant plus de 100 travailleurs de mettre à pied des salariés sans l’accord du gouvernement. Ces lois rendent les entreprises de niveau intermédiaire plus vulnérables sur le plan financier que les autres entreprises. Le gouvernement de l’Inde doit faire en sorte que les petites entreprises manufacturières puissent plus facilement devenir des entreprises de niveau intermédiaire aptes à accueillir davantage de travailleurs.

Lire un résumé de la recherche (PDF)

Lire l’ouvrage Globalization, Labor Markets and Inequality in India, de Dipak Mazumdar et Sandip Sarkar