Améliorer la sécurité alimentaire des ménages et la santé publique dans la Communauté des Caraïbes (CARICOM)

26 mars 2019
Fruits et légumes à vendre dans un marché à Guatemala City, au Guatemala.
WORLD BANK / MARIA FLEISHMANN

Le défi

Les taux d’obésité dans les Caraïbes sont parmi les plus élevés de la planète, en raison de problèmes chroniques de sécurité alimentaire et de la faiblesse des systèmes alimentaires, ce qui entraîne une consommation élevée d’aliments riches en sel, en sucre et en gras. Une alimentation inadéquate en nutriments représente un facteur de risque majeur pour un certain nombre de maladies chroniques qui ont de graves répercussions dans les Caraïbes. La région connaît le taux de mortalité le plus élevé dû aux maladies chroniques dans les Amériques, et trois décès sur quatre sont attribuables aux maladies cardiovasculaires et au diabète.

La vulnérabilité combinée à des événements météorologiques extrêmes et à des chaînes de valeur faibles, et des systèmes limités de commercialisation et de distribution, entravent la capacité locale à produire des aliments sains tels que des fruits et des légumes. Par conséquent, la région dépend fortement de la consommation de produits alimentaires malsains importés, et souvent très transformés. Pour relever ces défis en matière d’agriculture parallèle, de nutrition et de santé publique, ce projet vise à démontrer comment les innovations intégrées et communautaires, et les interventions en matière de politique publique peuvent renforcer la production alimentaire locale, améliorer l’alimentation et enfin améliorer la santé et la nutrition dans la région.

Comprendre les risques et déterminer des possibilités d’amélioration

Le projet aura lieu en Jamaïque, à Saint-Vincent-et-les Grenadines, et à Saint-Kitts-et-Nevis. L’objectif est d’étudier les conditions structurelles, politiques et comportementales qui favorisent la production alimentaire et la consommation. Il vise ensuite à mettre en oeuvre des ensembles de mesures coordonnés au sein des trois systèmes alimentaires nationaux, afin de promouvoir des moyens de subsistance durables et de lutter contre l’obésité et les maladies chroniques liées à l’alimentation grâce à des systèmes alimentaires locaux et à de meilleures habitudes alimentaires.

Ce projet s’appuie sur les résultats de programmes précédents financés par le CRDI, y compris une évaluation des répercussions des engagements politiques en matière de maladies chroniques liées à l’alimentation pris dans le cadre la Déclaration de Port of Spain de 2007, et les résultats du projet « de la ferme à la fourchette ». Cette dernière initiative cherchait à améliorer les résultats nutritionnels chez les enfants d’école primaire à Saint-Kitts-et-Nevis en soutenant la production alimentaire locale par les petits agriculteurs et en améliorant la chaîne d’approvisionnement locale de la production à la consommation dans les écoles. Ce projet vise à renforcer le lien entre la sécurité alimentaire et la malnutrition, et les programmes de politique liés aux maladies chroniques dans la région.

Résultats escomptés

Ce projet comblera les lacunes existantes en matière de connaissances en recueillant et en analysant les données sur l’influence de l’environnement alimentaire sur les habitudes alimentaires et les résultats en matière de santé dans trois pays de la région des Caraïbes; sur les obstacles à l’innovation et à la capacité d’adaptation du secteur agricole; et sur les rôles associés à chacun des sexes et sur l’équité entre les sexes dans la recherche d’un système alimentaire plus nutritif, et plus sexospécifique et plus axé sur la santé. Il devrait éclairer les décideurs et d’autres intervenants concernant les moyens de rendre les systèmes alimentaires locaux plus adaptés au fardeau de l’obésité et d’autres maladies chroniques dans la Communauté des Caraïbes, pour finalement devenir la base d’une agriculture avisée à l’échelle locale et évolutive, et des interventions en santé qui améliorent la disponibilité, la rentabilité et l’accessibilité d’aliments sains dans les Caraïbes.

Principales institutions

Ce projet doté d’un budget de 4 millions de dollars et d’une durée de 48 mois est une collaboration en recherche entre des chercheurs en santé publique, en sexospécificité et en économie de la santé de l’University of the West Indies (Jamaïque, Trinidad-et-Tobago), de l’University of Technology (Jamaïque), de Cambridge University (Royaume-Uni) et des chercheurs canadiens en sécurité alimentaire de l’Université McGill.