Une réforme du droit de la famille pour remettre en question la violence sexiste : un projet de plaidoyer axé sur la recherche et le savoir

Bien que la violence sexiste soit endémique à l'échelle mondiale, c'est dans les pays à majorité musulmane, où les interprétations conservatrices du droit familial islamique persistent, qu'on relève certains des taux les plus élevés. Souvent, de telles interprétations engendrent et servent à justifier des pratiques telles que le mariage de jeunes enfants et le mariage forcé, la perte de la garde des enfants par la mère, l'interdiction aux femmes de demander le divorce, la pratique des crimes d'honneur, et le droit des parents et des membres de la famille de contrôler les corps des épouses, des filles et des parentes, notamment en pratiquant la mutilation génitale des femmes.

C'est pourquoi, pour qu'une réforme juridique réussisse, toute solution au problème de la violence sexiste doit s'appuyer à la fois sur le droit et sur la compréhension culturelle. Une telle solution doit comporter la promotion d'interprétations modérées du droit islamique par les femmes, les groupes de femmes et d'autres organisations de la société civile pour contester l'autorité du pouvoir religieux et d'autres groupes fondamentalistes. Ce projet vise à favoriser l'autonomisation des femmes en leur fournissant de l'information au sujet du droit familial islamique et à offrir des interprétations plus modérées de ces lois pour protéger leurs droits fondamentaux ainsi que pour prévenir et surmonter la violence sexiste.

Le projet de recherche et de plaidoyer proposé portant sur la violence sexiste sera dirigé par la section libanaise du Partenariat d'apprentissage des femmes pour les droits, le développement et la paix (WLP), qui fera fond sur ses 15 années de recherche et de formation au plaidoyer dans la lutte contre la violence sexiste dans plus de 50 pays. Le projet cherche 1) à contester la violence sexiste au moyen de la recherche et du développement pour produire de nouvelles connaissances, à l'échelon local, sur les moyens de réformer le droit de la famille dans les pays à majorité musulmane; 2) à mettre à profit la recherche pour fonder des activités efficaces de plaidoyer contre la violence sexiste à l'échelle nationale; et 3) à constituer un réseau mondial de plaidoyer, le premier du genre, pour les personnes en proie à la violence sexiste perpétrée au nom de la religion. Les pays ciblés seront le Liban, la Jordanie, l'Égypte, les Territoires palestiniens, le Maroc, la Mauritanie, le Pakistan, le Sénégal et l'Inde (où les musulmans sont minoritaires).

Le vaste partenariat de WLP avec des organisations bien établies dans des pays à majorité musulmane du Sud et en Inde lui permettra de rejoindre le plus grand nombre de bénéficiaires et d'offrir des solutions de lutte contre la violence sexiste qui tiennent compte de la culture. Les longs antécédents de l'organisation en matière de collaboration avec des organisations internationales, y compris les Nations Unies et la Banque mondiale, lui permettront aussi de mobiliser efficacement la communauté internationale en appui à une campagne mondiale de plaidoyer contre la violence sexiste.

Projet nᵒ

108201

État du projet

Actif

Durée

36 mois

Agent(e) responsable du CRDI

Roula El-Rifai

Financement total

CAD$ 780,000

Pays

Afrique, Asie, Moyen-Orient

Chargé(e) de projet

Lina Abou Habib

Institution

Women's Learning Partnership for Rights, Development, and Peace, Ltd.

Pays d' institution

United States

Site internet

http://www.learningpartnership.org