L’incidence de la représentation politique des femmes sur la croissance économique et l’autonomisation économique des femmes en Afrique (CEDEF)

La recherche effectuée sur la participation des femmes à la vie politique dans 38 pays de l’Afrique subsaharienne explore la manière dont le rôle des femmes au sein des institutions politiques façonne leur autonomisation économique et les avantages qu’elles retirent de la croissance.

Le défi

On s’accorde de plus en plus pour dire que la réussite économique dépend, du moins en partie, de la vigueur des institutions politiques. À l’échelle mondiale, pourtant, l’inégalité demeure importante entre les hommes et les femmes au chapitre de la représentation politique. Cette situation soulève la question de savoir la mesure dans laquelle les institutions politiques répondent aux besoins économiques des femmes. Certes, les femmes ont fait des avancées récemment, mais elles accusent toujours un retard par rapport à leurs homologues masculins selon de nombreux indicateurs économiques importants, dont les niveaux de revenu et d’instruction, les droits à la propriété et à l’héritage, ainsi que la propriété d’entreprises et le leadership en affaires.

En Afrique subsaharienne, les liens entre les politiques et le succès économique des femmes sont complexifiés par la présence de deux systèmes de gouvernance parallèles : des structures politiques modernes coexistent avec des formes de gouvernance traditionnelles, lesquelles sont particulièrement fortes dans les régions rurales.

Ces dernières années, les femmes ont joué un rôle de leadership dans plusieurs pays africains, notamment à titre de présidente, de vice-présidente ou de première ministre dans 15 pays. En 2015, le Rwanda était un chef de file mondial à ce chapitre, les femmes représentant 64 % des parlementaires nationaux. Plus de 40 % des législateurs en Namibie, au Sénégal et en Afrique du Sud étaient des femmes. Néanmoins, les femmes ont tendance à être sous-représentées dans les ordres de gouvernement inférieurs, soit les provinces, les districts et les municipalités.

Les femmes siègent parmi les chefs traditionnels dans plusieurs pays, notamment la République démocratique du Congo, le Ghana, le Libéria, le Malawi, la Sierra Leone, l’Afrique du Sud, la Zambie et le Zimbabwe. Dans de nombreuses régions du Ghana, les chefs suprêmes ont une « reine mère » en parallèle.

Malgré ces exemples, cependant, on dispose de peu d’information sur le pouvoir réel des femmes en Afrique, et il n’existe aucune certitude que leurs rôles et droits traditionnels se sont traduits par un pouvoir contemporain ou qu’ils les ont aidées à profiter de la croissance économique. Même lorsque les femmes semblent bien représentées, il est fréquent que tant les structures de gouvernance traditionnelles que modernes fassent fi des rôles économiques des femmes ou soient ouvertement discriminatoires à leur endroit. Par exemple, des recherches antérieures réalisées au Ghana laissent entendre que les agricultrices sont moins productives que leurs homologues masculins, en partie à cause des régimes traditionnels de propriété foncière qui portent atteinte aux droits de propriété des femmes.

La recherche

Des chercheurs de quatre institutions au Canada, aux États-Unis et en Afrique du Sud travaillent en collaboration pour faire la lumière sur les liens entre les rôles politiques des femmes, leur autonomisation économique et la mesure dans laquelle elles tirent profit de la croissance dans des pays donnés de l’Afrique subsaharienne. Des équipes appliqueront des modèles statistiques aux ensembles de données provenant de sources ethnographiques et démographiques existantes, pour explorer et documenter :

  • les facteurs qui ont déterminé le pouvoir politique traditionnel des femmes dans différents groupes ethniques de toute l’Afrique subsaharienne;
  • l’influence des rôles politiques traditionnels des femmes sur leur participation aux structures démocratiques modernes;
  • la manière dont diverses formes de représentation politique traditionnelle ont influencé la mesure dans laquelle la croissance économique contribue à l’autonomisation des femmes et de quelle façon.

Résultats attendus

À partir des sources de données existantes, deux bases de données en libre accès découleront de cette recherche :

  • Un ensemble de données ethnographiques sera créé pour illustrer les droits traditionnels et les rôles de leadership des femmes au sein de divers groupes ethniques, en s’inspirant de l’atlas ethnographique (1959) de G. P. Murdock et d’enquêtes démographiques et sur la santé menées depuis 2000.
  • Un deuxième ensemble de données couvrira la proportion de femmes élues à divers postes dans tous les ordres de gouvernement, et établira un lien entre leur participation politique et leurs résultats économiques, comme l’autonomie des femmes, leur participation au marché du travail et leur niveau d’instruction.

Une grande équipe de jeunes chercheurs de l’Afrique du Sud acquerront des compétences et des connaissances dans la collecte et l’analyse de données, ainsi que ’la définition des répercussions sur les politiques propres aux pays. Les résultats seront diffusés en ligne par l’intermédiaire de bases de données d’accès libre, d’articles savants, d’exposés présentés à des forums régionaux et internationaux, et de réunions avec des représentants gouvernementaux, des organisations non gouvernementales et des bureaux d’élections.

Projet nᵒ

108115

État du projet

Actif

Date de début

Wednesday, May 4, 2016

Durée

24 mois

Agent(e) responsable du CRDI

Ahmed, Madiha

Financement total

CAD$ 337,100

Pays

Afrique

Coresponsable de projet

Dr. James Robinson

Institution

University of Chicago

Site internet

http://www.uchicago.edu

Chargé(e) de projet

Sophia W.F du Plessis

Institution

University of Stellenbosch

Site internet

http://www.sun.ac.za