Les femmes et l’exploitation minière artisanale et à petite échelle en Afrique centrale et en Afrique de l’Est

Ce projet vise à permettre de mieux comprendre le rôle économique des femmes dans l’exploitation minière artisanale et à petite échelle en Ouganda, en République démocratique du Congo et au Rwanda. Cette forme d’exploitation non structurée fait appel à des technologies et à du matériel rudimentaires, et les femmes y exercent un grand nombre de rôles allant du concassage de pierres au commerce. Dans certaines mines, elles représentent la moitié de la main-d’oeuvre, sinon davantage. L’objectif est d’étudier les conditions qui déterminent l’accès des femmes aux ressources économiques et de déterminer comment les politiques et les réformes réglementaires influent sur ces conditions.

Le défi

On estime que l’Afrique possède un tiers des réserves minérales de la planète, et des millions de femmes et d’hommes tirent leur subsistance de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle de ces ressources. Les gouvernements nationaux s’aperçoivent qu’ils peuvent retirer un avantage de ces activités non structurées en taxant et en exportant les minéraux dont la valeur marchande ne cesse d’augmenter, et ils travaillent à la réforme des politiques et de la réglementation y afférentes en vue de les intégrer dans l’économie officielle. 

Dans l’ensemble du continent, un grand nombre de femmes participent à cette économie minière parallèle, exerçant différents rôles allant du lavage à la batée et de la transformation au commerce de produits et de services. Elles subviennent aux besoins de nombreuses personnes à leur charge grâce à ces moyens de subsistance. Or, on en sait très peu sur leurs activités économiques, leur maîtrise des ressources et leur bien-être en général. De plus, on ne sait pas clairement quel effet le resserrement de la réglementation gouvernementale aura sur les femmes qui travaillent dans le secteur des mines. Le projet vise à combler ces lacunes dans les connaissances en déterminant dans un premier temps si les femmes bénéficient des activités d’exploitation minière artisanale et en évaluant en quoi une réglementation plus rigoureuse dans ce secteur pourrait changer la donne pour elles.

La recherche

Les chercheurs concentreront leur étude sur l’or, l’étain, le tantale et le tungstène et ils documenteront le vécu des femmes actives dans l’exploitation minière artisanale et à petite échelle afin d’évaluer les incidences du resserrement de la réglementation dans ce secteur. Les travaux seront exécutés dans trois pays, à savoir l’Ouganda, la République démocratique du Congo et le Rwanda, et des sites de recherche seront établis dans deux zones minières de chaque pays. Les chercheurs effectueront une recension des écrits, mèneront des enquêtes et des entrevues, organiseront des groupes de discussion et procéderont à l’analyse des politiques afin de répondre à trois grandes questions.

  • Quelle forme la participation des femmes aux différents types d’exploitation minière artisanale et à petite échelle prend-elle dans les trois pays ? 
  • Quelles conditions déterminent l’accès des femmes aux ressources économiques et leur maîtrise de ces ressources là où se pratique l’exploitation minière artisanale ? 
  • Les politiques et la réglementation relatives au secteur minier prennent-elles en compte les considérations sexospécifiques ? Quelles sont les incidences de ces politiques sur l’égalité des sexes et l’autonomisation économique des femmes ?

Les chercheurs interagiront avec les principaux groupes de personnes concernées, notamment les femmes participant à des activités minières, des universitaires locaux, des ONG partenaires et des responsables des politiques. Le projet fournira l’occasion d’apprendre et d’établir des comparaisons entre les trois pays.

Résultats attendus

La recherche permettra de produire de nouvelles connaissances sur le vécu des femmes dans le secteur minier non structuré, de déterminer si les activités qu’elles exercent peuvent favoriser leur progrès économique et d’évaluer les conséquences de la nouvelle réglementation gouvernementale sur ces retombées potentielles. L’objectif ultime est de favoriser une prise de décision fondée sur des données probantes relativement à l’autonomisation économique des femmes au moyen d’activités d’exploitation minière à petite échelle, surtout dans des contextes fragiles. Les chercheurs rencontreront des responsables des politiques ainsi que des représentants du secteur privé afin de leur faire part des résultats de la recherche et de discuter de politiques susceptibles de maximiser les avantages que les femmes tirent de l’exploitation minière.

Projet nᵒ

107820

État du projet

Actif

Date de début

Sunday, September 28, 2014

Date butoir

Thursday, September 28, 2017

Durée

36 mois

Agent(e) responsable du CRDI

Melesse Martha

Financement total

CAD$ 996,088

Chargé(e) de projet

Jennifer Hinton

Institution

Carleton University

Pays d' institution

Canada

Site internet

http://www.carleton.ca