Les deux facettes des enzymes de modification de l’ADN endogène : promouvoir les mutations génétiques ainsi que la réparation du génome

Les lymphocytes B, un type de globules blancs du système immunitaire, produisent et exportent des anticorps qui cherchent des microbes et des toxines, s’y fixent et les neutralisent. Les lymphocytes B déclenchent la production d’anticorps en modifiant les gènes qui encodent les anticorps. Ces modifications génétiques dans les lymphocytes B sont exécutées par l’AID, une enzyme qui altère la séquence des gènes encodant les anticorps, améliorant ainsi les anticorps et l’immunité.

Toutefois, il arrive souvent que l’activité de l’AID ne soit pas dirigée vers les gènes appropriés ou exprimée dans les bons types de cellules, causant des mutations génétiques susceptibles de transformer des cellules saines en cancers. L’AID est ainsi maintenant reconnue comme une des principales causes de leucémies/lymphomes agressifs et de plusieurs tumeurs tissulaires solides. Une activité continue de l’AID dans les cellules cancéreuses améliore également leur capacité de mutation, permettant la résistance aux approches thérapeutiques. Selon la croyance scientifique actuelle, l’AID provoque des mutations au génome des cellules et peut donc causer/aggraver un cancer.

Des données préliminaires solides évoquent la possibilité d’un tout nouvel aspect de l’activité de l’AID : l’ADN endommagé par des sources externes (ex. radiation) peut lui-même attirer l’AID, corrigeant ou réparant certains dommages. Ce projet vise à étudier l’ampleur et les mécanismes de cet effet, et à déterminer s’il représente une voie possible par laquelle les cellules cancéreuses peuvent échapper à la chimiothérapie ou à la radiothérapie, ou y devenir résistantes, comme plusieurs traitements cherchent à combattre le cancer en endommageant l’ADN.

Le projet est dirigé au Canada par l’Université Memorial (Terre-Neuve), en collaboration avec l’Université hébraïque de Jérusalem (Israël) et des chercheurs pakistanais et indiens. Ce projet et son financement ont été approuvés par le deuxième concours de recherche du Programme conjoint canado-israélien de recherche en santé, un partenariat entre le CRDI, les Instituts de recherche en santé du Canada, l’Israel Science Foundation et la Fondation Azrieli. Ce programme de sept années, qui disposera d’un budget de 35 millions CAD, met à contribution les compétences scientifiques uniques des deux pays et facilite le réseautage avec les pairs en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Les projets incluent un plan d’intégration de chercheurs de pays à faible revenu et à revenu intermédiaire qui permettra d’établir des relations scientifiques à long terme.

Projet nᵒ

108405

État du projet

Actif

Durée

36 mois

Agent(e) responsable du CRDI

Fabiano Santos

Financement total

CAD$ 498,669

Pays

Mondial

Chargé(e) de projet

Mani Larijani

Institution

Memorial University of Newfoundland

Pays d' institution

Canada

Site internet

http://www.mun.ca