La voie à suivre pour une prospérité partagée : comprendre les liens entre l’autonomisation économique des femmes et la croissance (CEDEF)

Par l’examen de données probantes, d’études transnationales et d’évaluations comparatives de microniveau, la recherche se penche sur deux questions clés : comment la croissance économique peut-elle façonner l’autonomisation économique des femmes, et comment la participation des femmes à l’économie peut-elle, à son tour, façonner la croissance ?

Le défi

Les rapports entre la croissance économique et l’autonomisation économique des femmes représentent une importante question stratégique, particulièrement dans les pays à faible revenu où le capital humain demeure sous-exploité. L’expérience démontre que les répercussions de la croissance sur l’autonomisation économique des femmes ne sont pas toujours positives. C’est dans certains des pays en développement qui connaissent la croissance la plus rapide que l’on constate le moins de signes de progrès en matière d’égalité des sexes, sur les plans des revenus et de la participation à la population active. Et lorsque nous comparons divers pays ayant des niveaux de développement économique similaires, nous observons de grandes différences dans la façon dont les femmes y participent ou en tirent profit.

Les tendances en matière d’emploi – des types d’emplois aux secteurs d’activités – sont différentes chez les hommes et les femmes. Alors que les pays se développent, des facteurs comme le rythme des innovations technologiques, l’urbanisation, et les changements au sein des structures institutionnelles et sociales peuvent avoir des répercussions importantes sur les débouchés économiques offerts aux femmes au fil du temps. La recherche proposée a pour but de comprendre comment les salaires et les emplois des femmes réagissent à ces facteurs dans différents secteurs, comme l’agriculture et les services, et dans différentes régions. Elle permettra d’obtenir des renseignements essentiels sur la manière dont l’autonomisation économique des femmes est touchée par les changements et les transformations économiques que connaissent les pays.

Il est tout aussi important de déterminer dans quelle mesure l’autonomisation économique des femmes soutient la croissance économique, et de quelle façon. Au cours des dernières décennies, les recherches sur ce sujet ont été rares, limitées et non systématiques. Une meilleure compréhension des avantages économiques potentiels d’investir dans les filles et les femmes pourrait jouer un rôle important dans l’établissement de diverses politiques, notamment en matière d’éducation, d’emploi, de finance et de politique sociale.

La recherche

À partir de données probantes provenant de 14 pays (Afrique du Sud, Bangladesh, Bolivie, Brésil, Égypte, Inde, Indonésie, Jordanie, Malawi, Mozambique, Namibie,  Ouganda, Rwanda, et Vietnam), le projet répondra à ces deux questions grâce à deux axes de recherche.

1. L’équipe entreprendra un premier examen systématique rigoureux de données probantes provenant de pays à revenu faible et moyen sur la question de la contribution de l’autonomisation économique des femmes à la croissance économique. Cet examen portera sur ce que la documentation nous apprend au sujet de quatre séries de questions :

  • Quels mécanismes et modèles peuvent expliquer les liens entre l’autonomisation économique des femmes et la croissance ?
  • Comment les inégalités entre les sexes, comme les écarts sur le plan de l’éducation, de l’emploi et de la rémunération, peuvent-elles influer sur la croissance à long terme ?
  • Comment les écarts entre les sexes affectent-ils l’efficacité économique et la productivité ? Par exemple, les écarts entre les sexes en ce qui concerne l’accès aux moyens de production et aux actifs agricoles diminuent-ils la productivité des productrices et entraînent-ils des conséquences négatives pour la croissance ?
  • Dans quelle mesure les diverses interventions visant à assurer l’autonomisation des femmes réussissent-elles à stimuler le rendement économique à court et à long terme dans différents contextes culturels et institutionnels ?

2. L’équipe examinera la raison pour laquelle les salaires et les occasions d’emploi des femmes varient dans différents secteurs, et la manière dont la croissance économique influe sur ces dynamiques. L’équipe mènera aussi six sous-études – une combinaison d’études transnationales et d’études comparatives de microniveau – portant sur ce qui suit :

  • Comment la croissance économique et la structure changeante de l’économie influent-elles sur la participation de la main-d’oeuvre féminine ?
  • À mesure que l’économie change et s’urbanise, y a-t-il des répercussions sur l’emplacement et le type des emplois qui s’offrent aux femmes ?
  • Les avancées technologiques et la mécanisation modifient-elles le type d’emplois et de secteurs qui sont dominés par les hommes et par les femmes ?
  • La mondialisation et la libéralisation des échanges facilitent-elles l’autonomisation économique des femmes ?
  • Dans quelle mesure l’éducation peut-elle favoriser l’autonomisation économique des femmes ?
  • Comment la violence familiale et l’emploi des femmes sont-ils liés et comment influent-ils sur l’autonomisation économique des femmes ?

Résultats escomptés

En publiant ses conclusions, l’équipe du projet générera de nouvelles connaissances sur le lien entre la croissance et les débouchés économiques pour les femmes, en plus de déterminer les secteurs où des réformes des politiques pourraient être effectuées dans les pays concernés par l’étude. La recherche permettra aux décideurs de comprendre la façon d’accroître les débouchés économiques pour les femmes dans différents secteurs dans la foulée de la transformation économique de leur pays.

L’équipe du projet améliorera la capacité de recherche en travaillant étroitement avec des chercheurs et des institutions de pays à faible revenu. Les chercheurs débutants et les étudiants au doctorat acquerront des compétences en recherche et en communication. L’équipe élaborera également un court programme de formation destiné aux responsables de politiques de niveau intermédiaire, qui portera sur le genre, la croissance et le développement. On renforcera ainsi la capacité nationale d’adaptation des politiques afin d’améliorer la situation des femmes.

Étant donné que les résultats de la recherche s’appliqueront à divers secteurs et régions, ils seront largement diffusés par voie notamment d’exposés, de vidéos, de séries de documents de travail en ligne et de blogues sur les messages stratégiques clés. Ces efforts seront associés aux ateliers sur les politiques qui se tiendront en Inde et en Afrique du Sud. On s’attend à ce que la richesse des données améliore la qualité des données probantes portant sur les moyens efficaces d’améliorer les débouchés offerts aux femmes sur le marché du travail.

Projet nᵒ

108111

État du projet

Actif

Date de début

Thursday, October 1, 2015

Durée

24 mois

Agent(e) responsable du CRDI

Ahmed, Madiha

Financement total

CAD$ 2,255,300

Pays

Afrique, Asie, Amérique latine, Moyen-Orient

Coresponsable de projet

Janneke Pieters

Coresponsable de projet

Stephen Klasen

Institution

Georg-August-University Göttingen Public Law Foundation

Site internet

http://www.uni-goettingen.de