Favoriser la croissance économique des femmes dans les pays à faible revenu (CEDEF)

Par l’intermédiaire de six études connexes, le projet de recherche explore la manière dont les perspectives d’autonomisation économique des femmes sont façonnées par un large éventail de facteurs, de l’évolution des droits et des normes culturelles à l’expansion urbaine et à l’intégration des marchés.

Le défi

Malgré des gains récents dans de nombreux domaines, à l’échelle mondiale, les femmes accusent toujours un retard par rapport à leurs homologues masculins selon des paramètres importants comme le revenu, le pouvoir décisionnel et leur participation à la société et à l’économie. Bien que la croissance économique constitue un facteur majeur dans la détermination des revenus et du bien-être tant des hommes que des femmes, diverses autres forces et tendances influent sur l’autonomisation économique des femmes, ainsi que sur la mesure dans laquelle elles bénéficient de la croissance dans différents milieux.

Les données probantes indiquent quatre grands ensembles de facteurs qui ont une incidence sur la probabilité que les femmes bénéficient de la croissance.

  • Facteurs qui ont une incidence sur les occasions à la portée des femmes sur le marché du travail
    L’intégration mondiale des marchés et la migration des populations rurales vers les villes, par exemple, ont accru le nombre de femmes dans la population active dans les pays à faible revenu. Cependant, ces phénomènes ont aussi entraîné de nombreuses femmes dans des situations d’emploi précaires et parfois dangereuses.
  • Facteurs qui ont une incidence sur les responsabilités des femmes en matière de soins dispensés à leurs proches
    De nombreux facteurs socio-économiques influent sur ce qui est attendu des femmes au sein de leur foyer, ainsi que sur l’aide dont elles disposent pour s’occuper des personnes à leur charge. Ces questions influent à leur tour sur la façon dont les femmes participent au marché du travail. Parmi les facteurs d’influence, on note la disponibilité et le coût des services de garde d’enfants, les heures de travail flexibles et les normes culturelles qui déterminent le degré de partage des tâches ménagères entre hommes et femmes.
  • Facteurs qui déterminent les droits et le statut des femmes
    La portée des lois et des normes sociales qui protègent les droits et le statut des femmes varie d’un pays à l’autre. Ces droits et normes ont des répercussions sur la situation financière des femmes, en déterminant notamment leurs droits d’accession à la propriété, leur accès au crédit ou leur droit à un salaire égal.
  • Conséquences imprévues de la croissance et du développement
    L’intensification urbaine et d’autres formes de développement peuvent étendre les possibilités économiques. Cependant, ces changements peuvent également porter atteinte au bien-être et à l’autonomie des femmes en augmentant les niveaux de violence ou en dégradant l’environnement.

Tandis que les responsables des politiques cherchent des façons de réaliser le plein potentiel féminin au sein de l’économie et de la main-d’oeuvre, on en sait encore trop peu sur la façon dont l’autonomisation économique des femmes est touchée par ces conditions macroéconomiques, conditions qui varient d’ailleurs selon le pays et la région. Il est particulièrement pertinent de se pencher sur les effets de la mondialisation et du développement urbain au Bangladesh, en Inde, au Kenya, au Nigeria et au Pakistan, où une grande partie de la population s’urbanise rapidement et crée des liens avec les marchés mondiaux.

La recherche

Pour en savoir davantage sur les répercussions de ces forces sur l’autonomisation économique des femmes dans différents contextes et secteurs, six études sont réalisées. À partir de ces études, les équipes de recherche visent à dégager des propositions de politiques claires et pertinentes à l’échelle locale :

  1. Au moyen de microdonnées issues d’enquêtes démographiques et sanitaires menées dans plus de 80 pays, les chercheurs évaluent la façon dont la croissance économique touche le bien-être global des femmes. Ils définiront des politiques et des programmes non économiques, tels que des lois contre le mariage d’enfants, qui peuvent aider les femmes à bénéficier de la croissance économique.
  2. Au moyen de données de séries chronologiques issues de divers pays d’Afrique subsaharienne et d’Asie du Sud, une deuxième étude vise à expliquer les répercussions de la libéralisation du commerce ainsi que d’autres facteurs sur les salaires et l’emploi des femmes dans différents contextes nationaux.
  3. Des recherches menées au Nigeria et au Ghana examinent si la croissance récente du secteur des services a entraîné une augmentation de l’entrée et de la mobilité des femmes au sein de la population active.
  4. Une étude menée au Kenya, au Ghana, au Malawi ainsi qu’au Maroc explorera les répercussions de différents systèmes et pratiques d’irrigation sur le travail et la productivité des femmes à la ferme.
  5. Des recherches menées dans trois grandes villes du Pakistan, du Bangladesh et de l’Inde étudient les effets de la dégradation environnementale sur le bien-être des femmes dans les quartiers défavorisés ou les quartiers informels.
  6. L’étude finale cherche à comprendre les répercussions des schémas de croissance et de changement urbains, ainsi que de la qualité de l’infrastructure de transports sur la sécurité, la productivité et les choix économiques des femmes dans des mégalopoles du Pakistan et du Nigeria.

Résultats attendus

Par l’intermédiaire de ses six études, ce projet produira de nouvelles connaissances sur la façon dont l’interaction de la croissance avec d’autres tendances macroéconomiques dans le monde influe sur les possibilités et les résultats économiques des femmes. Les conclusions aideront les pays à formuler des politiques qui amplifieront les effets positifs de la croissance sur l’autonomisation économique des femmes.

Le projet établira de nouvelles capacités de recherche et de leadership grâce à une collaboration entre quatre institutions situées au Nigeria, au Pakistan et aux États-Unis. Le projet assurera en outre la prestation d’une formation ciblée concernant les méthodes de recherche, la communication de la recherche, ainsi que d’autres stratégies destinées à favoriser l’adhésion aux conclusions pertinentes pour les politiques.

Des documents de politique rédigés en plusieurs langues consigneront les conclusions de la recherche. Les résultats seront diffusés en ligne, et communiqués aux responsables des politiques et aux praticiens lors de deux ateliers régionaux et d’une conférence internationale. L’adhésion augmentera également grâce à la collaboration continue entre les partenaires du projet et leurs réseaux politiques locaux.

Projet nᵒ

108112

État du projet

Actif

Date de début

Thursday, October 1, 2015

Durée

24 mois

Agent(e) responsable du CRDI

Ahmed, Madiha

Financement total

CAD$ 2,166,300

Pays

Afrique, Asie, Amérique latine, Moyen-Orient

Coresponsable de projet

Nan Astone

Coresponsable de projet

H. Elizabeth Peters

Institution

Urban Institute

Site internet

http://www.urban.org