Évaluation de l’incidence des programmes de transferts en espèces sur l’autonomisation des femmes en Tanzanie

Ce projet examinera l’incidence des transferts conditionnels en espèces sur l’autonomisation économique des femmes. Il s’agit de programmes de réduction de la pauvreté en vertu desquels de l’argent est versé à des personnes qui répondent à des critères d’admissibilité comme un faible revenu ou un certain nombre de personnes à charge. Les chercheurs examineront un programme de cette nature offert par le Tanzania Social Action Fund afin d’évaluer dans quelle mesure il réussit à permettre aux femmes de vaincre les inégalités économiques au sein de leur ménage et de leur collectivité.

La recherche évaluera dans quelle mesure les transferts conditionnels en espèces aident les femmes

  • à prendre des décisions en ce qui concerne la production agricole et d’autres activités rémunératrices; 

  • à avoir la maîtrise des ressources et leur mot à dire sur la manière dont le revenu est dépensé; 

  • à exercer un leadership et à participer à des activités économiques. 

Le défi

En aidant les personnes et les ménages à faible revenu à gérer les risques et à prendre des mesures pour se sortir de la pauvreté, les transferts en espèces peuvent concourir à une croissance favorable aux pauvres. Toutefois, les programmes de cette nature ne visent pas tous à transformer les rapports entre les sexes et à assurer l’autonomisation économique des femmes. Les organismes qui conçoivent et financent des programmes de transferts conditionnels en espèces reconnaissent la nécessité de faire participer les femmes. Si elles bénéficiaient d’un accès à des ressources financières grâce à ces transferts, elles pourraient accroître leur pouvoir de négociation au sein du ménage tout en améliorant la santé et les moyens de subsistance de leur famille. Dans beaucoup de sociétés, ce sont généralement les femmes qui sont principalement chargées du soin des enfants et des proches, et on s’attend à ce qu’elles placent les besoins économiques et sociaux de leur famille au-dessus des leurs.

Peu d’études ont examiné si les transferts conditionnels en espèces avaient une incidence importante sur la vie des femmes. Cette recherche aidera à déterminer le rôle que peuvent jouer ces transferts dans l’autonomisation des femmes pauvres et dans la réduction des inégalités entre les hommes et les femmes au sein des ménages et des collectivités. Il importe de s’attaquer aux déséquilibres entre les sexes et de se pencher sur la valeur économique de ce type de programmes pour assurer un développement social et économique à long terme.

La recherche

Le Tanzania Social Action Fund offre son programme de transferts conditionnels en espèces dans 80 villages un peu partout au pays. Les chercheurs se serviront du Women’s Empowerment in Agriculture Index (WEAI) pour évaluer dans quelle mesure ces transferts contribuent au progrès économique des femmes. Cet indice prend en compte cinq indicateurs – production, ressources, revenu, leadership et emploi du temps – pour mesurer l’autonomisation des femmes.  « Autonomisation » s’entend ici de la capacité des femmes de prendre des décisions liées à leur propre développement économique, sans ingérence de quiconque. Cette méthode permet aux chercheurs d’évaluer les multiples dimensions de la pauvreté, du bien-être et l’inégalité sur le plan individuel.

Dans chacun des 80 villages, les chercheurs mèneront une enquête auprès des bénéficiaires et des non-bénéficiaires afin de comparer leurs niveaux de réussite et d’autonomie économiques. Ils recueilleront des données qualitatives au moyen d’entrevues visant à déterminer les conditions des transferts et d’autres facteurs qui peuvent faire obstacle à la participation des femmes aux décisions économiques. Cette démarche permettra d’expliquer pourquoi et comment les femmes réalisent ou non leur autonomisation.

Résultats attendus

La recherche apportera des éclairages précieux sur le potentiel qu’ont les programmes de transferts conditionnels en espèces de favoriser l’avancement économique des femmes. L’application de la méthode du WEAI à des programmes africains fournira aux analystes une nouvelle façon de mesurer l’autonomisation économique des femmes. Les constatations qui émaneront de la recherche aideront à déterminer la meilleure façon de concevoir ces programmes pour que les femmes y participent et en profitent.

Les constatations seront communiquées aux responsables des politiques aussi bien à l’échelle locale qu’internationale, ainsi qu’au milieu de la recherche en général, au moyen de différentes plateformes en ligne destinées à diffuser cette information à chacun de ces publics cibles.

Projet nᵒ

107811

État du projet

Actif

Date de début

Thursday, September 11, 2014

Date butoir

Tuesday, January 10, 2017

Durée

36 mois

Agent(e) responsable du CRDI

Paul Okwi

Financement total

CAD$ 816,300

Pays

Afrique

Chargé(e) de projet

Prof. Samuel Wangwe

Institution

Research on Poverty Alleviation Programme Limited

Pays d' institution

United Republic of Tanzania

Site internet

http://www.repoa.or.tz