Déterminer l’incidence de l’industrie extractive sur les possibilités économiques des femmes en Côte d’Ivoire et au Ghana (CEDEF)

La recherche explore la façon dont les différences quant aux modèles de développement, à la stabilité sociale et à la réglementation au Ghana et en Côte d'Ivoire – pays voisins possédant des ressources semblables – peuvent influer sur la façon dont les femmes profitent de la croissance dans les industries d'extraction.

Le défi

Le Ghana et la Côte d'Ivoire partagent plusieurs points communs. Ces pays ont notamment des conditions climatiques, sociales et agricoles similaires. Ils dépendent tous deux fortement des industries d'extraction pour assurer leur croissance économique, la récente découverte de pétrole et de gaz ayant accru les revenus existants provenant de l'exploitation minière de l'or et d'autres minéraux. Depuis leur accession à l'indépendance, ces pays ont toutefois suivi des parcours différents en matière de développement : le Ghana est demeuré plutôt stable, tandis que la Côte d'Ivoire a été secouée par des années de conflit.

L'extraction des ressources constitue une source grandissante de revenu dans les deux pays, mais elle pose aussi des défis en matière de gouvernance et ne contribue peut-être pas autant qu'elle le pourrait à l'emploi et à la croissance. Une recherche précédente suggère que le secteur n'est pas suffisamment imposé ni réglementé, et le contrôle de ces ressources a nourri des conflits en Côte d'Ivoire et ailleurs dans la région. En outre, les emplois dans l'exploitation minière et la production d'énergie sont généralement à dominance masculine, et il y a peu d'obligations juridiques relatives à la formation et à l'embauche de femmes. En n'investissant pas dans les contributions potentielles des femmes à ce secteur, les économies qui reposent sur les industries d'extraction pourraient bien manquer une importante occasion de stimuler la croissance et l'emploi.

Les deux pays ouvrent leurs marchés aux entreprises d'extraction des ressources, mais on connaît peu la façon dont cette forme de croissance touche l'emploi des femmes et leurs revenus par rapport à ceux des hommes. Une recherche comparative sur le Ghana et la Côte d'Ivoire peut offrir d'importantes leçons à d'autres pays qui espèrent créer des emplois et des occasions pour les femmes et pour les hommes dans le secteur des ressources, étant donné l’histoire différente de ces deux pays en ce qui concerne la paix et la stabilité, ainsi que leurs parcours économiques distincts.

La recherche

La présente recherche examine les lois et les règlements qui régissent les industries d'extraction au Ghana et en Côte d'Ivoire, en accordant une attention particulière aux règles et aux pratiques relatives à l'emploi de même qu'à leur incidence sur le potentiel économique des femmes.

Deux dimensions seront explorées :

  1. L’incidence de la croissance dans ce secteur sur l'emploi des femmes, y compris leurs revenus comparativement à ceux des hommes, leur autonomie financière et leurs occasions d'affaires.
  2. Si la surveillance et le contrôle exercés par le gouvernement aident les femmes à réaliser leur potentiel économique ou s’ils leur nuisent. Dans le cadre de la recherche, on vérifie si les entreprises extractives respectent les règlements et si leurs pratiques en matière de main-d’œuvre et de contrats sont avantageuses pour les femmes.

Au moyen de différentes méthodes, l'équipe évaluera le niveau d'autonomisation économique des femmes dans les deux pays. Au moyen d'un examen de la documentation et d'une série d'entrevues structurées, menées auprès de fonctionnaires, de représentants de l'industrie, et d'employés de sexe masculin et féminin, l'équipe explorera les cadres législatifs et réglementaires existants et la façon dont ils influent sur la croissance et l'emploi des femmes. Les entrevues jetteront la lumière sur les obstacles auxquels font face les femmes qui travaillent dans l'industrie et les possibilités qui se présentent à elles, comme la sécurité d'emploi et l'accès à la formation.

À partir d'études de cas sur certains sous-secteurs dans chaque pays – comme l'exploitation minière, la foresterie, le pétrole et le gaz –, les chercheurs recenseront les organismes de défense des droits et de politiques qui peuvent opérer un changement au sein de ces industries, et solliciteront leur participation. Ces études permettront une exploration plus approfondie de questions de réglementation et de conformité précises, ainsi que de leurs conséquences sur l'emploi et les perspectives d'emploi des femmes. Les sources de données existantes sur les ménages seront utilisées pour comparer les expériences des femmes dans l'industrie extractive et dans d'autres secteurs dans les deux pays.

Résultats attendus

L'objectif général de ce projet est de fournir des données probantes qui pourront être utilisées par les décideurs pour renforcer le cadre réglementaire et politique qui régit les industries d'extraction, en vue d'améliorer l’autonomisation économique des femmes.

Des documents de recherche et d'orientation politique seront publiés, portant sur ce qui suit :

  • la mesure dans laquelle la participation des femmes aux industries d'extraction et à l'économie générale du Ghana et de la Côte d'Ivoire a été influencée par la croissance et les modèles socioculturels;
  • les normes et les règlements connexes qui peuvent accroître ou réduire les effets positifs de la croissance sur l’autonomisation économique des femmes.

Les documents d'orientation politique et les exposés de position seront largement diffusés en ligne ainsi que dans les médias traditionnels et sociaux. Un comité consultatif, formé de représentants des principaux ministères gouvernementaux, représentants de l'industrie et organismes de la société civile, facilitera la diffusion des résultats de la recherche et veillera à ce qu'ils puissent être utilisés par les décideurs, les praticiens et d’autres intervenants pour susciter des changements.

La collaboration entre deux grandes institutions de recherche africaines et leur collaboration avec divers intervenants renforceront leur capacité à susciter des changements dans les politiques en vue de favoriser l'autonomisation des femmes.

Projet nᵒ

108114

État du projet

Actif

Date de début

Thursday, October 1, 2015

Durée

18 mois

Agent(e) responsable du CRDI

Ahmed, Madiha

Financement total

CAD$ 336,800

Pays

Afrique

Chargé(e) de projet

Silvère Y. Konan

Institution

Centre ivoirien de recherches économiques et sociales

Site internet

http://www.cires-ci.org

Chargé(e) de projet

William Baah-Boateng

Institution

International Institute for Advanced Studies

Site internet

http://www.interias.org.gh