Croissance, inclusion et autonomisation économique des femmes au Brésil

Le Brésil a connu une hausse sans précédent du nombre de femmes occupant des postes de haut rang dans les sphères politique et économique. Ce pays le plus peuplé d'Amérique latine a élu une femme comme présidente, Dilma Rousseff, et 26 % des membres de son conseil des ministres sont des femmes. La directrice générale de Petrobras est la seule femme au monde à la tête d'une grande compagnie pétrolière. Alors que dans les autres pays seulement 21 % des cadres dirigeants sont des femmes, au Brésil celles-ci comptent pour 27 % des cadres supérieurs au sein des grandes compagnies nationales. Vingt pour cent des milliardaires du Brésil sont des femmes, tandis que la moyenne mondiale ne s'établit qu'à 10 %. La main-d'oeuvre du Brésil est également composée d'une plus forte proportion de femmes (59 %) comparativement à d'autres pays comme la France (52 %) ou la Grande-Bretagne (57 %).

Mais les politiques sociales progressistes du pays ont-elles favorisé une croissance plus inclusive de sorte que cette remarquable transformation profite à toutes les femmes ? Le salaire mensuel moyen des femmes ne représente que 65 % de celui des hommes. Dans les régions métropolitaines, le salaire de près de la moitié des femmes occupant un emploi est inférieur au salaire minimum. Le nombre de femmes qui retournent sur le marché du travail après avoir fait les mêmes études que leurs homologues masculins est inférieur au nombre d'hommes. Les femmes sont surreprésentées dans les emplois du secteur non structuré et ne bénéficient d'aucune sécurité sociale. La majorité des sept millions d'employés de maison sont des femmes. Les femmes plus riches se sont enrichies, en partie parce qu'il est facile pour elles de prendre à leur service des femmes de la classe ouvrière pour prendre soin de leurs enfants et effectuer les tâches ménagères. Les femmes de race noire sont, quant à elles, encore plus désavantagées.

Le présent projet a pour but d'examiner si la croissance au Brésil a favorisé l'autonomisation économique des femmes. Les chercheurs auront recours à la fois à des méthodes quantitatives et qualitatives pour examiner dans quelle mesure l'accès à des débouchés productifs (souvent précaires et au sein du secteur non structuré) et les politiques sociales sont susceptibles d'améliorer la situation des femmes sur le marché du travail et de faire naître chez celles-ci un sentiment d'autonomisation et d'estime de soi. Ils détermineront également l'importance de la participation des femmes au marché du travail et les conditions dans lesquelles elles travaillent.

Les travaux de recherche se dérouleront dans trois régions qui ont chacune une stratégie de croissance distincte :
- la région du nord-est, où l'on trouve une importante industrie du vêtement - dans l'agreste, dans l'État de Pernambucano;
- la région du nord, le pôle de l'industrie de l'aluminium - à Barcarena, municipalité adjacente à Belém, dans l'État du Pará;
- la région du sud-est, où le secteur de la construction est traditionnellement dominé par les hommes - dans la région métropolitaine de São Paulo.

Les chercheurs veilleront à l'adoption des résultats de recherche en engageant un dialogue avec les responsables des politiques à l'occasion de colloques et de rencontres prévus expressément pour présenter les résultats. En outre, ils feront des présentations lors d'activités auxquelles participe régulièrement l'institut féministe de promotion de la démocratie SOS Corpo, par exemple le conseil national des droits de la femme. Ils se mettront également en contact avec le mouvement féministe du Brésil, qui exerce une grande influence dans les milieux politiques.

Projet nᵒ

107542

État du projet

Actif

Date de début

Friday, September 27, 2013

Durée

24 mois

Agent(e) responsable du CRDI

Robino, Carolina

Financement total

CAD$ 589,500

Pays

Brésil

Chargé(e) de projet

Maria Betania de Melo Avila

Institution

SOS CORPO - Instituto Feminista para la Democracia

Site internet

http://www.soscorpo.org.br