Amélioration des services de garde d’enfants afin d’accroître les débouchés pour les femmes dans les bidonvilles de Nairobi

Ce projet examinera en quoi le coût et la qualité des services de garde d’enfants influent sur la participation des femmes pauvres à la population active. Il sera mené dans le bidonville de Korogocho à Nairobi, au Kenya, où l’on vérifiera si l’élargissement de l’offre de services de garde améliore les perspectives économiques des femmes. On cherchera à répondre à quatre grandes questions.

  • Quels services de garde sont disponibles actuellement dans les bidonvilles de Nairobi ? 

  • Les femmes inscriront-elles leurs enfants à la garderie si le coût est plus abordable ?

  • L’élargissement de l’offre de services de garde contribuera-t-il à accroître la participation des femmes à la population active (nombre d’heures travaillées par semaine et revenu du ménage) ?

  • L’amélioration des services de garde viendra-t-elle aider les femmes les plus marginalisées et défavorisées ?

Le défi

Près de la moitié des mères Kényanes ont des enfants de moins de cinq ans. Pour accéder au marché du travail, elles ont besoin de services de garde sûrs et abordables. Traditionnellement, les femmes confiaient leurs enfants à des membres de la famille, comme les grands-parents ou encore la soeur ou le frère aîné(e), mais la migration et l’urbanisation entraînent l’éclatement des familles et la diminution de cette forme d’aide. Ce phénomène est particulièrement évident en milieu urbain défavorisé, où de nombreuses femmes sont de nouvelles arrivantes et des mères monoparentales.

La plupart du temps, c’est la mère qui est principalement chargée du soin des enfants; elle ne peut donc parvenir à l’autosuffisance sans service de garde. Si un nombre croissant de femmes en Afrique subsaharienne acquièrent la formation et les compétences voulues pour entrer sur le marché du travail, leurs obligations maternelles les empêchent souvent d’y participer activement et de profiter pleinement des avantages de leur éducation.

Ce projet vise à permettre de mieux comprendre de la façon dont la maigre offre de services de garde peut miner la capacité des femmes de réussir sur le plan économique. Il éclairera l’élaboration de politiques ayant pour effet de renforcer l’autonomisation économique des femmes. Bien que les travaux de recherche seront effectués au Kenya, les résultats seront applicables à d’autres pays à faible revenu où l’absence de services de garde de qualité est généralisée. 

La recherche

On fera appel à des méthodes qualitatives et quantitatives en vue d’évaluer l’impact de services de garde de qualité et abordables sur les perspectives économiques des mères défavorisées. Quelque 600 mères, choisies au hasard à partir d’un recensement récent, recevront des coupons pour des services de garde subventionnés, durant une année, pour des enfants de quatre ans et moins. Les données recueillies au moyen d’un panel au début du projet et au cours des deux années suivantes permettront d’évaluer si la diminution du coût et l’amélioration de la qualité des services de garde contribuent à rehausser la forme et le degré de participation des femmes pauvres au marché du travail.

Par ailleurs, un groupe de femmes recevra une formation sur l’utilisation de PhotoVoice pour raconter leur quotidien et de leur vécu avant et après l’intervention. Des entrevues en profondeur avec les mères permettront aux chercheurs de comprendre les enjeux contextuels et les expériences des femmes en matière de travail et de service de garde, ainsi que l’impact sur la famille entière. Les chercheurs organiseront des conférences, rédigeront des notes d’analyse et publieront des articles évalués par les pairs dans le but de communiquer les résultats aux dirigeants communautaires et aux responsables des politiques. 

Résultats attendus

Ce projet fournira des données probantes empiriques au sujet du rôle que peuvent jouer des services de garde de qualité et abordables pour qu’en milieu urbain défavorisé, la maternité soit plus compatible avec un travail rémunéré. Il contribuera à sensibiliser les responsables des politiques au fait qu’un investissement dans les garderies peut s’avérer aussi important que l’augmentation du nombre d’écoles secondaires pour aider les femmes à réaliser leur plein potentiel économique. 

Le projet donnera lieu à la production de documents de travail, de notes d’analyse et d’articles faisant état des principales constatations et recommandations en matière de politiques découlant du projet. D’autres moyens, comme des séminaires Web, les médias sociaux (Facebook, Twitter), des expositions PhotoVoice communautaires et des dialogues numériques sur vidéo, seront utilisées pour nouer le dialogue avec les principaux intervenants.

Projet nᵒ

107808

État du projet

Actif

Date de début

Tuesday, September 2, 2014

Date butoir

Tuesday, October 31, 2017

Durée

36 mois

Agent(e) responsable du CRDI

Martha Melesse

Financement total

CAD$ 952,466

Pays

Afrique du sud

Chargé(e) de projet

Shelley Clark | Project Leader

Institution

Royal Institution for the Advancement of Learning/McGill University

Pays d' institution

Canada

Site internet

http://www.mcgill.ca