Aide aux femmes ayant survécu à des actes de violence au cours des périodes de transition post-conflit en Indonésie, au Timor-Leste et au Myanmar

Les données sur la violence sexuelle à l'égard des femmes et des hommes, tant pendant qu'après les conflits, ont un caractère alarmant dans toutes les régions du monde. D'après ONU Femmes, au moins 200 000 cas de violence sexuelle, la plupart à l'endroit des femmes et des jeunes filles, ont été constatés dans l'est de la République démocratique du Congo. À Sarajevo, suivant ce que rapporte l'ONU, quelque 80 % des 5 000 hommes détenus dans un camp de concentration ont dit avoir été violés, et plus de 50 000 femmes ont subi le même sort. En Colombie, 36 % des femmes déplacées à l'intérieur du pays ont dit avoir été violées, selon le ministère de la Protection sociale. Au Timor-Leste, les enquêteurs de la Commission de la vérité ont recueilli des déclarations témoignant d'une violence sexuelle systématique (viol, esclavage sexuel, etc.) pendant le conflit avec l'Indonésie.

Les taux élevés de violence sexuelle ne disparaissent pas à la signature d'un accord de paix. En fait, dans nombre de cas, ils demeurent présents bien après la fin des conflits. Pourquoi ? Les exactions de ce type sont fréquemment exclues des processus de paix et des mécanismes de règlement des conflits, peut-être en raison du manque de données faciles à obtenir ou seulement parce que la question est trop délicate. Par conséquent, les autorités publiques ont tendance à tolérer de hauts niveaux d'impunité en ce qui a trait aux crimes liés à la violence sexuelle, même en temps de paix. En d'autres termes, elles ne traduisent tout simplement pas en justice les auteurs de ces actes.

Ce projet a pour but de rompre ce cercle vicieux en produisant des connaissances pratiques concernant la nature de la violence sexuelle et l'impunité, tout particulièrement en Indonésie et au Timor-Leste. Les chercheurs vont aussi entreprendre des travaux exploratoires au Myanmar, où la violence sexuelle est une caractéristique majeure des conflits présents et passés. Plus précisément, la recherche
- aidera les femmes victimes de violence sexuelle à obtenir justice en participant à la recherche-action;
- produira des connaissances pratiques et approfondies permettant de définir des moyens d'utiliser les données probantes émanant des travaux afin de mobiliser les dirigeants communautaires et les responsables des politiques, aux échelons local et national;
- mettra en évidence des enseignements comparatifs, des réussites et des outils à l'intention des responsables des politiques;
- contribuera à la mise en place d'un cadre de justice transitoire accroissant la transparence, la légitimité et l'efficacité des institutions régionales, nationales et internationales de défense des droits de la personne dans leur combat contre la violence sexuelle;
- produira des constatations touchant les besoins socioéconomiques des femmes victimes de violence sexuelle et les services de soutien auxquels elles ont accès, afin d'aider à améliorer ces services et à remédier aux lacunes.

En travaillant avec des organismes de la société civile et des victimes de violence sexuelle, les chercheurs examineront comment il se fait que l'impunité persiste en cette matière; ils se proposent de constituer ainsi une assise de données probantes qui aidera les associations de victimes et les gouvernements à s'attaquer à ces crimes. L'équipe de recherche réunira des informations sur les cas de violence sexuelle et élaborera des stratégies grâce auxquelles les victimes pourront surmonter leur traumatisme, satisfaire des besoins concrets et tenter d'obtenir justice. Elle tiendra en outre des dialogues ciblés visant la mise en commun de données probantes sur ce qui contribue, ou non, à lutter contre l'impunité en matière de violence sexuelle.

Par cette approche concertée, le projet a pour but d'accroître à la fois la légitimité et la reddition de comptes des institutions étatiques en ce qui a trait à la lutte contre l'impunité en matière de violence sexuelle, en rassemblant des informations sur la manière dont les acteurs étatiques et la société civile peuvent collaborer afin de fournir des services aux personnes qui ont survécu à cette violence.

Projet nᵒ

107287

État du projet

Terminé

Date de début

Monday, April 1, 2013

Date butoir

Tuesday, December 22, 2015

Durée

30 mois

Agent(e) responsable du CRDI

Singh, Navsharan

Financement total

CAD$ 660,600

Pays

Indonésie, Birmanie, Timor-Leste

Chargé(e) de projet

Ms. Galuh Wandita

Institution

Asian Justice and Rights Foundation

Site internet

http://www.asia-ajar.org