Ofelia Floresca-Domingo

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Département des sciences et des technologies – Conseil philippin pour la recherche et le développement dans le domaine agricole, le domaine aquatique et le domaine des ressources naturelles (DOST-PCAARRD), Los Baños, Laguna, Philippines

Avez-vous un domaine de prédilection?

Lorsque j’étais à l’école secondaire et à l’université, j’étais très intéressée par les arts littéraires, mais mon expérience de travail auprès de mon employeur actuel a changé mon orientation. Je suis passée de l’écriture créative à l’écriture scientifique.

Au fil de mon cheminement professionnel, mon champ d’intérêt a changé, principalement parce que mon travail exige que je lise des rapports scientifiques, que je m’intéresse à des projets de recherche, et que j’entretienne des liens avec des scientifiques et des gens de la communauté scientifique dans le but de produire quelque chose qui vaut la peine d’être lu.

Ma maîtrise en communications aux fins du développement a renforcé mes connaissances et mes compétences servant à bien communiquer les résultats des expériences scientifiques et des projets de recherche dans les domaines de l’agriculture et des ressources naturelles.

Lequel de vos articles a eu le plus grand impact?

Ce sont tous les articles que j’ai écrits pris dans leur ensemble qui ont eu, je pense, le plus grand impact. Le point culminant du phénomène d’oscillation australe El Niño est survenu en 1997, et les dommages infligés à mon pays ont été très graves. J’ai écrit des articles sur les technologies fondées sur les recherches scientifiques et les recommandations des experts sur la façon pour les Philippins de gérer les effets néfastes d’El Niño. J’ai également rédigé des articles sur les mesures d’adaptation et d’atténuation et les technologies visant à lutter contre les effets négatifs d’El Niño.

Quel est le principal défi du journalisme scientifique?

Le plus grand défi pour les journalistes scientifiques est représenté par les décideurs politiques et les gens qui décident si les nouvelles pour lesquelles nous avons effectué beaucoup de recherches seront publiées ou non. Il arrive qu’un article soit refusé parce que le journaliste a découvert des choses qui, selon eux, pourraient entraîner des risques pour des membres du gouvernement local ou le public en général.

Je me souviens d’avoir préparé un article sur une ville touristique célèbre dont les cultures sont traitées lourdement, à un niveau dangereux, avec des fertilisants et des pesticides chimiques, ce qui entraîne certaines maladies chez les ouvriers agricoles. C’est un article que j’ai préparé après avoir lu les résultats d’un projet de recherche d’un scientifique réputé. Je pensais détenir un scoop, et j’estimais révéler la vérité de la façon la plus factuelle et objective possible. Malheureusement, mon article a été rejeté et l’on m’a avertie de faire plus attention aux controverses qui pourraient découler des nouvelles divulguées au public.

Comment voyez-vous votre rôle de journaliste?

Le journalisme scientifique n’est qu’une facette des communications en sciences. J’aime penser que je suis une communicatrice du domaine des sciences qui travaille avec des scientifiques, qui continue d’apprendre auprès d’eux, et qui les aide à communiquer leur savoir dans un langage facile à comprendre pour les non-initiés.

J'aspire à côtoyer davantage les non-initiés, surtout les personnes qui bénéficieront des projets de recherche. Je dois m’assurer de bien comprendre mes lecteurs cibles, de sorte à écrire des articles qui répondent à leurs besoins et à leurs intérêts.

Comment voyez-vous l’avenir du journalisme scientifique?

Je crois que le journalisme scientifique ne doit pas se limiter à informer, Il doit créer un intérêt chez le public, piquer sa curiosité et inspirer de l’émerveillement. Plus que toute autre chose, le journalisme scientifique doit aller encore plus loin et adopter les concepts de responsabilité et de reddition de comptes.

Les « fausses nouvelles » sont un problème important dans mon pays, et les blogueurs et les journalistes se retrouvent souvent « sur la sellette », ayant à défendre ce qu’ils rapportent devant des politiciens bien connus. Les journalistes scientifiques sont responsables de dire la vérité, d’expliquer les faits clairement et objectivement, et de présenter des points de vue et des opinions équilibrés et impartiaux. Ils doivent rendre compte au public de chaque information qu’ils divulguent.