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Une étude inédite révèle les efforts déployés dans les pays du Sud afin de lutter contre les désordres de l'information

6 avril 2022
Une étude s'étalant sur 18 mois récemment publiée révèle les personnes et les approches utilisées pour lutter contre les désordres de l'information dans les pays du Sud. Financée par le CRDI, l'étude cerne les succès, les défis et les domaines de recherche à venir.
Une illustration représente une femme devant une urne, qui a les yeux bandés et est ligotée par la mésinformation.
Lauren Walker/Truthout
Un effet négatif des désordres de l'information est qu'il réduit la capacité d'une personne à participer librement et utilement aux processus démocratiques.

Qu'il s'agisse d'équipes de vérificateurs de faits indépendants en Amérique latine, de décideurs politiques en Afrique et au Moyen-Orient ou de spécialistes de l'éducation aux médias en Asie, des organismes et des mouvements dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire (PFR-PRI) se lèvent pour lutter contre le problème des « fausses nouvelles ».    

Meeting the Challenges of Information Disorder in the Global South explore les méthodes utilisées par les populations afin de relever les défis auxquels elles sont confrontées, en accordant une attention particulière à la manière dont la pandémie de COVID-19 a exacerbé le problème. Cette étude novatrice rassemble des chercheurs de tous les pays du Sud dans le cadre d'un projet de collaboration visant à évaluer et à cartographier les efforts déployés pour lutter contre la mésinformation.    

Les désordres de l'information dans le monde ont donné lieu à un paysage de recherche à la fois florissant et complexe, qui comprend l'analyse de questions allant de la manipulation des élections et de la politique populiste aux questions de confiance dans les médias et aux implications pour le journalisme. « Il s'agit d'une recherche vraiment novatrice, qui arrive à un moment très important, alors que les démocraties s'efforcent de relever les défis complexes que pose l'influence de la mésinformation sur notre sphère publique numérique », a indiqué Caroline Ford, directrice de l'équipe Gouvernance démocratique et inclusive du CRDI.    

Les désordres de l'information sont générés par la prévalence croissante de la mésinformation, de la désinformation et de la malinformation dans la sphère publique et dans les médias sociaux. Ces termes sont définis ainsi :   

  • Mésinformation : fausse information qui est communiquée, mais sans intention de nuire. 

  • Désinformation : fausse information qui est sciemment communiquée afin d'induire en erreur ou causer du tort. 

  • Malinformation : lorsqu'une information, qu'elle soit factuelle ou fausse, est communiquée afin de causer du tort, souvent en déplaçant dans la sphère publique des informations destinées à rester privées. 

Toutes les mésinformations peuvent être nuisibles, mais en raison de l'intention et de la manière dont elles se manifestent, les malinformations constituent un problème particulièrement grave en raison des répercussions nuisibles directes et intentionnelles qu'elles peuvent avoir sur une personne, un organisme ou un pays. Il s'agit d'actions telles que le harcèlement en ligne, les discours haineux, la diffusion non consensuelle d'images intimes, la création de canulars photographiques, vidéo et audio (hypertrucages), les fuites de courriels ou la divulgation de données personnelles comme l'adresse. 

Même si les désordres de l'information sont un problème répandu dans les pays du Sud, la recherche est encore dominée par des théories et des études de cas tirées d'expériences récentes dans les pays du Nord. Cette étude vise à combler certaines de ces lacunes en matière de compréhension et à trouver des domaines où davantage de recherches sont nécessaires. 

Selon Herman Wasserman, de l'Université du Cap, qui a dirigé l'étude, « l'accès à des informations de qualité est vital pour permettre aux citoyens de participer aux processus démocratiques. Cela est particulièrement important dans les pays du Sud, où de nombreuses démocraties sont fragiles, l'accès aux ressources numériques est inégalement réparti et les médias indépendants sont souvent sous pression. Dans ces contextes, les désordres de l'information peuvent miner davantage la gouvernance démocratique et l'action civique. Cette étude nous aide à comprendre comment les organisations de la société civile des pays du Sud peuvent contribuer à lutter contre les désordres de l'information et à soutenir une information fiable et digne de confiance. » 

Le rapport est le résultat d'un projet financé par le CRDI et dirigé par Herman Wasserman, qui a travaillé en collaboration avec des équipes de Research ICT Africa (couvrant l'Afrique subsaharienne), InternetLab (couvrant l'Amérique latine et les Caraïbes), LIRNEasia (couvrant l'Asie) et Arab Reporters for Investigative Journalism (couvrant le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord).