Lecture hebdomadaire : Recherche mondiale sur la COVID-19

25 mai 2020

Le CRDI produit une chronique hebdomadaire de documents en ligne annotés en vue d’éclairer sa propre réponse à la pandémie de COVID-19. Afin de mettre en commun nos connaissances avec nos collègues du monde entier, ces chroniques seront accessibles chaque semaine sur notre site Web.

IDRC/CRDI

Ces chroniques auront une portée mondiale et présenteront des renseignements liés à la COVID-19 qui pourraient être d’intérêt pour les chercheurs et les praticiens du développement international. Les documents seront organisés par grands axes géographiques et thématiques, notamment le genre, les retombées économiques, les systèmes de santé, la technologie, la mobilisation des données, et plus encore. Les articles seront diffusés dans la langue dans laquelle ils ont été publiés initialement. 

Bien que le CRDI considère ces chroniques hebdomadaires comme étant informatives, il n’en approuve pas le contenu et n’en confirme pas l’exactitude. Les lecteurs sont invités à faire preuve de discernement et à communiquer avec la publication source s’ils ont des questions ou des observations. 

Condensé du CRDI : Ressources en ligne sur la COVID-19 (à partir du 22 mai 2020)

Remarque : Un * indique un partenaire ou un bénéficiaire de subvention du CRDI et ‡ indique un article publié en français ou en espagnol.

Afrique

Dans The Lancet Voice, Yap Boum, de Médecins Sans Frontières, et Zoe Mullan, rédactrice en chef de The Lancet Global Health, abordent les défis spécifiques auxquels l’Afrique subsaharienne est confrontée dans sa lutte contre la pandémie. Une enquête transversale rapide en ligne* a évalué la gravité perçue de la COVID-19 parmi la population adulte en Gambie, ce qui peut guider les stratégies de communication pour la santé publique. Les effets de la pandémie sur l’éducation sont extrêmement préoccupants en Afrique. Dans une enquête concernant les effets de la COVID-19 sur l’enseignement supérieur* au Kenya, le partenaire du CRDI, l’Institut Mawazo, a précisé que les femmes et les répondants en milieu de carrière étaient les plus susceptibles d’être touchés. Alors que l’on recherche des technologies mobiles basées sur le Web pour faciliter l’éducation dans des conditions de confinement obligatoire, des débats sur le rôle des « techniques d’éducation » ont vu le jour, avec des données contradictoires sur son efficacité et son taux d’adoption en Afrique. Le Forum économique mondial propose que la jeunesse et la technologie soient les moteurs de la réponse de l’Afrique à la COVID-19. Dans ce blogue,* les auteurs discutent des mesures politiques visant à réduire les pertes de revenus des employés du secteur formel en raison de la réduction des heures de travail et des salaires due à la pandémie.

Le Fonds de recherche d’intervention rapide contre la COVID-19 en Afrique a été lancé cette semaine par la National Research Foundation d’Afrique du Sud, en partenariat avec l’Initiative des conseils subventionnaires de la recherche scientifique en Afrique subsaharienne, le ministère des Sciences et de l’Innovation de l’Afrique du Sud, le CRDI, le Fonds de recherche du Québec, l’Agence suédoise de coopération internationale au développement, le Department for International Development du Royaume-Uni, le United Kingdom Research and Innovation par l’intermédiaire du Newton Fund, et les conseils participant à l’Initiative des conseils subventionnaires de la recherche scientifique dans 15 pays d’Afrique subsaharienne. Le Fonds vise à contribuer à l’intervention régionale et continentale de l’Afrique contre la pandémie de COVID-19 et couvre trois volets : 1) la recherche, 2) la mobilisation scientifique : appel aux journalistes et communicateurs dans le domaine de la science et de la santé, et 3) la mobilisation scientifique : appel aux conseillers scientifiques.

Asie

Le 12 mai, l’Inde a annoncé d’importantes mesures de stimulation représentant 10 % du PIB du pays, qui comprennent des mesures d’incitation en faveur d’une production nationale. Le 20 mai, le cyclone Amphan a frappé l’est de l’Inde et le Bangladesh, dévastant les villages côtiers et laissant des millions de personnes sans électricité; les précautions prises dans le cadre de COVID-19 ont compliqué l’exécution des procédures d’évacuation et de secours. Découvrez l’intervention de la Malaisie contre la COVID-19 et le rôle de ses travailleurs migrants. Nay Yan Oo a travaillé avec des étudiants de l’Université de Yangon pour comparer les politiques de confinement obligatoire dans plusieurs pays afin de comprendre les répercussions politiques pour le Myanmar. Dans cet article, cinq recommandations politiques sur l’âge et le genre, à prendre en compte dans la lutte contre la COVID-19, sont présentées pour éviter de nouveaux revers sur la voie de l’égalité des genres en Asie. L’Asia Research Institute, basé à Singapour, a lancé un blogue de recherche pour la conservation des contenus à l’intersection de la COVID-19 et des communautés religieuses en Asie.

Amérique latine et Caraïbes

The Guardian fait état de la pression exercée sur les systèmes de santé d’Amérique latine, le Brésil et le Pérou étant durement touchés par la pandémie. Au Chili, les manifestants et la police s’affrontent à propos de la pénurie de nourriture pendant la période de confinement obligatoire. Le directeur de l’Organisation panaméricaine de la santé a appelé à un meilleur accès à des mesures de santé publique efficaces, et à d’autres priorités, afin de mieux servir les populations vulnérables des Amériques. Carolina Trivelli, chercheuse principale à l’institut d’études péruviennes et ancienne ministre du Développement et de l’Inclusion sociale au Pérou, écrit* que l’amélioration de l’inclusion financière des femmes est essentielle, car elle garantit l’accès à un soutien d’urgence lors de pandémies telles que la COVID-19. L’UNESCO a organisé un webinaire avec les ministres de l’Éducation de la région, pour discuter des considérations relatives à la réouverture des écoles en fonction des données du secteur de la santé publique. Un nouveau rapport conjoint de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes et de l’Organisation internationale du travail analyse les défis du travail en Amérique latine dans la foulée de la COVID-19; le rapport complet et des renseignements supplémentaires sont disponibles ici. Un nouveau groupe d’experts d’Amérique latine* a pour objectif d’échanger des idées et des connaissances sur l’impact socio-économique de la COVID-19 dans la région et de soutenir les gouvernements dans la conception des interventions qui protègent la santé et les moyens de subsistance des populations, et qui favorisent une plus grande équité. Cette étude de cas et ce protocole évalués par des pairs et publiés dans The Lancet, étudient l’isolement collectif volontaire comme moyen de lutter contre la COVID-19 pour les populations autochtones de l’Amazonie bolivienne.

Moyen-Orient et Afrique du Nord

Un article d’opinion examine en profondeur les problèmes auxquels les femmes libyennes sont confrontées alors qu’elles sont coincées entre le conflit et la pandémie, en soulignant l’importance de soutenir des interventions intégrant la dimension sexospécifique en temps de crise dans des contextes fragiles. L’Initiative arabe de réforme* analyse les interventions du gouvernement et du secteur privé face à la COVID-19 dans le contexte des défis économiques et sociaux de la Tunisie, ainsi que les relations entre l’État et les entreprises existantes, et propose des suggestions pour protéger les communautés vulnérables et soutenir les nouvelles initiatives de solidarité à l’échelle locale. L’Université libano-américaine* organise une série de webinaires intitulée « Knowledge Unlocked » (le savoir accessible), avec un épisode le 28 mai qui traitera des répercussions socio-économiques de la COVID-19 à l’échelle mondiale, régionale et locale. Cet article présente le National Institute for Solidarity with Women in Distress, l’une des nombreuses organisations non gouvernementales locales au Maroc qui ont intensifié leurs efforts humanitaires pour aider les plus vulnérables à faire face aux conséquences économiques de la pandémie. The Guardian se rend au sud, à Pétra, site historique classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, et documente l’impact de la COVID-19 sur le secteur du tourisme, les effets de ricochet qu’elle a eu sur les personnes et les communautés voisines qui dépendent du tourisme, et l’intervention du gouvernement jordanien pour soutenir un secteur en difficulté.

Sécurité alimentaire

La Banque mondiale a annoncé un programme d’intervention de 500 millions de dollars américains pour aider les agriculteurs, les éleveurs et les ménages ruraux vulnérables en Afrique et au Moyen-Orient à surmonter le double impact de la COVID-19 et les pires invasions de criquets observées depuis des décennies. Le Centre international de la pomme de terre a publié une entrevue qui aborde la manière dont la COVID-19 touche les systèmes alimentaires en Asie. Un article* co-écrit par Ulbad P. Tougan, bénéficiaire d’une subvention du CRDI, soutient qu’il est nécessaire que les pays subsahariens adoptent des mesures préventives contre la malnutrition et la famine causées par la pandémie, en encourageant par exemple une alimentation saine et équilibrée, une meilleure hygiène alimentaire, l’intensification de la production agricole et alimentaire et une meilleure gouvernance de la nutrition et de la sécurité alimentaire.

Systèmes et réponses en matière de santé

Ce rapport spécialisé, commandé par le British Medical Journal, étudie comment les interventions en matière de soins de santé contre la COVID-19 peuvent aggraver la menace des bactéries résistantes aux antimicrobiens et autres superbactéries, car de nombreux patients admis à l’hôpital avec la COVID-19 reçoivent des antibiotiques pour contrôler les infections bactériennes secondaires. Ce billet de blogue,* co-écrit par Chimaraoke Izugbara, bénéficiaire d’une subvention du CRDI, appelle à une action plus forte contre les fausses allégations de traitement de la COVID-19, qui retardent la recherche de traitement et encouragent des comportements imprudents pouvant entraîner la mort. Il invite les pays et les organismes de santé nationaux à intégrer les guérisseurs traditionnels, les chefs religieux et les chefs de communauté dans leurs stratégies d’intervention face à la COVID-19. Un commentaire paru dans The Lancet appelle à une action forte et rapide contre la violence croissante à l’encontre des travailleurs de la santé dans le monde. Les raisons de cette violence varient selon le contexte; toutefois, selon les auteurs, étant donné que les travailleurs de la santé n’ont pas reçu d’équipement de protection individuelle ou bénéficié d’autres mesures de sécurité de manière adéquate, des milliers d’entre eux ont contracté le virus et sont donc perçus comme des risques pour la santé publique. Cela a engendré des violences à l’encontre des travailleurs de la santé, exacerbant le stress et l’épuisement professionnel déjà sans précédent qu’eux-mêmes et leurs familles subissent pendant cette pandémie.

Données, surveillance et intelligence artificielle

La Surgo Foundation a créé un tableau de bord, à l’aide des données de Google Maps, pour faire un suivi de l’éloignement social en temps réel. Cet outil vise à aider les gouvernements à comprendre comment leurs populations réagissent au confinement obligatoire, à aider les chercheurs à déterminer les répercussions de l’éloignement social sur la propagation de la maladie, et à aider les organisations non gouvernementales et le secteur privé à orienter les ressources vers les zones qui risquent fortement d’augmenter le nombre de cas parce que les gens ne suivent pas les règles de distanciation. Cette lettre au courrier des lecteurs décrit les différents rôles que joue l’intelligence artificielle dans la lutte contre la pandémie, et souligne que son rôle est sensiblement plus important pendant la période de COVID-19 par rapport aux pandémies précédentes. Parallèlement, une lettre au courrier des lecteurs de l’American Journal of Bioethics décrit de manière exhaustive les multiples défis éthiques liés à l’utilisation de la technologie pour la détection précoce des cas à l’échelle de la population, et demande l’établissement d’un cadre éthique pour l’épidémiologie numérique et les interventions technologiques visant à soutenir la recherche des contacts dans les situations d’urgence en matière de santé publique. Ce document de réflexion du Forum Network de l’OCDE analyse de quelle manière la crise de la COVID-19 a démontré l’importance de la résilience et de la qualité des réseaux, et appelle les gouvernements à saisir cette occasion pour définir et mettre en oeuvre des politiques visant à garantir que chacun puisse accéder aux avantages de la numérisation.

Développement et recherche

La Dre Gina Crivello*, partenaire du CRDI, analyse un éventail de répercussions sociétales secondaires de la pandémie sur les jeunes des pays à revenu faible et moyen, qui pourraient exacerber les inégalités existantes. Le Programme des Nations Unies pour le développement indique que le développement humain est en passe de reculer cette année, pour la première fois depuis 1990, et propose des interventions clés telles que la réduction du fossé numérique pour soutenir l’apprentissage continu. La publication complète portant sur la COVID-19 and Human Development est disponible ici. Le World Resources Institute a organisé un webinaire visant à recueillir les avis d’experts sur la manière de « reconstruire en mieux » en augmentant la résilience des populations vulnérables. Cet article de revue complet, paru dans Ethnobiology and Conservation, explore une approche éthique d’intégration de la recherche et des systèmes de connaissances pour offrir des interventions globales contre la COVID-19. Dans le même temps, un article paru dans Science aborde la difficulté des scientifiques à suivre le rythme sans précédent auquel sont publiés les nombreux documents de recherche sur la COVID-19. Pour y remédier, des centaines d’équipes dans le monde entier travaillent sur l’une des deux stratégies suivantes : créer des séries de documents facilement accessibles, y compris quelques séries soigneusement conservées conçues pour mettre en évidence les documents pertinents, et élaborer des outils de recherche automatisés qui utilisent les technologies d’intelligence artificielle pour obtenir l’essentiel.

Impact économique, mesures budgétaires et financement de l’intervention à l’échelle mondiale

L’anthropologue Arjun Appadurai prédit que la mondialisation ne s’arrêtera pas avec la pandémie, mais certaines de ses caractéristiques pourraient changer et même s’approfondir, car le modèle mondialisé de collaboration entre entreprises s’inscrit dans la lutte contre la pandémie, de la production d’équipements de protection à la recherche et au développement de vaccins. Le rôle des banques centrales, la théorie monétaire moderne et la dette nationale sont réévalués dans le contexte du financement des interventions en cours contre la pandémie dans le monde entier, en particulier dans les pays en développement où la marge de manoeuvre budgétaire est limitée pour mettre en oeuvre les importantes mesures de stimulation et de soutien économique adoptées par les pays développés. Cette marge de manoeuvre limitée met en évidence la nécessité d’établir des mesures d’intervention adaptées au contexte dans des régions en développement qui tiennent compte des coûts et des compromis, plutôt que de simplement reproduire les interventions des pays développés. Le lien entre la pandémie et les changements climatiques continue d’être étudié, car les chocs climatiques, les maladies et les effets économiques des mesures d’intervention semblent s’aggraver mutuellement, et la nécessité de mettre en place des stratégies de préparation aux risques aggravés devient de plus en plus évidente.

Sexospécificité

Données

Le centre de données sexospécifiques d’ONU Femmes, Women Count, a publié ce mois-ci deux articles sur les données sexospécifiques. Le premier détaille la manière dont la COVID-19 expose les dures réalités des inégalités sexospécifiques dans les bidonvilles, les femmes âgées de 15 à 49 ans étant surreprésentées dans les bidonvilles urbains et les milieux assimilables à des bidonvilles dans 80 % des 59 pays en développement. En ce qui concerne l’accès à l’emploi, aux services de santé, à un logement sûr et l’achèvement de leurs études, ces femmes ont tendance à être plus mal loties que leurs homologues masculins des bidonvilles et que leurs homologues féminines ne vivant pas dans des bidonvilles. La COVID-19 et ses conséquences ne devraient qu’aggraver ces résultats et accroître l’extrême pauvreté. Le second propose que les décideurs politiques se concentrent sur trois priorités clés pour contenir l’impact de la COVID-19 sur les travailleuses informelles, à savoir : étendre l’accès à la protection sociale, garantir les droits et la sécurité des travailleurs informels essentiels et soutenir les organisations de travailleurs informels.

Répercussions différentes

Au début de ce mois, le Département des affaires économiques et sociales de l’ONU a publié un exposé de politiques concernant les répercussions de la COVID-19 sur les femmes et les filles handicapées, en fournissant des conseils aux gouvernements et aux autres parties prenantes pour qu’ils adoptent des mesures inclusives et accessibles afin d’atténuer ces répercussions. Un commentaire publié dans l’International Journal for Equity in Health décrit les nouvelles tendances qui montrent que les travailleuses de la santé en milieu humanitaire pourraient courir un risque plus élevé pendant cette pandémie; en effet, des rapports font état de harcèlement ou d’expulsion des travailleuses de la santé de première ligne, tandis que les déséquilibres sexospécifiques révèlent que les travailleurs sont prioritaires pour les équipements de protection individuelle. Étant donné que le personnel humanitaire de première ligne est principalement composé de femmes, leurs voix et leurs besoins doivent être adéquatement représentés et placés en priorité dans les politiques organisationnelles et dans la planification des interventions. Un document d’information du Centre for Economic Performance de la London School of Economics and Political Science analyse les données d’enquête du Royaume-Uni afin de tirer des leçons concernant le travail effectué, les soins et la sexospécificité en période de COVID-19. Il constate que les femmes sont plus susceptibles de déclarer une perte d’emploi par rapport aux hommes pendant la crise, ce qui laisse entendre que les possibilités de travail à distance ne compensent que partiellement l’exposition différentielle des hommes et des femmes au confinement obligatoire. En raison de la fermeture des garderies et des écoles, les femmes sont également susceptibles de prendre davantage en charge les besoins accrus en matière de garde d’enfants.

Dans le même temps, l’Organisation mondiale de la Santé a publié un document de plaidoyer sur le genre et la COVID-19, avec six demandes principales à l’attention des États membres : 1) collecter des données ventilées par sexe et par âge sur la COVID-19; 2) inclure les mesures concernant la violence contre les femmes comme un service essentiel dans les interventions face à la COVID-19; 3) maintenir la disponibilité et l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive; 4) prendre en compte les besoins spécifiques des femmes qui constituent la majorité des travailleurs sociaux et de santé de première ligne; 5) supprimer les obstacles financiers et autres aux services de dépistage et de traitement de la COVID-19, en les rendant gratuits au point d’utilisation; et 6) souligner que la santé est un droit humain, veiller à ce que les interventions d’urgence face à la COVID-19 soient inclusives et non discriminatoires, et éviter un recours excessif aux pouvoirs d’urgence pour réglementer la vie quotidienne.

Condensé du CRDI : Ressources en ligne sur la COVID-19 (à partir du 15 mai 2020)

Remarque : Un * indique un partenaire ou un bénéficiaire de subvention du CRDI et ‡ indique un article publié en français ou en espagnol.

Afrique

Le Partnership for Evidence-Based Response to COVID-19 (partenariat pour une intervention fondée sur des données probantes contre la COVID-19), qui est un consortium d’organisations mondiales de santé publique et d’entreprises du secteur privé, réunit dans ce rapport les résultats d’une enquête menée entre le 29 mars et le 17 avril dans 28 villes de 20 États membres de l’Union africaine. Le document fait la synthèse des mesures épidémiologiques relatives à la transmission de la maladie, des indicateurs liés aux mouvements de population et de l’agitation, entre autres, qui fournissent un aperçu unique des conditions de base en Afrique pendant cette pandémie qui évolue rapidement. Il est nécessaire de prêter attention aux besoins spécifiques du continent, y compris les risques liés aux réfugiés* et aux établissements urbains informels, où l’accès à la nourriture, à l’eau et à des installations d’assainissement est déjà difficile. De nouvelles stratégies conçues pour équilibrer les mesures visant à contenir le virus et à soutenir les personnes vulnérables voient le jour et sont peaufinées, notamment des orientations politiques* auxquelles contribuent des bénéficiaires de subventions du CRDI. L’évolution des politiques frontalières, y compris les fermetures imposées par 25 pays africains pendant 10 jours en mars, fait l’objet d’une analyse par les bénéficiaires de subventions du CRDI à l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) qui recommandent de réexaminer les couvre-feux* et les fermetures impératives qui peuvent mettre en péril la sécurité alimentaire, et toucher particulièrement les plus vulnérables.

Asie

The Diplomat étudie l’impact de la pandémie sur l’initiative chinoise Belt and Road. Cette synthèse évaluée par des pairs présente les conséquences de la COVID-19 sur le secteur agroalimentaire et les interventions stratégiques qui en résultent dans les pays de l’Asian Productivity Organization. Cet article examine l’impact que pourrait avoir la COVID-19 sur le secteur de l’énergie en Asie. Dentons a publié des aperçus détaillés, pays par pays, des répercussions sur le secteur du commerce de détail, y compris ceux de la Chine et de Singapour. Le Forum économique mondial (FEM) et le Fonds monétaire international (FMI) soulignent l’émergence d’un ensemble d’interventions stratégiques ciblant le secteur informel et susceptibles d’apporter une « nouvelle donne » aux travailleurs informels d’Asie. Le Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe a compilé une série de webinaires sur la COVID-19 propres à la région ainsi qu’une grande variété d’exposés de politiques, notamment une publication et un webinaire correspondant portant sur le double défi à relever, à savoir les catastrophes liées au climat et la COVID-19 dans la région Asie-Pacifique. Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a publié un rapport détaillé sur les répercussions socio-économiques de la COVID-19 sur la région Asie-Pacifique, qui aborde les chaînes de valeur, les crises sociales, les impacts sexospécifiques et l’instabilité financière.

Amérique latine et Caraïbes

Une compilation des mesures économiques visant à atténuer l’impact de la COVID-19 en Amérique latine est disponible auprès de Latin Finance. Ce billet de blogue de l’OCDE plaide en faveur de politiques microéconomiques adaptées au milieu et aux groupes afin de réparer les dommages causés aux marchés du travail dans la région. Cet article de l’International Journal for Equity in Health décrit les défis spécifiques auxquels sont confrontées les communautés autochtones d’Amérique latine et présente des recommandations politiques. La Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC) appelle les gouvernements de la région à fournir un revenu d’urgence de base à toute la population vivant dans la pauvreté en 2020, entre autres mesures coordonnées à moyen et long terme pour contrer l’impact social de la crise. La COVID-19 représente une menace majeure pour les États des Caraïbes qui doivent atteindre les objectifs de développement durable d’ici 2030, déclare le secrétaire exécutif de la CEPALC. Le PNUD publie une série d’exposés de politiques visant à promouvoir une réflexion collective sur la réponse à la pandémie, en mettant particulièrement l’accent sur le Venezuela, le Honduras, le Pérouet l’Argentine. Le FEM indique en particulier que le Costa Rica est devenu l’une des nations les plus performantes dans la lutte contre la COVID-19.

Moyen-Orient et Afrique du Nord

Dans son numéro du printemps 2020 du Iraq Economic Monitor, la Banque mondiale examine les récents développements économiques et politiques en Iraq et met en lumière certains des principaux problèmes de politiques macroéconomiques auxquels le pays est confronté dans sa gestion d’un certain nombre de défis, notamment la pandémie de COVID-19. Alors que le Liban entre dans l’état de confinement obligatoire et en sort, Human Rights Watch a publié un rapport appelant le gouvernement à mieux aider les personnes handicapées. Une entrevue publiée par le Lebanon Centre for Policy Studies*, partenaire du CRDI, propose des suggestions sur la manière de renforcer l’État-providence du Liban et d’atténuer tout autre fardeau socio-économique qui pèse sur les pauvres. Le 21 mai, un webinaire organisé par Lawyers for Justice in Libya et openDemocracy abordera la manière dont les Libyens peuvent lutter contre la pandémie et le conflit armé en cours, et le rôle que peut jouer le droit international. Mada Masr brosse le portrait des ambulanciers paramédicaux en première ligne dans la lutte contre la COVID-19 en Égypte et de leur combat pour l’amélioration des filets de sécurité sociale. Cette courte vidéo montre comment une famille de vendeurs de jus de tamarin en Syrie continue à gérer sa production et ses ventes malgré le coronavirus et le conflit en cours. L’Algérie produit des trousses de dépistages rapides de la COVID-19. Selon le gouvernement, le temps de détection de ces trousses est de 15 minutes et la capacité de production est de 200 000 unités par semaine. Le gouvernement australien a accordé une contribution supplémentaire à ONU Femmes en réponse à la COVID-19 afin de fournir des moyens de subsistance aux femmes réfugiées jordaniennes et syriennes vulnérables.

Sécurité alimentaire

L’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo et l’ancien premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn Boshe ont co-écrit un article sur l’importance de maintenir le commerce agricole avec l’Afrique, puisque 65 % de l’emploi sur le continent dépend des activités agricoles et des exportations et importations de cultures connexes. Les auteurs préviennent que le manque d’accès au marché et aux intrants risque d’accroître encore davantage l’insécurité alimentaire des petites exploitations agricoles d’Afrique en raison des interruptions du marché causées par la pandémie. Les effets des changements climatiques ont déjà eu des répercussions négatives sur plus de 3,5 milliards de personnes dans le monde qui dépendent de la production de riz et de l’accès à ce produit alimentaire. Cet article du PNUE explique comment la COVID-19 a renforcé le rôle essentiel de la production de riz pour assurer la sécurité alimentaire mondiale tout en luttant contre les changements climatiques, et ce que fait la Plateforme pour le riz durable pour aider les agriculteurs en ces temps difficiles. Dans le contexte de la pandémie et de ses répercussions sur les systèmes alimentaires, l’IFPRI a publié son Rapport 2020 sur les politiques alimentaires mondiales* qui détaille sa vision d’un système alimentaire mondial inclusif. La première section du rapport se concentre sur l’amélioration de l’accès des petites exploitations agricoles et des femmes aux intrants et aux marchés, en particulier en Afrique, et la deuxième section adopte une approche plus régionale avec des suggestions pour parvenir à un système alimentaire équitable. Le Rapport sur la nutrition mondiale 2020 présente une nouvelle analyse démontrant que les modèles mondiaux et nationaux ne reflètent pas les inégalités constatées au sein des pays, les plus vulnérables étant les plus touchés par la malnutrition. Bien que le rapport ait été rédigé avant l’éclosion de la COVID-19, il souligne la réalité selon laquelle les personnes sous-alimentées et mal nourries ont un système immunitaire plus faible et sont plus à risque de tomber gravement malades en raison du virus. Le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM) a récemment organisé un dialogue virtuel entre le président du CRDI, Jean Lebel, et le directeur exécutif du Programme alimentaire mondial, David Beasley, sur la façon dont la crise alimentaire mondiale est exacerbée par la COVID-19.

Systèmes et réponses en matière de santé

Un document portant sur le point de vue des milieux universitaires dans The Lancet, en particulier, cherche à déterminer si les stratégies actuelles — dans le cadre desquelles les politiques jugées nécessaires pour les pays riches les plus durement touchés deviennent un message passe-partout pour tous les pays luttant contre la COVID-19 — ne sont pas en train de subvertir deux principes fondamentaux de la santé mondiale : que le contexte a de l’importance et que la justice sociale et l’équité sont primordiales. Les auteurs s’interrogent sur la pertinence de l’application des stratégies des pays riches à des pays n’ayant pas autant de ressources et possédant des structures démographiques distinctes, des besoins de santé publique très différents, des ressources de santé immensément réduites, une gouvernance moins participative, des inégalités massives au sein du pays et des économies fragiles. Ils notent que l’effet d’une approche passe-partout pour faire face à la COVID-19 s’est non seulement révélé inéquitable, mais que l’approche est également susceptible d’accroître les inégalités à long terme.

Pendant ce temps, la pandémie change le visage et le dynamisme des systèmes de santé dans le monde entier. Reuters a publié une série de graphiques dans un rapport sur les lacunes des systèmes de santé africains en matière de capacité à faire face à la pandémie. Ce document de l’OCDE se concentre sur la contribution des médecins et des infirmières migrants aux systèmes de santé de l’OCDE et sur la manière dont les pays de l’OCDE ont adapté la reconnaissance des diplômes étrangers pour mobiliser d’autres médecins et infirmières titulaires de diplômes étrangers en réponse à la COVID-19. Il souligne également l’impact potentiel sur les pays d’origine, dont certains manquaient déjà fortement de travailleurs de la santé qualifiés avant la pandémie, et la nécessité d’une mesure à l’échelle mondiale pour remédier à la pénurie de travailleurs de la santé. Cet article dans The Lancet décrit la vaste réorganisation du système de santé en France, qui a coordonné les efforts entre les soins primaires hospitaliers et communautaires afin de maintenir des services de santé adéquats dans les zones défavorisées pendant une période de grande tension. Le 12 mai, le gouvernement canadien a promis 600 millions de dollars canadiens pour la troisième reconstitution des ressources de Gavi, l’Alliance du Vaccin, et s’est engagé à verser 47,5 millions de dollars canadiens par an pendant quatre ans pour soutenir l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite.

Données, surveillance et intelligence artificielle

Human Rights Watch a publié un document questions-réponses sur les données mobiles de localisation dans le contexte de la COVID-19, qui analyse les différentes manières dont les gouvernements utilisent la géolocalisation et les informations de proximité des téléphones portables et d’autres appareils, ainsi que le risque que cela représente pour les droits relatifs à la vie privée. Le document explique comment cette technologie a été employée par la Chine, Israël, la Corée du Sud, les États-Unis et d’autres gouvernements. Il émet des recommandations et des orientations permettant d’évaluer les risques pour les droits humains que comporte tout outil numérique ou programme utilisant les données mobiles de localisation. Pendant ce temps, Reuters présente un rapport sur la course des technologues et des responsables de la santé du monde entier afin de développer des applications pour téléphones intelligents permettant d’effectuer des recherches de contact pour lutter contre la COVID-19. CNET explore comment la COVID-19 pourrait entraîner l’établissement d’une nouvelle norme pour la surveillance et la vie privée, car l’avenir de la surveillance dans la vie quotidienne sera décidé dans les prochaines années, la sécurité publique et la COVID-19 étant le moteur du débat. Un article d’opinion aborde la propagation de la technologie de reconnaissance faciale en pleine pandémie, tandis que les différentes approches réglementaires des différentes administrations ont semé la confusion alors que nous travaillons en terrain inconnu.

Développement et recherche

Ce billet du blogue Development Policy examine l’impact que pourrait avoir la COVID-19 sur le secteur du développement international. Une série de webinaires du PNUD concernant l’influence de la pandémie sur la coopération internationale et le développement international, auxquels participent des experts de think tanks des pays du Sud et du Nord, est disponible. Une enquête de Devex a révélé que certains professionnels du développement anticipent une réduction de l’aide étrangère; elle souligne par ailleurs un certain nombre de mesures que les donateurs devraient prendre pour mieux coordonner les financements actuels. L’Overseas Development Institute soutient que les gouvernements devraient procéder à une « reconstruction plus écologique » pour assurer la durabilité à long terme.

Impact économique, mesures budgétaires et financement de l’intervention à l’échelle mondiale

L’Institute for Development Studies a examiné les réformes de la gestion des finances publiques (GFP) introduites dans les pays en développement pendant la crise financière asiatique, la crise financière mondiale et la crise liée au cours des produits de base, en évaluant le rôle de la GFP dans la mise en place de mesures de stimulation économique efficaces et transparentes, et en abordant la pertinence des conclusions dans le contexte de la COVID-19. Un article du blogue du FMI examine les répercussions économiques du confinement obligatoire et les différentes stratégies utilisées par les pays d’Asie et d’Europe pour la reprise de l’activité économique; un autre article propose des recommandations de politique fiscale pour la reprise après la COVID-19. Dans un autre registre, cet article examine dans quelle mesure la pandémie et l’effacement de la division et de la hiérarchie traditionnelles du travail qu’elle a momentanément entraîné, nous obligent à nous interroger sur les fondements du travail peu qualifié et à voir plus clairement la nature racialisée et sexospécifique de ce que nous considérons comme un travail non qualifié – pourtant essentiel.

Sexospécificité

Violence fondée sur le sexe

Un éditorial du BMJ donne un aperçu des processus de risque liés à la violence fondée sur le sexe (VFS) pendant la pandémie et indique comment les systèmes de santé devraient répondre à l’épidémie parallèle de violence contre les femmes. Il appelle notamment les gouvernements à inclure des services essentiels permettant de faire face à la violence contre les femmes dans les plans d’intervention contre la COVID-19, à leur fournir des ressources et à déterminer des stratégies pour les rendre accessibles lors des mesures d’éloignement physique. Un article de The Conversation s’appuie sur l’étude liée aux conséquences de l’épidémie d’Ebola sur la VFS et précise que, d’après les recherches, les groupes de femmes indépendants sont le facteur le plus important dans la lutte contre la violence envers les femmes et les filles. Dans cette optique, il propose que les femmes et les filles participent au développement et la prestation de services pendant la COVID-19.

Politique et recherche

CoreWoman, partenaire du CRDI, offre une série d’exposés de politiques et de webinaires* portant sur les répercussions de la pandémie sur les femmes, notamment son exposé de politiques* le plus récent sur la façon dont la COVID-19 touche les secteurs économiques dans lesquels travaillent majoritairement des femmes en Colombie, tels que les hôtels et les restaurants, ainsi que les services domestiques et de beauté.

Les Instituts de recherche en santé du Canada financent un projet de recherche au LSE qui permettra de réaliser une analyse sexospécifique multidimensionnelle en temps réel des mécanismes de préparation et d’intervention, en fournissant des preuves immédiates afin d’éclairer les interventions de santé publique. La recherche, qui se déroulera en Chine, à Hong Kong, au Royaume-Uni et au Canada, vise à renforcer les efforts déployés pour atténuer les conséquences socio-économiques de l’épidémie et à guider les interventions opérationnelles par la mise au point d’outils pratiques, tels que la COVID-19 Gender Matrix (matrice des indicateurs sexospécifiques en période de COVID-19), afin de sensibiliser les personnes aux inégalités entre les sexes et d’y remédier en temps réel.

Reconstruire un monde plus égalitaire entre les sexes

Le FEM a demandé que l’autonomisation des femmes soit placée au coeur de la reprise mondiale après la pandémie, d’autant plus que les répercussions économiques à long terme de la pandémie risquent également de toucher de manière disproportionnée la vie productive des femmes par rapport à celle des hommes. Les besoins et contributions spécifiques des femmes en tant que travailleuses, propriétaires d’entreprises et entrepreneuses doivent être mieux compris et pris en compte lors de l’élaboration de mesures visant à relancer l’économie. Tous les aspects, qu’il s’agisse de l’accès aux programmes de sauvetage financier, au crédit et aux prestations de chômage ou de la suppression des obstacles qui empêchent les femmes d’exercer des emplois plus qualifiés et mieux rémunérés, doivent être pris en compte pour que la relance économique soit efficace, inclusive et durable. Women Deliver a publié 10 recommandations en vue de construire un monde plus fort et plus égalitaire entre les sexes après la pandémie, en donnant la priorité aux soins de santé primaires et à la couverture santé universelle fondée sur l’égalité des genres et les droits de la personne, notamment la santé et les droits sexuels et reproductifs, et en les finançant. Parallèlement, un commentaire figurant dans le BMJ Global Health note que le manque actuel de diversité et de représentation des sexes dans la prise de décision dans le cadre de la lutte contre la COVID-19 et le rétablissement signifie que les perspectives de certaines des communautés les plus vulnérables sont laissées de côté. Outre sa nature éthique, la prise de décision diversifiée et soucieuse de l’égalité des sexes entraînera des retombées en termes d’innovation et de connaissances, limitera la réflexion collective et encouragera une plus grande responsabilité pour une réponse adaptative et une reprise résistante à la COVID-19.

Condensé du CRDI : Ressources en ligne sur la COVID-19 (à partir du 8 mai 2020)

Remarque : Un * indique un partenaire ou un bénéficiaire de subvention du CRDI et ‡ indique un article publié en français ou en espagnol.

Afrique

Dans son dernier rapport hebdomadaire sur les conflits et la résilience, le Centre africain pour la résolution constructive des conflits (ACCORD), bénéficiaire d’une subvention du CRDI, précise qu’il n’existe jusqu’à présent aucune corrélation entre la COVID-19 et les niveaux généraux de conflit,* et que l’Afrique se révèle plus résiliente que prévu dans la gestion de la COVID-19.* Un certain nombre de facteurs ont contribué à la résilience du continent, notamment en tirant des leçons de l’expérience acquise lors de précédentes situations d’urgence en matière de santé publique, telles que le choléra, le virus Ebola, le VIH/sida et le paludisme. Le Kenya est sur le point de commencer des essais cliniques en vue de déterminer si le remdesivir (un médicament antirétroviral récemment approuvé par la Food and Drug Administration des États-Unis en tant que traitement d’urgence de la COVID-19), l’hydroxychloroquine (un médicament antipaludique) et le lopinavir-ritonavir (également utilisé sur les patients atteints du VIH) peuvent traiter efficacement la COVID-19. Les chercheurs de l’Université d’agriculture et de technologie Jomo Kenyatta (JKUAT) ont développé une plateforme permettant d’aider à prédire les tendances de l’infection* dans le pays, y compris un tableau de bord* cartographiant les points chauds des risques, une application de suivi des cas de COVID-19 présumés en temps réel et dans l’espace (Spatial Real-Time Presumptive COVID-19 Tracker application), et des modèles de prévision de la maladie dans le but de soutenir les stratégies gouvernementales dans la lutte contre la pandémie. Ce blogue propose des stratégies permettant de mobiliser rapidement des réseaux de soutien au sein des communautés pastorales — au-delà des services de santé et de sécurité sociale fournis par l’État — et de structurer ces réseaux pour répondre à l’incertitude en période de COVID-19. La clinique de traumatologie du Centre for the Study of Violence and Reconciliation (CSVR) met en lumière les répercussions des inégalités sur la santé mentale* dans le contexte de la COVID-19 et des mesures d’isolement en Afrique du Sud.

Asie

Au début du mois d’avril, The Diplomat a publié un guide de haut niveau, pays par pays, sur ce qui se passe en Asie de l’Est, du Sud-Est, du Sud et centrale. Le Centre for Strategic and International Studies propose un outil de suivi semblable, axé sur l’Asie du Sud-Est, qui comprend une carte. L’Institut Montaigne a publié un aperçu comparatif des réponses politiques de la Chine, de la Corée du Sud, de Hong Kong, du Japon, de Singapour et de Taïwan à la pandémie. La récente augmentation du nombre de nouveaux cas de COVID-19 à Singapour précise dans quelle mesure les travailleurs migrants, dont il est également question dans un livre blanc du Center for Culture-Centered Approach to Research and Evaluation, sont plus exposés aux maladies respiratoires compte tenu de leurs conditions de vie. The Times of India publie une mise à jour en direct des principaux événements et initiatives en Inde, y compris la mise en oeuvre récente de la National Food Security Act. Au Bangladesh, la COVID-19 exerce des pressions supplémentaires sur une économie déjà en difficulté et le plus grand camp de réfugiés du monde fait face à des défis particuliers. En ce qui concerne l’économie, cette analyse examine l’impact de la pandémie sur les chaînes d’approvisionnement en Asie de l’Est à long terme.

Amérique latine et Caraïbes

Americas Quarterly a publié un numéro spécial sur la migration en Amérique latine et sur la façon dont la COVID-19 accentue les défis existants pour les décideurs politiques. Cet article du Guardian illustre l’impact du virus sur les tensions sociales non résolues au Chili. Dans une analyse détaillée, Le Centre latino-américain pour le développement rural (RIMISP)* a publié les mesures que les gouvernements d’Argentine, du Brésil, du Chili, de Colombie, du Mexique et du Pérou mettent en oeuvre pour répondre à la crise concernant la protection des revenus des ménages, l’emploi et la stabilité de l’emploi des travailleurs, et concernant les micro-entreprises ou petites et moyennes entreprises. Découvrez comment les professionnels de la santé publique et les scientifiques d’Amérique latine collaborent pour faire avancer les politiques publiques* dans la région, en créant un centre d’observation consacré à la compilation et à l’analyse des réponses politiques et démographiques. Southern Voice* a organisé une première conférence virtuelle regroupant les think tanks latino-américains sur la COVID-19 et a discuté des réponses collectives à la pandémie d’un point de vue économique, social et politique; un résumé est disponible. À partir du 12 mai, l’Institut interaméricain de coopération pour l’agriculture organisera une série de séminaires virtuels de haut niveau qui aideront à déterminer les innovations technologiques et les politiques publiques pertinentes dans la foulée de la pandémie dans la région.

Moyen-Orient et Afrique du Nord

Les cas de COVID-19 dans la région MOAN continuent d’augmenter. Ce site Web regroupe et répartit les cas dans chaque pays depuis le mois de mars. Alors que la crise menace de s’aggraver, l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel a encouragé les pays à développer la production locale comme moyen de créer des emplois et d’augmenter les revenus locaux afin de promouvoir la stabilité régionale. L’Economic Research Forum, en collaboration avec la Banque mondiale, organise un webinaire* le 12 mai pour discuter du double choc (COVID-19 et effondrement des prix du pétrole) sur les économies de la région. Les pays de la région ont cherché des moyens innovants pour maintenir l’année scolaire pour les jeunes confinés, tandis que cet article décrit la réponse du système éducatif de la Jordonie à la COVID-19, en soulignant l’importance de soutenir les parents et les tuteurs dans leurs nouveaux rôles d’éducateurs. L’impact potentiel de la pandémie sur le Yémen suscite des inquiétudes croissantes, d’autant plus que de nombreux organismes des Nations Unies se préparent à réduire leurs activités de 75 % en raison d’un manque de financement. Plusieurs articles traitent des effets disproportionnés de la COVID-19 sur certaines des populations les plus vulnérables de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, telles que les réfugiés* et les femmes et les filles. En réponse, le réseau HerStory a mis en place un groupe de travail de plus de 300 jeunes volontaires pour surveiller les médias de masse et sociaux, recueillir des renseignements sur les effets sexospécifiques de la pandémie, et suivre les cas de mésinformation et de stéréotypes sexospécifiques nuisibles. Un concours de rédaction organisé par l’Eastern Mediterranean Public Health Network* a été mis en place pour encourager les professionnels de la santé publique de la région à soumettre des témoignages directs.

Sécurité alimentaire

Ce document de la Banque mondiale, qui est fréquemment mis à jour, résume l’évolution de la situation agricole et alimentaire mondiale pendant la pandémie. Le Programme alimentaire mondial lance un appel pour un financement accru, car plus de 20 millions de personnes en Afrique de l’Ouest seulement risquent de souffrir des conséquences socioéconomiques de la COVID-19 et auront du mal à se nourrir dans les prochains mois. Cet article décrit l’importance de la fiabilité des données et de la gestion des systèmes d’information sur la nutrition dont les différentes organisations d’aide alimentaire ont besoin pour fournir une aide alimentaire ciblée. Le mois dernier, ce blogue du CGIAR* exploré les moyens de restructurer le système alimentaire mondial pour contrer l’impact de la COVID-19.

Systèmes et réponses en matière de santé

Le 4 mai, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a mis à jour son plan stratégique mondial de préparation et d'intervention contre la COVID-19. L’OMS a également déclaré que l’aide sera accordée en priorité aux pays dont les systèmes de santé sont faibles et dont les capacités de préparation à la mise en oeuvre technique et opérationnelle présentent des lacunes importantes. Alors que la pandémie s’étend dans les pays du Sud, les défis sont encore plus grands pour les systèmes de santé. Cet article du Journal of Urban Health propose des solutions pratiques et politiques pour faire face aux répercussions sur les établissements informels dans les pays du Sud, qui sont les moins bien préparés à la pandémie.

Un vaccin pour tous contre la COVID-19

Cet article note que la mise au point d’un vaccin contre la COVID-19 efficace et universellement disponible est l’une des missions les plus importantes de notre vie, mais que pour y parvenir, il faudra adopter une approche fondamentalement différente, régie par des règles de participation claires et transparentes fondées sur des objectifs d’intérêt public, et qui valorise la collaboration et la solidarité internationales plutôt que la concurrence entre les pays. Gavi, l’Alliance du Vaccin, a publié une proposition liée à un Mécanisme de garantie de marché pour garantir que le vaccin contre la COVID-19, lorsqu’il sera disponible, sera accessible à tous ceux qui en ont besoin. Il s’appuie sur son expérience acquise avec le Mécanisme de garantie de marchés pour le vaccin antipneumococcique de 2009 qui, en acceptant d’acheter de grandes quantités de vaccins à des prix établis une fois le vaccin homologué, a effectivement créé une dynamique de marché saine, a incité les entreprises pharmaceutiques à développer et à produire des vaccins adaptés et a garanti un prix durable pour assurer la couverture de tous ceux qui en avaient besoin. Entre-temps, des inquiétudes ont été exprimées quant à l’incapacité des pays du monde entier à fabriquer, à financer et à distribuer correctement un vaccin contre la COVID-19, même si un tel vaccin devait être trouvé d’ici la fin de l’année.

Données, surveillance et intelligence artificielle

Le nombre de décès liés à la COVID-19 à l’échelle mondiale est largement utilisé par les gouvernements et les médias comme une mesure essentielle de la pandémie. Par conséquent, la façon dont nous comptons le nombre de décès liés à la COVID-19 a des conséquences politiques importantes. Les scientifiques cherchent à savoir si les appareils de conditionnement physique pourraient aider à suivre, et même à contenir, la COVID-19. D’autre part, il est particulièrement important de tenir compte de l’utilisation de la technologie dans la lutte mondiale actuelle contre la pandémie et de ses répercussions sur les droits de l’homme dans les contextes humanitaires et de migration forcée.

Développement et recherche

Les chercheurs de Yale ont combiné des estimations économiques propres à chaque pays liées aux avantages de la prévention des maladies avec un modèle épidémiologique qui projette la propagation de COVID-19 afin de déterminer si les avantages de l’éloignement social et de la suppression sociale varient entre les pays à revenu faible et élevé. Ils ont conclu que non seulement les avantages épidémiologiques et économiques de l’éloignement social sont beaucoup moins importants dans les pays pauvres, mais que de telles politiques peuvent également faire payer un lourd tribut aux plus pauvres et aux plus vulnérables. L’Organisation panaméricaine de la santé a publié une analyse qui encourage les gouvernements des pays en développement à promouvoir l’équité en matière de santé, la qualité de l’égalité des sexes et des ethnies, ainsi que les droits de l’homme dans leurs réponses à la COVID-19, et qui demande que des recherches soient effectuées sur les retombées sociales et économiques de la pandémie. Ce billet analyse les recherches menées dans les pays à faibles et moyens revenus, sur la base des données collectées par le centre de recherche RECOVR. L’International Growth Centre a publié un exposé de politique sur les stratégies de confinement et le soutien aux ménages vulnérables dans les pays en développement. Quelle influence la pandémie aura-t-elle sur la recherche pour le développement ? Cet article met en lumière les flux de financement pour la recherche et les raisons pour lesquelles les capacités de recherche en Afrique sont prêtes à relever le défi de la COVID-19. Parallèlement, le Département des affaires économiques et sociales de l’ONU a publié un exposé de politique illustrant comment la pandémie constitue un signal d’alarme pour une meilleure coopération à l’interface science-politique-société, avec cinq recommandations permettant d’améliorer la façon dont la science et la technologie sont exploitées pour résoudre les défis mondiaux tels que la pandémie actuelle. Pendant ce temps, le New York Times étudie l’énigme de la COVID-19 et les chercheurs essaient de comprendre pourquoi le virus est si capricieux.

Impact économique, mesures budgétaires et financement de l’intervention à l’échelle mondiale

Une nouvelle recherche de l’Institute for New Economic Thinking de l’Université d’Oxford a examiné plus de 700 politiques de stimulation budgétaire proposées ou adoptées en période de COVID-19 et a conclu que les six prochains mois seront cruciaux pour les choix politiques visant à réduire les émissions à long terme. Plus précisément, les dépenses de soutien pour le milieu rural dans les pays à faible et moyen revenu sont mises en évidence comme un élément politique clé pour soutenir la relance économique et les objectifs de lutte contre les changements climatiques en tandem. Les perspectives universitaires mettent en lumière les répercussions de la fragmentation et de l’inégalité de la gouvernance mondiale dans l’intervention contre la pandémie, y compris la montée du nationalisme économique. Les villes jouent un rôle de plus en plus central dans l’intervention contre la pandémie, en s’appuyant sur des réseaux permettant de partager les connaissances et l’équipement, en développant un nouveau système multilatéral et en comblant les lacunes au niveau des États en matière de gouvernance mondiale.

Sexospécificité

Répercussions sexospécifiques

L’Organisation des États américains (OEA), par l’intermédiaire de l’Inter-American Commission of Women (CIM), a publié un exposé de politique au sujet des impacts différentiels de la COVID-19 sur la vie des femmes, en accordant une attention particulière aux groupes les plus vulnérables. Il propose des lignes directrices pour la conception des politiques publiques, fondées sur les principes d’égalité et de non-discrimination et sur la nécessité de mettre en oeuvre des mesures d’action positive.

Réfugiés, personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays et situations humanitaires

Refugees International a publié un document sur l’impact disproportionné de la COVID-19 sur les femmes et les filles déplacées, exacerbant les multiples couches de vulnérabilités existantes. Le document comprend des recommandations politiques adaptées aux gouvernements et aux organisations non gouvernementales. L’entité des Nations Unies consacrée à l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes (ONU Femmes) a publié une analyse sexospécifique rapide pour Cox’s Bazar, soulignant que le cadre normatif qui régit la vie des réfugiés rohingyas touche inégalement les femmes et les filles en limitant leur mobilité, leur capacité à prendre des décisions concernant leur vie et leur accès aux services vitaux, et qu’il prive les femmes de leurs besoins et de leurs demandes par rapport aux hommes. Cela s’ajoute au fait que les conditions dans les camps, notamment la surpopulation, les installations sanitaires limitées et un système de santé surchargé, rendent déjà le plan de préparation et d’intervention contre la COVID-19 particulièrement complexe. Le Georgetown Institute for Women, Peace and Security a organisé un webinaire, intitulé COVID-19 : Une perspective sexospécifique sur la crise humanitaire croissante (COVID-19: A Gender Perspective on the Growing Humanitarian Crisis), qui a abordé la manière dont les femmes et les filles sont à la fois particulièrement touchées et essentielles aux stratégies d’atténuation des effets de cette crise humanitaire. Parmi les conférenciers figuraient le très honorable David Miliband, président et chef de la direction de l’International Rescue Committee, et Mme Anita Bhatia, sous-secrétaire générale d’ONU Femmes.

Santé et droits sexuels et reproductifs

Cinquante-huit pays, dont le Canada, ont publié une déclaration diplomatique conjointe sur la protection de la santé sexuelle et reproductive en période de COVID-19, appelant les dirigeants à reconnaître le rôle central de la couverture santé universelle dans les situations d’urgence sanitaire – y compris les services de santé sexuelle – et la nécessité de disposer de systèmes de santé solides pour sauver des vies.

Données et fossé numérique

L’Alliance Data-Pop, un laboratoire collaboratif créé par le Harvard Humanitarian Initiative, MIT Connection Science, and Overseas Development Institute, a publié des données exhaustives sur la violence domestique au Mexique pendant la quarantaine en raison de la COVID-19, notant que la violence fondée sur le sexe a coûté la vie à plus de femmes que la COVID-19, et qu’un confinement prolongé accentue déjà les inégalités sexospécifiques et augmente la violence contre les femmes. Parallèlement, une analyse des données économiques en Espagne révèle que les femmes sont plus susceptibles que les hommes d’avoir perdu leur emploi depuis le début de la crise de la COVID-19, et que deux tiers des mères espagnoles sont obligées de rester à la maison en raison des mesures d’éloignement social appliquées parce qu’elles travaillent dans des secteurs non critiques ou ne travaillent pas. Sur le site de Devex, un article explique comment, en l’absence de données ventilées selon le sexe et le genre sur la COVID-19, nous présentons des indices permettant de sauver des vies et des économies. Par exemple, les données ventilées par sexe sont cruciales pour éclairer la manière dont les risques et l’efficacité des traitements et des vaccins diffèrent entre les hommes et les femmes, y compris pendant la grossesse. Phumzile Mlambo-Ngcuka, directrice exécutive d’ONU Femmes, et Anne-Birgitte Albrectsen, directrice générale de Plan International, ont publié un article d’opinion appelant à l’action à cette importante croisée des chemins : les gouvernements peuvent soit permettre à la crise du coronavirus « de renforcer les pires répercussions provoquées par le fossé sexospécifique numérique », soit « utiliser la crise pour accélérer le changement, élargir les horizons et mettre en ligne des millions de filles et de femmes ». Constatant que les filles, les femmes et les groupes marginalisés sont déjà fortement désavantagés puisqu’ils sont les moins susceptibles d’avoir accès à la technologie, la crise a rendu ce manque de connectivité encore plus alarmant, car de nombreux aspects de la vie quotidienne sont désormais en ligne.

Condensé du CRDI : Ressources en ligne sur la COVID-19 (à partir du 1er mai 2020)

Remarque : Un * indique un partenaire ou un bénéficiaire de subvention du CRDI et ‡ indique un article publié en français.

Afrique

L’Académie africaine des sciences a établi un rapport sur les objectifs de recherche et de développement en lien avec la COVID-19 en Afrique et classe les principales priorités définies par 275 scientifiques. L’African Union Development Agency a publié une réponse à la COVID-19 et à d’autres épidémies qui décrit des plans d’action visant à améliorer l’accès à des services de santé durables et résistants et, d’une manière plus générale, à protéger les fondements économiques de l’Afrique. Le responsable des centres Africa CDC appelle à la solidarité mondiale et à la réduction du protectionnisme qui empêche les pays africains d’acquérir les tests diagnostiques essentiels, notant que l’utilisation des tests doit être rapidement étendue si l’Afrique veut devancer la pandémie, étant donné que plus de 70 pays ont imposé des restrictions sur l’exportation de matériel médical. Une nouvelle analyse de modélisation réalisée par l’Organisation mondiale de la Santé montre que le paludisme pourrait tuer 769 000 personnes en Afrique subsaharienne cette année si la COVID-19 perturbe les interventions de prévention et de traitement. Un commentaire paru dans The Lancet explique pourquoi, alors que la COVID-19 se propage sur le continent, les stratégies d’atténuation passe-partout ne fonctionneront pas, et que la recherche de solutions adaptées au contexte doit se poursuivre. Cet article* du Centre for the Study of the Economies of Africa (CSEA), partenaire du CRDI, examine les répercussions du coût socioéconomique de la COVID-19 sur le secteur informel au Nigéria et recommande des mesures pour le gouvernement ainsi que pour les acteurs du secteur privé. Southern Voice*, conjointement avec l’Overseas Development Institute, a publié un document d’opinion des pays du Sud* relativement à un plan d’action mondial visant les pays en développement afin de faire face à la pandémie.

Asie

East Asia Forum a publié une série de documents spéciaux portant sur la COVID-19 et son impact dans la région. HomeNet South Asia, un réseau de travailleurs à domicile en Asie du Sud, a publié une liste des revendications* visant les marques, les fournisseurs et le secteur public, préconisant un certain nombre d’interventions stratégiques pouvant être mises en œuvre, immédiatement et à plus long terme. Ces interventions permettront d’atténuer les répercussions les plus graves de la pandémie sur les travailleurs à domicile, qui comptent parmi les plus vulnérables de la région et dont la majorité sont des femmes. Cet article* explique en détail ce que la COVID-19 signifie pour les femmes indiennes travaillant dans le secteur informel, un élément clé de l’économie du pays. Une note d’information décrit l’impact socioéconomique du virus en Inde et propose des stratégies visant à protéger les travailleurs pauvres. De même, pour faire face aux répercussions sociétales du virus en Inde, Amartya Sen plaide en faveur d’une gouvernance participative et de modèles de discussion publique. Cet article explique comment les réseaux de la société civile indienne ont apporté des réponses aux situations d’urgence dans les zones vulnérables, en soulignant les liens entre la violence communautaire et la faim.

Moyen-Orient et Afrique du Nord

La Commission économique et sociale des Nations Unies pour l’Asie occidentale de l’Organisation des Nations Unies a publié de courts exposés de politiques ainsi que des vidéos concernant l’impact de la COVID-19 sur les économies et le commerce, la sécurité alimentaire, la pénurie d’eau et l’égalité des genres dans la région MOAN. Les préoccupations découlant du ralentissement économique et son impact sur l’emploi et les investissements étrangers directs dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord sont traitées dans ce blogue de la Banque mondiale, tandis que cet article du Cairo Review analyse l’impact géoéconomique de la COVID-19 pour le Moyen-Orient. L’Agence France-Presse rapporte qu’une petite entreprise technologique égyptienne, la Giza Systems Education Foundation, a conçu et commencé à distribuer gratuitement des écrans faciaux en 3D aux médecins égyptiens. Les pays de la région ont pris diverses mesures d’éloignement social pendant le mois sacré du Ramadan. L’impact de la pandémie sur les populations particulièrement vulnérables des États de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord a récemment fait la une des journaux : les réfugiés au Liban sont confrontés à des restrictions à la liberté de circulation et à des difficultés socioéconomiques; par ailleurs, les Nations Unies s’inquiètent d’un manque de financement, car la COVID-19 circule probablement sans être détectée parmi le million de Yéménites déplacés, tandis que des groupes de femmes de la société civile rapportent une augmentation de la violence domestique. Un billet de blogue* explique comment les mesures d’éloignement social ont exacerbé la répartition inégale et sexospécifique du travail de soins, mais présente également une occasion de transformation, car c’est peut-être la première fois dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord que ces questions sont passées dans le domaine public. Les organisations féministes, les activistes, les universitaires et surtout les économistes féministes peuvent profiter de cette occasion pour entreprendre des recherches féministes transformatrices et faire pression pour la mise en place de politiques publiques de rechange reconnaissant la charge des soins qui pèse sur les femmes.

Sécurité alimentaire

Le Programme alimentaire mondial a prévenu qu’une pandémie de faim pourrait arriver, en indiquant que 265 millions de personnes dans le monde risquent d’être confrontées à une famine aiguë. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, le Fonds international de développement agricole, la Banque mondiale et le Programme alimentaire mondial ont publié un communiqué conjoint encourageant les pays à considérer l’agriculture et les activités liées à l’alimentation comme un travail essentiel, et à éviter les restrictions commerciales agricoles afin de maintenir les chaînes d’approvisionnement alimentaire. De même, une conférence virtuelle* du Groupe d’amis pour la sécurité alimentaire et la nutrition a été organisée pour discuter de l’impact de la COVID-19 sur la disponibilité et l’offre de nourriture, et explorer les moyens de renforcer la résilience des systèmes alimentaires afin d’absorber les chocs futurs. L’Organisation internationale du Travail a publié une note d’information appelant à une réponse politique coordonnée pour soutenir le secteur de l’agroentreprise et les travailleurs agricoles dans le but de maintenir les chaînes d’approvisionnement alimentaire. Un article* de l’Institut international du développement durable plaide en faveur de mesures de stimulation à l’échelle mondiale par les organisations multilatérales en vue d’éviter une famine et d’appuyer le système alimentaire mondial. Cet article de Devex examine comment les organisations non gouvernementales s’adaptent pour répondre à l’insécurité alimentaire découlant de la pandémie dans les pays du Triangle du Nord, à savoir le Salvador, le Guatemala et le Honduras, y compris Glasswing International, bénéficiaire d’une subvention du CRDI, qui a adapté son travail pour intégrer la distribution de nourriture aux plus vulnérables au Salvador. L’Institut Mazingira, un ancien bénéficiaire d’une subvention du CRDI, et TMG Research ont créé une plateforme permettant aux acteurs du système alimentaire de faire part de leurs expériences durant la pandémie par l’intermédiaire de journaux vidéo*. Les prochains webinaires, organisés en mai 2020 par le réseau de sécurité alimentaire et nutrition (Food Security and Nutrition Network), portent sur un large éventail de sujets, allant des leçons découlant des interventions contre la COVID-19 en matière d’aide aux producteurs de semences, aux approches agroécologiques à petite échelle pour lutter contre la COVID-19 en Ouganda et au Vietnam, et à une série d’apprentissages sur la sécurité alimentaire et la COVID-19.

Systèmes de santé et ressources humaines

Les conséquences de la COVID-19 montrent qu’une approche globale du renforcement de la résilience est nécessaire, en particulier dans les systèmes de santé. Un billet de blogue de l’Organisation de coopération et de développement économiques soutient que les systèmes de santé devraient devenir un bien public mondial et recommande trois mesures collectives à l’échelle mondiale : la création d’un fonds mondial d’assurance contre la pandémie, l’investissement mondial dans les infrastructures en lien avec la pandémie et le déblocage des droits de propriété intellectuelle grâce à un fonds mondial en recherche et développement. Il indique que l’accélérateur d’accès aux outils COVID-19 de l’Organisation mondiale de la Santé, qui vise à accélérer l’accès mondial équitable à des tests diagnostiques, des moyens thérapeutiques et des vaccins sûrs, de qualité, efficaces et abordables contre la COVID-19, est un pas dans la bonne direction. L’Organisation mondiale de la Santé a également publié des directives opérationnelles sur un ensemble d’actions immédiates ciblées que les pays devraient envisager à l’échelle nationale, régionale et locale pour réorganiser et maintenir l’accès à des services de santé essentiels de grande qualité pour tous pendant la pandémie.

Données, surveillance et intelligence artificielle

L’Organisation des Nations Unis a lancé un centre de statistiques sur la COVID-19 qui offre un espace à la communauté statistique mondiale lui permettant de communiquer des conseils, des mesures, des outils ainsi que des pratiques exemplaires, et d’aborder les questions liées à l’accès libre et approprié aux données critiques dont les gouvernements et tous les secteurs de la société ont besoin pour répondre à la crise. Pendant ce temps, les commentateurs du monde entier continuent de faire part de leurs préoccupations quant à l’utilisation des données et de la technologie pour intervenir face à la COVID-19. Un récent billet de blogue* souligne que les interventions des gouvernements, qui se concentrent sur le dénombrement des cas et des personnes, ne tiennent pas compte des besoins des personnes qui ont toujours été négligées lors du dénombrement. L’absence de données ne signifie pas l’absence de problèmes et cela devient évident dans les pays du bas Mékong, où les inégalités existantes se superposent. Cet article du LSE Business Review note que, dans un sentiment d’urgence mondiale, les opérations de surveillance fondées sur les données — qui sont en grande partie le fait de sociétés technologiques et qui prolifèrent sous la forme de partenariats public-privé, d’applications de suivi, de dispositifs GPS, de drones et de technologies de reconnaissance faciale — ont dépassé la réglementation. De même, cet article* s’interroge sur le coût pour les droits de l’utilisation de l’analyse des données massives afin de suivre et de prévoir la propagation de la pandémie, et examine les mesures prises en Afrique du Sud pour répondre aux préoccupations concernant les risques que la surveillance peut poser pour les droits de l’homme. Plus généralement, la fracture mondiale des données, qui existait avant la pandémie, semble devoir se creuser, car le coronavirus entraîne une numérisation des échanges commerciaux qui ne profite pas aux économies en développement et émergentes.

Développement et recherche

Un groupe de femmes scientifiques des pays en développement révèlent l’impact sur leur travail et la façon dont elles ont réagi à la crise. La Campbell Collaboration, qui travaille sur une série d’initiatives visant à aider les chercheurs, les décideurs politiques et les autres décideurs dans la lutte mondiale contre la pandémie de COVID-19, souligne la nécessité d’une synthèse des données probantes étant donné le grand volume de recherche produit dans toutes les disciplines sur la COVID-19, et a créé une carte géographique interactive reflétant les lieux où se déroulent les nouvelles recherches.

Impact économique, mesures budgétaires et financement de l’intervention à l’échelle mondiale

Comme d’autres services financiers transfrontaliers, les transferts de fonds par la poste sont aujourd’hui confrontés à un ralentissement dû à la pandémie. La Banque interaméricaine de développement a publié des données probantes concernant l’effet des mesures de relance budgétaire sur l’activité économique dans des pays présentant différents degrés de qualité institutionnelle, y compris des réflexions sur le contexte de la COVID-19. Un thème émergent cette semaine est le rôle des technologies financières inclusives en période de COVID-19, comme la fourniture de micro-assurance pour l’hospitalisation et des solutions politiques visant à soutenir l’inclusion financière. Dans ce blogue, le Groupe consultatif d’assistance aux pauvres soutient que les agents d’encaissement et de décaissement constituent des services essentiels pour les transferts de fonds et les services bancaires numériques permettant de servir les utilisateurs à distance et à faible revenu, et recommande des structures de frais échelonnés, entre autres changements de politique, pour soutenir les prestataires pendant la crise. Il existe un besoin pressant d’établir une approche sexospécifique en vue d’étendre et de soutenir les services financiers numériques, car les femmes sont représentées de manière disproportionnée parmi les personnes non bancarisées, et les entrepreneures sont confrontées à une diminution de leurs revenus et de leur mobilité en raison de la pandémie.

Sexospécificité

Santé et droits sexuels et reproductifs

Cette semaine, l’accent est mis sur la santé sexuelle et reproductive et les questions relatives aux droits dans le contexte de la COVID-19. Un commentaire paru dans The Lancet appelle au maintien des services de santé sexuelle et reproductive dans les contextes humanitaires et fragiles pendant la pandémie de COVID-19, car l’expérience découlant des épidémies passées dans ces milieux a démontré que l’interruption de services de santé jugés sans rapport avec la lutte contre l’épidémie a entraîné plus de décès que l’épidémie elle-même. En outre, les questions liées à la santé sexuelle et reproductive figurent parmi les principales causes de mortalité et de morbidité chez les femmes en âge de procréer, les pays touchés par la fragilité et la crise représentant 61 % des décès maternels dans le monde. Un commentaire publié dans la revue Reproductive Health indique que, comme la pandémie continue d’évoluer, il est urgent que la communauté scientifique établisse des liens cliniques, épidémiologiques, psychosociaux et comportementaux solides entre la COVID-19 et la santé sexuelle et reproductive et les résultats en matière de droits. Il souligne en particulier la nécessité de planifier et d’agir en temps utile pour la recherche épidémiologique et la surveillance des principaux groupes vulnérables de femmes et d’adolescents, et d’évaluer les effets immédiats, à moyen et à long terme de la COVID-19 sur leur santé sexuelle et reproductive. Parallèlement, une nouvelle analyse du Fonds des Nations Unies pour la population révèle que la pandémie pourrait avoir de graves conséquences sur les droits et la santé des femmes et des filles et indique que jusqu’à 47 millions de femmes dans les pays à faible et moyen revenu ne peuvent utiliser de méthodes de contraception modernes, ce qui entraînerait, selon les prévisions, 7 millions de grossesses non désirées supplémentaires, 31 millions de cas supplémentaires de violence fondée sur le sexe, jusqu’à 2 millions de cas supplémentaires de mutilations génitales féminines et 13 millions de mariages d’enfants supplémentaires au cours de la prochaine décennie.

Réponses politiques et données sexospécifiques

L’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI), partenaire du CRDI, a publié un document d’orientation* sur la protection sociale sexospécifique en tant qu’élément essentiel de la réponse à la COVID-19 dans les pays à faible et moyen revenu. Bien qu’il n’existe pas d’approche passe-partout, il fournit des enseignements, des considérations et des orientations clés dans cinq domaines. La base de données de Harvard a publié un ensemble de données sur les connaissances, les attitudes et les pratiques liées à la COVID-19 parmi les décideurs des municipalités autochtones du Guatemala afin d’aider à éclairer les stratégies nationales et municipales de prévention et d’atténuation pour les communautés autochtones et pour déterminer les ressources gouvernementales pouvant être utilisées par ordre de priorité pour répondre à leurs besoins. Les résultats aideront également les décideurs à comprendre les effets de la COVID-19 sur les filles, l’éducation des filles et la santé sexuelle et reproductive dans cette situation qui évolue rapidement.

Égalité des genres

Un document de travail se penche sur les répercussions du ralentissement économique causé par la COVID-19 sur l’égalité des genres, qui sont considérables par rapport à celles observées lors des récessions « régulières ». Tout en indiquant que les effets de la crise sur les mères qui travaillent risquent de persister, il existe toutefois des forces opposées qui pourraient en fin de compte promouvoir l’égalité des genres sur le marché du travail, comme le passage à un régime de travail flexible et la possibilité d’une répartition plus équitable des tâches ménagères et de la garde des enfants à la maison. Enfin, le Forum économique mondial examine comment parvenir à l’égalité des genres après la pandémie, notamment en préparant les budgets selon une perspective sexospécifique, d’après données ventilées par sexe, afin d’établir un ordre mondial plus inclusif.

Condensé du CRDI : Ressources en ligne sur la COVID-19 (à partir du 24 avril 2020)

Remarque : Un * indique un partenaire ou un bénéficiaire de subvention du CRDI et ‡ indique un article publié en français.

Afrique

L’OCDE et Oxfam attirent tous deux l’attention sur une crise alimentaire qui se profile déjà en Afrique de l’Ouest en raison de la faiblesse des cours des produits de base, de l’inflation, des dévaluations monétaires et des difficultés à importer des intrants agricoles. Les données recueillies par le Conseil des populations dans les établissements informels de Nairobi confirment cette nouvelle tendance, les participants ayant indiqué que leur plus grand besoin non satisfait est la nourriture; la majorité d’entre eux ont également indiqué avoir sauté un repas ou mangé moins au cours des deux dernières semaines parce qu’ils n’avaient pas assez d’argent pour acheter de la nourriture. Des données supplémentaires sur les perceptions et les réactions du public par rapport à la COVID-19 sont maintenant disponibles pour 12 pays subsahariens. Parmi les autres effets de la pandémie, mentionnons l’interruption des campagnes massives de vaccination, qui pourrait déclencher une recrudescence de maladies telles que la polio et la rougeole. L’épidémie perturbe également la gouvernance foncière*, un élément essentiel pour parvenir à une croissance durable et inclusive et à la sécurité alimentaire. Le Centre africain pour la transformation économique (ACET), partenaire du CRDI, met en évidence les ramifications pour l’Afrique* maintenant que l’Europe et les États-Unis — deux sources majeures pour le financement du développement et l’envoi de fonds pour le continent — sont à l’épicentre du virus. Néanmoins, la crise offre des possibilités de changement. La conscience populaire remet en question la rhétorique néfaste, mais persistante, selon laquelle l’Afrique est un continent de maladie qui a besoin d’être sauvé au moment où les individus et les institutions du Sud participent et dirigent les efforts visant à produire du matériel et à trouver des solutions aux problèmes complexes entourant la pandémie.

Asie

La Fondation Asie Pacifique du Canada a lancé un outil de suivi interactif des dernières nouvelles et des réponses politiques en Asie. La Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique des Nations Unies souligne l’importance de consolider les données sur la santé et les maladies ainsi que les systèmes, en particulier dans la région Asie-Pacifique où cinq décès sur sept sont enregistrés sans cause de décès. Au Bangladesh, l’Université BRAC*, partenaire du CRDI, dirige un certain nombre de projets de recherche afin de comprendre les effets de la COVID-19 sur les expériences vécues par les groupes vulnérables et sur les systèmes de santé et la prestation de services.

Amérique latine et Caraïbes

La Banque mondiale a publié une analyse complète des impacts économiques de la COVID-19 dans la région de l’Amérique latine et des Caraïbes, ainsi que des notes de synthèse par pays. Le CIPPEC* présente des approches politiques permettant d’éviter une crise humanitaire immédiate en Amérique latine tout en permettant une réponse efficace en matière de soins de santé. Inter-American Dialogue a publié un certain nombre d’analyses sur l’Amérique latine, y compris sa dernière portant sur l’aide aux plus vulnérables de la région. Cet article d’Open Democracy met en lumière le nombre croissant de femmes et de filles déplacées en Amérique latine ainsi que leurs besoins en matière de santé qui ne sont pas satisfaits au cours de la pandémie et au-delà. Un article d’Inter Press Service souligne le risque accru d’insécurité alimentaire pour les enfants dans la région.

Moyen-Orient et Afrique du Nord

Ce site Web contient de nombreuses ressources sur le déroulement de la pandémie dans la région arabe et donne un aperçu des conversations locales au sujet des dimensions sociales et économiques liées aux répercussions de la COVID-19. Un webinaire organisé par le Middle East Institute aborde les conséquences de la pandémie sur les réfugiés dans la région, notamment la manière dont les fragilités existantes des services de santé sont exposées et remises en question de manière nouvelle. Le New York Times fait état de l’impact de la COVID-19 sur les relations bilatérales entre l’Iran et l’Iraq, l’Iran ayant besoin de rouvrir les frontières pour le commerce afin de stabiliser son économie. Les agences des Nations Unies ont appelé à un cessez-le-feu mondial pour éviter qu’une crise sanitaire majeure ne ravage davantage les zones de conflit. On estime que 8,3 millions de personnes supplémentaires risquent de sombrer dans la pauvreté dans la région arabe en raison de la pandémie. Pour aider à freiner la propagation du virus, l’Iraq a libéré 20 000 détenus tandis que les familles de prisonniers égyptiens demandent aux autorités de faire de même.

Sécurité alimentaire

On s’intéresse de plus en plus aux conséquences de la pandémie sur les systèmes alimentaires, aux craintes de pénuries alimentaires, à l’importance de comprendre les chaînes d’approvisionnement alimentaire mondiales et à la possibilité de repenser les systèmes alimentaires actuels pour les rendre plus inclusifs. Le Centre for Strategic and International Studies analyse la manière dont la pandémie influera sur la sécurité alimentaire dans les pays à faible revenu et affirme que le leadership des États-Unis et du monde entier sera essentiel pour éviter le pire scénario d’une crise mondiale de la sécurité alimentaire. Une série de blogues sur la COVID-19 met en lumière les menaces et les occasions qui se présentent pour les systèmes nutritionnels et alimentaires, ainsi que les possibilités d’en construire de meilleurs. Cet article décrit dans quelle mesure la pandémie porte un nouveau coup à la sécurité alimentaire du Kenya, qui a déjà souffert d’une invasion de criquets et de pluies sans précédent en 2019. Un webinaire* organisé par l’IFPRI et prévu le 30 avril discutera des impacts de la COVID-19 sur les systèmes alimentaires et nutritionnels en Afrique, tandis qu’une ancienne entrevue de la présidente de l’AGRA, la DAgnes Kalibata, traitera des effets de la COVID-19 sur les systèmes alimentaires de l’Afrique et de l’importance de créer un plan pour l’après-pandémie.

Systèmes de santé et ressources humaines

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié un exposé de politique  contenant 16 recommandations pour le système de santé de la région européenne de l’OMS afin de lutter contre la COVID-19. Le mois dernier, un article du New England Journal of Medicine a examiné de quelle manière les ressources médicales limitées en période de pandémie virale peuvent être réparties équitablement, tandis qu’un article dans The Lancet a cherché à savoir si les systèmes de santé très performants de Singapour, de Hong Kong et du Japon étaient résistants à la pandémie de COVID-19, ce qui a permis d’en tirer trois grandes leçons : premièrement, l’intégration des services dans le système de santé et dans d’autres secteurs amplifie la capacité à absorber les chocs et à s’y adapter; deuxièmement, la diffusion de fausses nouvelles et de renseignements erronés constitue un défi majeur non résolu; et troisièmement, la confiance des patients, des professionnels de la santé et de la société dans son ensemble dans le gouvernement est d’une importance capitale pour faire face aux crises sanitaires.

Données, surveillance et intelligence artificielle

Pour faire face à la pandémie, de nombreux gouvernements se tournent vers les technologies numériques, qui varient de l’utilisation de données de géolocalisation ou de biométrie pour suivre et contenir la propagation de la COVID-19, au développement d’applications mobiles afin de surveiller les flux de population et déterminer les infections potentielles. Ces mesures pourraient être utiles afin de limiter les coûts humains et économiques de la pandémie, mais elles soulèvent également de graves préoccupations en matière de protection de la vie privée et des données. Reconnaissant la nécessité de poursuivre la réflexion et le débat sur ces questions, l’OCDE a produit une série d’exposés de politiques portant sur les points suivants : risque pour la sécurité numérique pendant la crise de la COVID-19garantir la confidentialité des données et protection des données et de la vie privée lors de l’utilisation d’applications et de la biométrie. En attendant, les recherches se poursuivent sur la manière dont l’intelligence artificielle peut améliorer la lutte contre la pandémie. The Lancet illustre l’importance de produire des renseignements et des données probantes de grande qualité pour former les systèmes d’intelligence artificielle. Par exemple, les chercheurs étudient la possibilité d’utiliser ensemble des algorithmes d’apprentissage automatique et des systèmes de téléphonie mobile pour améliorer l’identification des cas. Les approches de villes intelligentes peuvent être bénéfiques pour la surveillance et la gestion de la santé urbaine au-delà de la pandémie actuelle, tandis qu’une étude étudie le soutien du public à la reconnaissance faciale en direct et ses répercussions sur l’établissement de politiques concernant la COVID-19.

Développement, recherche et analyses à l’échelle internationale

L’OCDE a lancé une plateforme dédiée pour accéder à ses données, ses analyses et ses options en matière de politiques. Du point de vue du développement, un boursier du Center for Global Development propose un certain nombre de politiques « sans regret » relativement à la crise de la COVID-19 qui valent la peine d’être appliquées dès maintenant, quel que soit le scénario qui se déroule réellement. The Syllabus publie une série hebdomadaire de documents textuels, vidéo et audio sur les effets politiques, économiques et sociaux de la COVID-19.

Impact économique, mesures budgétaires et financement de l’intervention à l’échelle mondiale

La Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique rapporte que les coûts économiques de la pandémie ont été plus durs pour l’Afrique que les impacts directs de la COVID-19. La chute des prix du pétrole touche les revenus nationaux des pays producteurs de pétrole,‡ dont les modifications budgétaires auront de profondes conséquences sur l’économie, le chômage, les dépenses sociales et, en fin de compte, les taux de pauvreté et les interventions en réponse à la crise. Proyecto Capital, partenaire du CRDI, a formulé des recommandations à l’intention des gouvernements, des institutions financières et des utilisateurs afin d’accélérer la numérisation des paiements* pour que les subventions soient versées efficacement pendant la crise et au-delà. Le rôle des donateurs, et leurs priorités relatives dans la lutte contre la crise, est un thème émergent cette semaine alors que le Center for Global Development met en place un outil de suivi pour les interventions d’aide internationale pour l’éducation pendant la période de la COVID-19. Devex a créé un tableau de bord interactif avec des données sur les acteurs finançant les interventions contre la COVID-19 et leurs priorités.

Sexospécificité

Données ventilées par sexe 

ONU Femmes et l’Organisation mondiale de la Santé ont uni leurs forces pour combler les lacunes en matière de données sexospécifiques et fournir les dernières données disponibles sur les cas de COVID-19 par sexe et par âge. Au fur et à mesure que des données sexospécifiques seront produites et ventilées, elles seront disponibles ici. Déjà, bien que les taux de mortalité liée à la COVID-19 soient plus faibles chez les femmes que chez les hommes et que des données ventilées par sexe et par âge continuent d’apparaître, les derniers résultats montrent que, dans certains pays, les infections par la COVID-19 chez les travailleuses de la santé sont deux fois plus nombreuses que chez leurs homologues masculins. Parallèlement, Silvana Fumega, partenaire du CRDI et directrice de la recherche et des politiques de l’Initiative de données ouvertes de l’Amérique latine (ILDA)*, parle du besoin urgent d’avoir de meilleures données sur la violence fondée sur le sexe, ainsi que des dispositifs de gouvernance des données améliorés et normalisés, afin d’aider les gouvernements et les organisations d’Amérique latine à mieux comprendre les risques auxquels les femmes sont confrontées et à concevoir des politiques fondées sur des données probantes. Avec les mesures d’éloignement social établies pendant la COVID-19, on constate déjà que la fermeture des services, l’absence d’engagement social et les effets du chômage et de la détresse économique sur des identités masculines fragiles et des familles entières conduisent à une montée en flèche de la violence domestique et fondée sur le sexe en Amérique latine.

Réponses politiques

Le 9 avril, le secrétaire général des Nations Unies a publié un exposé de politique détaillé sur les conséquences de la COVID-19 sur les femmes. Cet exposé étudie en détail la manière dont la vie des femmes et des filles change dans différents domaines en raison de la pandémie, du domaine de la santé à l’économie, en passant par la sécurité et la protection sociale. Constatant que les impacts sociaux et économiques de la COVID-19 ont créé une crise mondiale sans précédent qui nécessite une réponse de l’ensemble de la société à la hauteur de son ampleur et de sa complexité, l’exposé de politique propose la mise en place de mesures prioritaires pour accompagner à la fois la réponse immédiate et les efforts de reprise à plus long terme. Il souligne la nécessité pour chaque plan d’intervention, plan de relance et budget en lien avec la COVID-19 de s’attaquer aux conséquences sexospécifiques de la pandémie et aux inégalités existantes qui nous rendent plus vulnérables. De même, l’OCDE a publié un rapport pour aider les gouvernements et les parties prenantes à réfléchir aux conséquences sexospécifiques importantes de la pandémie et à prendre des mesures stratégiques. Elle demande aux gouvernements d’envisager l’adoption de mesures d’urgence pour aider les parents à gérer leur travail et leurs responsabilités familiales, de renforcer et d’étendre les mesures de soutien au revenu, d’étendre le soutien aux petites entreprises et aux travailleurs indépendants, et d’améliorer les mesures d’aide aux femmes victimes de violence. De même, la Banque mondiale a publié un exposé de politique qui résume, sur la base des données existantes et des tendances émergentes, les principales voies de transmission sexospécifiques, et les répercussions sur les résultats dans trois domaines : les dotations (santé et éducation), les conditions économiques et l’organisme (défini en tant que capacité de décision).

Condensé du CRDI : Ressources en ligne sur la COVID-19 (à partir du 17 avril 2020)

Remarque : Un * indique un partenaire ou un bénéficiaire de subvention du CRDI et ‡ indique un article publié en français.

Afrique subsaharienne

Les nouveaux défis pour la région comprennent la réapparition du virus Ebola au Congo, ainsi que l’émergence de médicaments contrefaits que l’on prétend peuvent traiter le nouveau coronavirus. Les effets de la pandémie sur les populations migrantes et réfugiées en Afrique sont également mis en évidence et des groupes de défense des droits documentent les zones à problèmes dans les bidonvilles d’Afrique du Sud; par ailleurs, Justempower, partenaire du CRDI, recueille les points de vue de la population locale en période de pandémie* auprès des conteurs des fédérations nigériane et béninoise des bidonvilles et des établissements informels. Cependant, parmi les avancées prometteuses mentionnons le séquençage du nouveau génome du coronavirus par des chercheurs de l’université du Ghana, et la production de trousses de dépistages rapides (coûtant moins d’un euro) à l’Institut Pasteur de Dakar, en partenariat avec la société britannique Mologic. De même, des respirateurs sont produits de manière innovante dans le monde entier et des chercheurs de l’Université Polytechnique de Thiès du Sénégal créent un prototype de ventilateur pouvant être entièrement réalisé par impression en 3D. Des ventilateurs portatifs peu coûteux sont également produits à l’Université Kenyatta. Une combinaison de messages d’intérêt public, de programmes radio interactifs et de messages textes personnalisés est actuellement expérimentée au Kenya en vue de communiquer des renseignements de santé publique et de recueillir rapidement des données socioépidémiologiques, qui sont communiquées chaque semaine par Africa’s Voices. Dans le balado COVID-19 : L’Afrique innove*, Sci-Dev, un partenaire du CRDI, met en avant des récits de jeunes se mobilisant pour trouver des solutions novatrices à la pandémie.

Asie

Le 14 avril, l’ANASE a publié une Déclaration du Sommet spécial de l’ANASE sur la maladie à coronavirus, qui, entre autres priorités, engage les pays membres à coopérer pour réduire la vulnérabilité des populations à risque et accroître leur résilience. Une entrevue de Human Rights Watch donne un point de vue de haut niveau sur le respect ou non des droits de la personne dans les interventions des pays asiatiques face au virus. Un article d’opinion* publié par le Dr Sameen Siddiqi, partenaire de recherche du CRDI, professeur et directeur du département des sciences de la santé communautaire à l’Université Aga Khan de Karachi, donne un aperçu du défi que représente la lutte contre la pandémie dans un système de santé national déjà faible et sous-financé au Pakistan. La Chine a établi une nouvelle politique qui exige des scientifiques qu’ils obtiennent une autorisation supplémentaire pour publier leurs recherches liées à la COVID. La Chine est également en train d’adapter son système de crédit social aux circonstances de la pandémie, en utilisant une combinaison de mesures incitatives et de sanctions pour renforcer sa stratégie de mise en quarantaine et de gestion de la maladie.

Amérique latine et Caraïbes

La Banque interaméricaine de développement a lancé une plateforme Web de ressources sur la COVID-19, qui comprend des mises à jour en temps réel, des réponses ciblées et des domaines d’action prioritaires, notamment le renforcement de la préparation et de la capacité de réponse de la santé publique, les filets de sécurité pour les populations vulnérables, la productivité économique et l’emploi, ainsi que les politiques fiscales. Un groupe d’anciens présidents, fonctionnaires et universitaires d’Amérique latine a publié une feuille de route pour la région, appelant le Fonds monétaire international (FMI), les banques centrales et les banques multilatérales à mettre en œuvre des mesures économiques agressives. La Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes des Nations unies est sur la même longueur d’onde et note qu’une relance budgétaire massive implique le financement de systèmes de protection sociale qui prennent en charge les secteurs les plus vulnérables. En outre, un examen opportun étudie la répartition géographique et temporelle des virus respiratoires connus dans le bassin des Caraïbes afin de tenter de prévoir le développement de la pandémie dans la région.

Moyen-Orient et Afrique du Nord

Cette semaine, l’analyse porte sur la manière dont les pays de la région MOAN ont modifié leur économie pour tenter de faire face à la situation. L’Institut des Affaires contemporaines analyse les interventions des gouvernements pour lutter contre la pandémie dans la région et plaide pour une intervention à l’échelle régionale. Le Golfe, qui dépend des voyages aériens internationaux et des investissements directs étrangers, a été durement touché. Des images révèlent des musiciens iraniens sur les toits et les rebords de fenêtres, tandis que des ateliers, diffusés par balados, permettent de former de jeunes auteurs du Moyen-Orient sur « comment écrire en temps de crise ».

Sécurité alimentaire

Le Groupe International d’Experts sur les Systèmes Alimentaires durables a publié un rapport sur les symptômes, les causes et les solutions possibles à la crise mondiale que connaissent les systèmes alimentaires en raison de la COVID-19, tandis que la Banque mondiale donne un aperçu global de l’impact du nouveau virus sur la sécurité alimentaire. La Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a publié une brève foire aux questions sur l’impact du coronavirus sur l’alimentation et l’agriculture mondiales, et le Comité permanent des Nations Unies sur la nutrition fournit une répartition des réponses apportées par les différentes organisations des Nations Unies en matière de nutrition et de sécurité alimentaire. Le Natural Resources Institute s’intéresse aux effets que le virus peut avoir sur les moyens de subsistance agricoles en se basant sur des expériences antérieures telles que les crises du sida et du virus Ebola en Afrique. L’impact de la pandémie sur les chaînes alimentaires de la Chine fait également l’objet d’une attention particulière – la FAO examine la réponse de la Chine tandis que The Conversation se penche sur les politiques chinoises liées à la famine.

Données, surveillance et intelligence artificielle

Cette pandémie a déclenché une demande sans précédent d’utilisation de la technologie dans le cadre de l’intervention face à la catastrophe. Un document de recherche préliminaire présente une nouvelle méthodologie qui combine les estimations de maladies découlant de modèles mécanistes avec des traces numériques, par l’intermédiaire de méthodologies d’apprentissage automatique interprétables, afin de prévoir de manière fiable l’activité de la COVID-19 dans les provinces chinoises en temps réel. Un document de discussion du Social Science Research Network (SSRN) étudie le potentiel de Google Trends pour suivre rapidement les réponses sociales à la pandémie.

Développement et recherche

En mars 2020, l’Organisation mondiale de la Santé a collaboré avec plus de 300 scientifiques et chercheurs en vue de publier une feuille de route pour la recherche et l’innovation concernant la COVID-19. En réponse, le Global Health Network a lancé un centre de mise en œuvre de la recherche concernant la COVID-19 qui couvre non seulement la recherche clinique, mais également la recherche en sciences sociales et en éthique ainsi que la recherche sur la participation des collectivités. Sur le plan des sciences sociales, Global Health Network a également l’intention d’agir en tant que centre mettant en lien les équipes qui souhaitent entreprendre des recherches de grande qualité, surtout dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire. GloPID-R et UKCDR ont établi une base de données constamment mise à jour concernant des projets de recherche financés sur la COVID-19 en vue de cerner les lacunes en matière de recherche et les possibilités présentées en tant que carte des points chauds.

Southern Voice a cerné un certain nombre de lacunes en matière de recherche qui sont critiques pour les pays du Sud. Le Mosbacher Institute for Trade, Economics, and Public Policy recommande de donner la priorité aux domaines suivants dans les pays en développement : tester les infrastructures dans les régions à haut risque, améliorer les systèmes de coordination multiagences, s’attaquer aux vulnérabilités de la chaîne alimentaire, apporter une aide aux petites entreprises et aux entreprises informelles, et stimuler la coopération et la communication entre les pays. D’autres centres de recherche sont en cours de lancement. Le Conseil international de la science a lancé un portail de réponse en matière de recherche et le programme de recherche des National Institutes of Health des États-Unis a lancé LitCovid, un outil de suivi quotidien fournissant un accès central aux articles pertinents dans PubMed. The Lancet propose une sélection des derniers contenus relatifs à la COVID sur une seule page Web. ScienceBusiness.net gère un blogue en direct qui fait le point sur les conséquences de la crise sur la recherche et l’innovation.

Impact économique, mesures budgétaires et financement de l’intervention à l’échelle mondiale

Le coût économique de la pandémie pour l’Afrique subsaharienne est désormais estimé à plus de 100 milliards de dollars, et le directeur Afrique du FMI avertit qu’« aucun pays ne sera épargné ». Un récent rapport du McKinsey estime à 5 milliards de dollars américains le montant nécessaire au cours des 100 prochains jours pour financer des mesures sanitaires adéquates rien qu’en Afrique. Les gouvernements sont confrontés au dilemme de devoir protéger à la fois les vies humaines et les moyens de subsistance avec les mesures qu’ils mettent en place contre la COVID-19, et il est clair que les plus vulnérables dans les pays les plus pauvres sont susceptibles de porter le poids de l’impact du virus lui-même et des ramifications économiques du confinement. La Banque mondiale a publié un guide d’introduction pour les pays en développement intitulé Macroeconomic Policy in the Time of Covid-19, et déjà, les institutions de financement du développement (IFD) collaborent sur les interventions face à la pandémie. Le groupe de travail 2X Challenge et le Gender Finance Collaborative s’efforcent de garantir que les dynamiques des genres sont prises en compte dans les mesures liées à la COVID-19 des IFD, des investisseurs et des autres intermédiaires financiers. Ce document récent appelle à des réformes fiscales ciblées qui donnent la priorité aux produits à plus forte valeur ajoutée tels que les technologies vertes afin de faciliter la transition vers un développement à faibles émissions de carbone pour les pays en développement en pleine pandémie.

Sexospécificité

Conséquences spécifiques pour l’Asie

Le partenaire du CRDI, la National Commission on the Status of Women* du Pakistan, de concert avec le Ministry of Human Rights et ONU Femmes, a produit des données et des analyses exhaustives sur les répercussions sexospécifiques multidimensionnelles de la COVID-19 dans le pays, accompagnées de recommandations de politiques adaptées au contexte afin d’atténuer les risques immédiats pour les femmes et les filles. Le document indique que, pour un pays en développement comme le Pakistan dont les indicateurs de développement socio-économique sont déjà faibles, une épidémie risque d’aggraver les inégalités qui existent déjà entre les sexes. ONU Femmes a également produit une analyse sexospécifique des impacts de la pandémie dans la région Asie-Pacifique cours des 100 premiers jours depuis que le virus a été signalé. Entre autres impacts, le document note que les femmes de la région Asie-Pacifique sont surreprésentées dans les secteurs et les emplois les plus touchés par la COVID-19 – industrie manufacturière, textile et habillement, services de soins, hôtellerie et tourisme – et dans les types d’emploi les plus vulnérables et les moins protégés, comme les travailleurs du secteur informel, y compris les indépendants, les travailleurs domestiques, les travailleurs à salaire journalier et les travailleurs familiaux. En outre, la vulnérabilité accrue des femmes dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, qui se sont effondrées tant au niveau de l’offre que de la demande, signifie que de nombreuses travailleuses, y compris les travailleuses migrantes et celles qui travaillent dans des micro, petites et moyennes entreprises, ont perdu leurs moyens de subsistance du jour au lendemain, sans aucun filet de sécurité, ni sécurité financière, ni protection sociale sur lesquels compter.

Santé sexuelle et reproductive et droits connexes, violence fondée sur le sexe et travail de soins non rémunéré

Cette semaine, d’autres organisations continuent de s’intéresser à l’impact de la COVID-19 sur la santé sexuelle et reproductive et les droits connexes, avec un commentaire notable dans The Lancet qui plaide en faveur d’un cadre de santé et de justice sexuelle et reproductive à l’échelle communautaire (un cadre centré sur les droits de la personne, qui reconnaît les injustices croisées, les structures de pouvoir et favorisant une unité au-delà des identités), qui est reconnu comme étant essentiel pour surveiller et traiter les effets inéquitables de la COVID-19 sur le genre, la santé et la société. En Afrique, les efforts en matière de santé sexuelle s’essoufflent alors que les pays se concentrent sur la lutte contre la COVID-19 – avec la mise en œuvre de mesures d’éloignement social telles que l’interdiction de transport, les travailleurs de la santé sexuelle et reproductive trouvent leur travail de plus en plus difficile. Le Comité international de la Croix-Rouge apporte une nouvelle dimension aux discussions sur les impacts sexospécifiques de la COVID-19. Il a produit un exposé de politique contenant des recommandations détaillées sur la manière de gérer efficacement les centres de quarantaine en période de COVID-19 sans accroître les risques et les conséquences de la violence sexuelle et sexospécifique. Ces recommandations sont fondées sur les normes internationales, les bonnes pratiques et les enseignements tirés des opérations du CICR, comme les mesures liées au virus Ebola. Enfin, un article du BMJ indique qu’une crise peut être l’occasion d’un changement sur le plan sexospécifique, et un espoir émerge de la pandémie, à savoir que les modalités de travail en ligne ont révélé dans quelle mesure la charge des soins informels à domicile incombe de manière disproportionnée aux femmes. Cela permet d’accroître les possibilités d’assouplissement des modalités de travail, de reconnaître l’équilibre entre le travail rémunéré et non rémunéré réalisé par beaucoup, et de changer qui, au sein du ménage, effectue ce travail.