Le CRDI félicite la première cohorte de chercheuses en science des changements climatiques

15 mai 2018
CRDI bannière de nouvelles

L’initiative À la recherche du prochain Einstein de l’African Institute for Mathematical Sciences (AIMS-NEI) a annoncé les toutes premières récipiendaires de la Fellowship for Women in Climate Change de l’AIMS-NEI.

Le CRDI félicite Mme Nana Ama Browne Klutse, Mme Jessica Nosizwe Paula Rose Thorn et Mme N’Datchoh Evelyne Touré. Chacune de ces mathématiciennes africaines exceptionnelles recevra jusqu’à 39 000 CAD pour effectuer des recherches dans une institution d’accueil africaine. Leurs projets devraient contribuer de manière significative à notre compréhension du changement climatique et de ses répercussions, ainsi qu’à l’élaboration et à la mise en oeuvre de politiques et de stratégies novatrices en matière d’atténuation, d’adaptation et de résilience. Les propositions retenues ont été sélectionnées à la suite d’un processus d’évaluation rigoureux mené à bien par un comité de sélection international.

Les Fellowship for Women in Climate Change de l’AIMS-NEI sont offertes depuis le mois de septembre 2017 et devraient permettre de soutenir environ quatre récipiendaires par année entre 2017 et 2021. Les bourses font partie d’un programme plus large de l’initiative AIMS-NEI de Mathématiques au service de la résilience à l’égard des changements climatiques, rendu possible grâce à une subvention du CRDI et à un soutien financier du gouvernement du Canada, accordé par Affaires mondiales Canada. Le programme vise à accumuler le capital intellectuel requis pour relever la myriade de défis de l’Afrique en matière de développement en lien avec les changements climatiques.

Nana Ama Browne Klutse

Mme Nana Ama Browne Klutse, Ghana

Chercheure scientifique principale, Ghana Space Science and Technology Institute, Ghana Atomic Energy Commission

Mme Klutse est une chercheuse scientifique principale du Ghana Space Science and Technology Institute de la Ghana Atomic Energy Commission, où elle gère le Remote Sensing and Climate Centre. À titre de climatologue, elle possède une formation en physique et elle est titulaire d’un doctorat de l’Université du Cap. Ses recherches actuelles portent sur la modélisation climatique et l’évaluation des répercussions du climat sur la société, la santé et la sécurité alimentaire.

Elle a contribué à différents projets à l’échelle nationale et internationale, y compris à des activités de communication sur le climat dans le cadre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques et de l’expérience régionale coordonnée de réduction d’échelle des prévisions climatologiques en Afrique (CORDEX). Elle a corédigé plusieurs articles de revues et écrits universitaires, et elle est l’une des principales auteures du sixième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.

Mme Klutse a reçu plusieurs prix et elle a été célébrée comme une véritable icône féminine au cours de la Journée mondiale de la propriété intellectuelle 2018, un programme du Registraire général du Ghana qui a été mis en place pour rendre hommage aux femmes qui obtiennent du succès au Ghana.

En tant que boursière, elle sera accueillie au Department of Environmental and Geographical Science de l’Université du Cap, en Afrique du Sud, et elle étudiera la dynamique des changements climatiques extrêmes en Afrique, ainsi que les répercussions des conditions climatiques extrêmes liées au réchauffement climatique. Elle espère que les gouvernements africains tiendront compte des recherches scientifiques liées à la climatologie.

Jessica Nosizwe Paula Rose Thorn

Mme Jessica Nosizwe Paula Rose Thorn, Afrique du Sud

Chercheure postdoctorale, Department of Ecosystem Science and Sustainability, Université de l’État du Colorado/African Climate and Development Initiative, Université du Cap

Mme Thorn s’efforce de protéger les services liés aux écosystèmes essentiels d’importance pour l’humanité, d’améliorer la résilience aux changements de l’environnement planétaire, et de gérer les choix faits relativement à ces priorités par les petits exploitants, ainsi que les responsables des systèmes urbains et de montagne. Elle a conseillé un large éventail d’intervenants au cours d’activités de planification de l’adaptation aux changements climatiques en Afrique, en Asie et en Amérique latine, y compris en ce qui concerne la Stratégie internationale de prévention des catastrophes de l’ONU, la Croix-Rouge, la Banque mondiale, Conservation internationale, et le Fonds mondial pour la nature, ainsi que les gouvernements du Ghana, du Kenya, du Népal et de l’Afrique du Sud. Mme Thorn a corédigé plus de 50 articles de revues, actes de conférences, rapports, manuels, chapitres et communications scientifiques. Elle a reçu plus de vingt subventions, bourses et prix, dont ceux de la League of European Research Universities, de Brettschneider (Cornell); de Mind the Environmental Gap (Oxford), ainsi que la Marie Sklodowska-Curie Actions Seal of Excellence (Commission européenne). Mme Thorn est titulaire d’une maîtrise ès sciences et d’un doctorat en philosophie de l’Université d’Oxford.

À l’heure actuelle, elle oeuvre à titre de chercheuse postdoctorale à l’Université de l’État du Colorado où elle s’intéresse à la modélisation participative des systèmes socioécologiques. Elle est une membre active du Fonds pour l’environnement mondial, elle contribue aux rapports de l’économie des écosystèmes et de la biodiversité, et elle enseigne à l’université.

Sa bourse de recherche lui permettra de combiner une analyse institutionnelle multiscalaire, une quantification d’un écosystème de services et une modélisation probabiliste afin de comprendre les synergies et les choix liés à une adaptation écosystémique dans les zones périurbaines de la Namibie et de la Tanzanie. Elle espère qu’elle permettra de faire progresser le processus de prise de décisions fondé sur des données probantes dans un contexte marqué par des incertitudes, de renforcer les relations entre les zones rurales et urbaines, et d’accroître la participation de la communauté scientifique africaine aux programmes de recherche mondiaux. En tant que boursière, elle sera accueillie par l’African Climate and Development Initiative de l’Université du Cap, en Afrique du Sud.

N’Datchoh Evelyne Touré

 

Mme N’Datchoh Evelyne Touré, Côte d’Ivoire

Associée de recherche, Université Félix Houphouët Boigny, Côte d’Ivoire

Mme Touré est une associée de recherche de l’Université Félix Houphouët Boigny, en Côte d’Ivoire. Avant d’occuper ce poste, elle a été boursière postdoctorale au Laboratoire d’aérologie de Toulouse, en France, où elle a étudié les sources d’incertitudes dans les inventaires de la biomasse africaine, ainsi que les répercussions de la pollution atmosphérique sur la santé en Afrique occidentale. Mme Touré détient un doctorat qui lui a été décerné par l’Université fédérale de technologie du Nigéria en 2015 et qui lui a donné l’occasion d’examiner l’impact des aérosols issus de la combustion de la biomasse et de la poussière sur le climat de l’Afrique occidentale. Les résultats de ses recherches ont démontré que les aérosols n’ont pas seulement une incidence sur la répartition des précipitations, mais qu’ils ont aussi une grande influence sur les caractéristiques de la mousson en Afrique occidentale.

Les recherches actuelles de Mme Touré portent sur d’éventuels changements climatiques extrêmes en Afrique occidentale et en Afrique centrale, au cours d’un réchauffement planétaire de l’ordre de 1,5 °C et 2 °C, au moyen du modèle climatique régional. En tant que boursière, elle évaluera les répercussions des changements climatiques sur les phénomènes climatiques et les températures extrêmes en Côte d’Ivoire dans le contexte de l’Accord de Paris sur le climat. Les résultats fourniront de précieux renseignements que les décideurs pourront utiliser pour élaborer des stratégies d’atténuation afin de réduire les répercussions des changements climatiques sur l’agriculture, la santé humaine et l’économie. En tant que boursière, Mme Touré sera accueillie par le Competence Centre du West African Science Service Centre on Climate Change and Adapted Land Use (WASCAL) au Burkina Faso.