Chronique : Recherche mondiale sur la COVID-19

20 juillet 2020

D’avril à août 2020, CRDI a produit un condensé périodique des documents en ligne annotés afin d’éclairer sa réponse à la pandémie de COVID-19. Dans le but d’échanger nos connaissances avec nos collègues du monde entier, ces condensés sont accessibles sur notre site Web.

IDRC/CRDI

Un condensé a une portée mondiale et présente des renseignements liés à la COVID-19 qui pourraient être d’intérêt pour les chercheurs et les praticiens du développement international. Les documents sont organisés par grands axes géographiques et thématiques, notamment le genre, les retombées économiques, les systèmes de santé, la technologie, la mobilisation des données, et plus encore. Les articles seront diffusés dans la langue dans laquelle ils ont été publiés initialement.  

Bien que le CRDI considère ces chroniques périodiques comme étant informatives, il n’en approuve pas le contenu et n’en confirme pas l’exactitude. Les lecteurs sont invités à faire preuve de discernement et à communiquer avec la publication source s’ils ont des questions ou des observations. 

Condensé du CRDI : Ressources en ligne sur la COVID-19 (à partir du 17 juillet 2020)

Remarque : Un * indique un partenaire ou un bénéficiaire de subvention du CRDI et un   indique un article publié en français ou en espagnol.

Afrique

Le Consortium pour la recherche économique en Afrique (AERC), partenaire du CRDI, a corédigé un article* portant sur les avantages éventuels de l’Accord de libre-échange continental africain pour réduire l’impact économique de la
COVID-19 en Afrique et proposant des moyens de renouveler l’accord pour appuyer la réponse à la pandémie. Cet article explore la manière dont la technologie, en particulier les drones et les téléphones mobiles, soutient les mesures d’intervention et de rétablissement contre la COVID-19 en Afrique. Des mesures intégrées pour faire face aux défis environnementaux et à la pandémie sont en cours d’élaboration, notamment une entreprise sociale en Ouganda qui fabrique des écrans faciaux à partir de déchets plastiques. Cet article révisé par des pairs de la revue Energy Research & Social Science a passé en revue les réponses du secteur de l’énergie à la COVID-19 en Afrique et souligne que la plupart étaient axées sur des mesures de secours à court terme, telles que l’exonération de la TVA sur les factures d’électricité et la fourniture gratuite d’électricité. Les auteurs exhortent les gouvernements africains à profiter de l’occasion pour user de ces mesures de lutte contre la pandémie afin de favoriser la transition vers l’énergie propre. Parallèlement, cet article s’appuie sur les données probantes de l’épidémie d’Ebola pour plaider en faveur de l’inclusion par les gouvernements de mini-réseaux d’énergie solaire et d’autres sources d’énergie propre dans les établissements de santé lors de la conception de leurs plans de relance face au coronavirus.

Asie

Ce rapport mensuel de la Banque asiatique de développement examine la vulnérabilité des banques asiatiques aux risques de financement en dollars américains pendant la pandémie et propose aux décideurs politiques des moyens de soutenir la stabilité financière. Le blogue du Center for Strategic & International Studies donne un aperçu du tout premier sommet virtuel de l’ANASE, qui a donné lieu à la création d’un fonds d’intervention de l’ANASE pour répondre à la
COVID-19. Un article révisé par des pairs paru dans le Journal of Epidemiology and Public Health Reviews a examiné les tendances et les différences des taux cumulatifs moyens d’incidence et de mortalité des cas et des décès liés à la
COVID-19 dans 11 pays asiatiques où le paludisme est endémique, et a fait une comparaison de ces tendances et ces différences à celles de 11 pays occidentaux. L’étude conclut qu’il pourrait exister une immunité naturelle contre l’infection liée à la COVID-19 dans les populations qui ont un long passé d’exposition généralisée aux infections palustres, ce qui suggère que ces populations pourraient constituer une ressource précieuse pour le développement de vaccins et de tests sérologiques efficaces pour la prévention et le traitement de la COVID-19.

Amérique latine et Caraïbes

Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) analyse les données sur la mortalité excessive, ce qui suggère que le nombre réel de décès dus à la COVID-19 dans la région est beaucoup plus élevé que ce que les statistiques officielles indiquent actuellement. Les migrants sont également touchés de manière disproportionnée par la COVID-19 en Amérique latine. Les Nations Unies ont publié une note de synthèse sur l’impact de la maladie à Coronavirus (COVID-19) en Amérique latine et dans les Caraïbes, couvrant les réponses politiques qui s’alignent sur les objectifs de développement durable; un résumé est également disponible. Même si la pandémie entraînera le plus grand ralentissement économique du siècle dans la région, les pays investissent dans la recherche scientifique sur le virus. Le PNUD a publié deux notes de synthèse, la première met en évidence les effets de COVID-19 sur le contexte de pauvreté multidimensionnelle au Salvador et la seconde décrit la vulnérabilité de
COVID-19 et les options politiques en Colombie. Un rapport de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC) met en évidence les possibilités de promouvoir la durabilité et la résilience par des mesures de relance du secteur du tourisme dans la région tout en renforçant la diversification. Cet article révisé par des pairs paru dans Revista Estudos Feministas analyse les politiques financières d’urgence de COVID-19 mise sur pied par les institutions financières internationales, telles que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, dans les États d’Amérique latine sous l’angle des droits de la personne et de l’économie féministe.

Moyen-Orient et Afrique du Nord

Le Forced Migration Review a publié un article, corédigé par le Local Engagement Refugee Research Network* (LERRN), qui souligne les réponses localisées des réfugiés et le soutien qu’ils apportent aux réfugiés pendant la pandémie en Afrique de l’Est et au Moyen-Orient. Cet article du Middle East Monitor fait état de l’interdiction de fumer dans les espaces publics fermés, décrétée par le ministère de la Santé de la Jordanie, en raison des effets que la COVID-19 peut avoir sur les fumeurs et les personnes exposées à la fumée secondaire. Cette décision fait suite à un article paru dans The Guardian, dans lequel Rima Nakkash*, partenaire du CRDI et professeure agrégée en santé publique à l’Université américaine de Beyrouth, parle du problème croissant de l’usage de la nicotine dans le pays. Un rapport* sur le site Web du Economic Research Forum analyse les multiples façons dont la pandémie a exacerbé la pauvreté et l’inégalité dans la région en raison de la faiblesse des structures politiques, économiques et de gouvernance. Un article sur le site Web d’openDemocracy décrit comment la pandémie a accentué l’exploitation, la discrimination et la vulnérabilité des migrants dans la région.

Sécurité alimentaire

Un article de University World News explore comment la COVID-19 est une triple menace pour la sécurité alimentaire en Afrique et propose des mesures pour une réponse à l’échelle du continent. Le Fonds international de développement agricole (FIDA) a publié un épisode de sa série de podcasts présentant des jeunes du monde entier, allant des agriculteurs jusqu’aux chefs cuisiniers, et expliquant comment ils ont trouvé différentes stratégies pour faire face à la pandémie tout en luttant contre l’insécurité alimentaire. L’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) a organisé un séminaire sur la politique* concernant les filets de sécurité sociale visant à protéger la sécurité alimentaire et la nutrition pendant la pandémie de COVID-19, en dressant le profil de la manière dont des pays tels que le Bangladesh et l’Éthiopie ont réagi. Cet article, révisé par des pairs et publié dans la revue Food Security, examine comment Singapour, petit État insulaire dépendant des importations alimentaires pour 90 % de ses besoins, a pris un certain nombre d’initiatives de politique stratégique et de nouvelles mesures permettant d’accroître la stabilité des importations, augmenter l’autoproduction et réduire le gaspillage de nourriture pendant la pandémie. L’auteur conclut que Singapour offre des leçons aux autres petits États insulaires sur les moyens d’améliorer la sécurité alimentaire.

Systèmes et réponses en matière de santé

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé la création du Groupe indépendant sur la préparation et la riposte à la pandémie, chargé d’évaluer l’action engagée au niveau mondial face à la pandémie de COVID-19. Ce commentaire publié dans The Lancet décrit comment la gravité de la pandémie est aggravée par la négligence des travailleurs en santé communautaire du Brésil, qui n’ont pas reçu de directives claires sur leur rôle dans la réponse à la COVID-19. Un article de l’OMS en Afrique traite de la stigmatisation sociale associée à la COVID-19 qui touche les travailleurs de la santé au Soudan du Sud. Entre-temps, une étude publiée dans le Journal of Public Health and Epidemiology a examiné les effets de la COVID-19 sur la pratique en soins de santé, l’enseignement médical et les expériences en formation prémédicale.

Données, surveillance et intelligence artificielle

Un article de l’International Journal of Pervasive Computing and Communications propose une méthodologie pour suivre les zones de COVID-19 grâce à des techniques de géoblocage. Parallèlement, cet article donne un aperçu des questions liées à la télémédecine, à la vie privée et à la sécurité de l’information à l’ère de la COVID-19, tandis que Forbes Africa a publié un article sur la manière dont les applications de recherche des contacts de la COVID-19 pourraient être transformées en outils de lutte contre la violence domestique.

Développement et recherche

South-South Galaxy, une plateforme mondiale de mise en commun des connaissances et de partenariat des Nations unies, a dressé la carte des autorités sanitaires et de leurs efforts pour lutter contre COVID-19 dans le Sud. Un exposé de position publié dans The Lancet examine les effets psychologiques, sociaux et neuroscientifiques de la COVID-19 et définit des priorités immédiates et des stratégies à plus long terme pour la recherche scientifique sur la santé mentale. Cet article de perspectives de Deloitte décrit l’impact de la COVID-19 sur les organisations de développement international, en fournissant des conseils aux gouvernements et aux bailleurs de fonds du développement international. Reconnaissant que les personnes âgées ont été les plus touchées par la COVID-19 dans les pays à faibles revenus et à revenus intermédiaires, un éditorial de BMJ propose qu’un groupe d’experts mondial sur les personnes âgées soit constitué pour fournir des conseils et soutenir la réponse dans les résidences et les foyers, ce qui permettrait également de remettre en question l’idée que l’établissement des priorités sanitaires mondiales est un processus institutionnel faisant preuve d’âgisme. La Banque mondiale estime que la pandémie est une occasion de renforcer la légitimité et la confiance dans les institutions publiques. Enfin, un article révisé par des pairs dans Policy and Society analyse les différences dans les réponses des États à la COVID-19 et les conditions qui les ont façonnées. Il conclut que les réponses ont été façonnées par la possibilité et la capacité qu’avait chaque gouvernement de tirer des leçons des pandémies précédentes ainsi que par leur capacité à rendre opérationnel et à renforcer le soutien politique pour le portefeuille type de mesures stratégiques déployées pour faire face à la crise.

Impact économique, mesures budgétaires et financement de l’intervention mondiale

Un article de l’Institut d’études de sécurité (ISS) traite de l’Initiative de suspension du service de la dette du G20, qui vise à mettre à la disposition des pays en développement des fonds qu’ils pourront consacrer à l’aide et aux mesures de lutte contre les pandémies. Devex a publié un tableau de bord interactif détaillant les 20,3 billions de dollars américains qui ont été engagés dans la réponse à la COVID-19 entre le 1er janvier et le 12 juillet. Les utilisateurs peuvent accéder aux données par donateur, région et analyse du secteur d’intervention privilégié. Parallèlement, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) examine les conséquences de la pandémie sur le financement du développement durable (en anglais seulement) dans les pays à faibles revenus et à revenus intermédiaires prévient que les apports financiers privés externes vers les économies en développement pourraient chuter de 700 milliards de dollars américains en 2020 par rapport aux seuils de 2019, dépassant de 60 % l’impact immédiat de la crise financière mondiale de 2008. Cela aggrave le risque de revers majeurs en matière de développement susceptibles d’accroître la vulnérabilité aux futures pandémies et aux changements climatiques, ce qui souligne la nécessité pour les acteurs du financement du développement de collaborer étroitement afin de reconstruire en mieux pour un monde plus résistant. Reconnaissant que la crise économique causée par la COVID-19 a exercé de nouvelles pressions sur les systèmes judiciaires du monde entier, Pathfinders a publié une note d’orientation qui présente des stratégies sur la manière dont les systèmes judiciaires peuvent aider au lieu d’entraver la reprise économique et dont les responsables de la justice peuvent prendre des mesures pour remodeler les systèmes judiciaires et soutenir des modèles de croissance plus inclusifs, durables et résistants.

Sexospécificités

Intersectionnalité

Un article paru dans Global Public Health fournit des recommandations précises pour une approche intersectionnelle pour aborder la COVID-19, en notant que l’utilisation d’une perspective sexospécifique seule, sans comprendre d’autres facteurs structurels, peut masquer les diverses formes d’oppression qui se croisent pour créer un désavantage multiplicatif. Au contraire, une approche intersectionnelle encourage la compréhension des dimensions du pouvoir, des inégalités structurelles historiques et du rôle des déterminants sociaux et de l’expérience vécue pour éclairer une réponse multidimensionnelle et fondée sur les sexospécificités. Un commentaire sur un thème similaire a été publié le mois dernier dans Options politiques, qui indique que le Canada dispose d’un outil politique prêt à l’emploi, à savoir l’analyse comparative entre les sexes plus (ou ACS+), permettant aux ministères provinciaux de la Santé d’effectuer une analyse intersectionnelle des réponses sanitaires à la COVID-19. Un billet de blogue d’Amnistie Internationale (en anglais seulement) mentionne qu’une réponse aux droits de la personne concernant la COVID-19 doit inclure une approche intersectionnelle qui reconnaît les conséquences particulières de la pandémie sur les personnes LGBTI, et la nécessité d’actions spécifiques pour s’assurer que la réponse à la pandémie n’exacerbe pas la discrimination et ne favorise pas les inégalités. Enfin, une déclaration commune (en anglais seulement) du rapporteur spécial des Nations unies sur la violence à l’égard des femmes et de la plateforme des mécanismes d’experts indépendants sur l’élimination de la discrimination et de la violence à l’égard des femmes (plateforme EDVAW) appelle les États à adopter une approche intersectionnelle sensible aux sexospécificités dans leurs réponses à la COVID-19, et propose une série de mesures pour aider à combattre la pandémie de violence fondée sur le genre pendant la crise de COVID-19.

Sexospécificité, changements climatiques et COVID-19

Un document de réflexion d’ONU Femmes (en anglais seulement) explore les liens entre les changements climatiques et la COVID-19, ainsi que leurs incidences différenciées, avec les sexospécificités comme facteur clé. Il note que la crise climatique continue de se développer avec la pandémie et que toutes deux ont des conséquences disproportionnées sur les femmes et les filles. Il invite à veiller à ce que les plans de relance économique post-COVID tiennent compte des changements climatiques tout en préservant l’égalité des genres et la justice sociale. Sur un thème similaire, l’enregistrement d’un webinaire sur la résilience au climat non sexiste dans la réponse à la COVID-19, organisé par CARE dans le cadre de la semaine d’action pour le climat de Londres 2020, est maintenant disponible. Les intervenants ont noté que les mesures de relance et les plans de relance ont un énorme potentiel pour faire face conjointement à la COVID-19 et aux crises climatiques en accélérant le passage des combustibles fossiles aux énergies renouvelables pour renforcer la résilience et lutter contre les inégalités sexospécifiques. Pour ce faire, les femmes, en particulier celles qui sont les plus touchées par les changements climatiques et par la COVID-19, doivent avoir leur mot à dire dans l’élaboration de ces politiques et dans les décisions relatives aux dépenses.

Condensé du CRDI : Ressources en ligne sur la COVID-19 (à partir du 3 juillet 2020)

Remarque : Un * indique un partenaire ou un bénéficiaire de subvention du CRDI et un   indique un article publié en français ou en espagnol.

Afrique

Les décideurs politiques et les chercheurs qui s’intéressent aux répercussions de la pandémie de COVID‑19 et aux mesures de contrôle se sont surtout concentrés sur les zones urbaines, où la maladie peut se propager rapidement. Ce billet* de l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) met en évidence les différents défis auxquels les zones rurales sont confrontées, et précise comment on peut assurer une bonne gouvernance et offrir des services essentiels afin d’assurer la subsistance des populations rurales pendant la crise. La pandémie de COVID-19 a provoqué une première récession en 25 ans en Afrique subsaharienne. Selon cet article, l’Afrique aura besoin d’une nouvelle génération de jeunes agriculteurs pour assurer la sécurité alimentaire et l’avenir du continent, ainsi que de nouvelles stratégies de diversification économique. La fermeture des frontières et les mesures strictes qui ont été imposées en matière de migration ont causé des perturbations majeures dans les chaînes d’approvisionnement mondiales de l’Afrique qui ont eu des répercussions négatives sur l’emploi et la pauvreté. Selon cet article, on devrait promouvoir le commerce régional, conformément à l’Accord de libre-échange continental africain, pour limiter la dépendance des économies africaines envers le financement externe. Le rôle joué par le leadership des femmes pendant la pandémie retient également l’attention, puisque les femmes ministres de la Santé ont joué et continuent de jouer un rôle essentiel dans l’intervention d’urgence en Afrique. Une étude de cas a d’ailleurs été réalisée afin d’évaluer les effets sexospécifiques du leadership pendant la pandémie.

Asie

Le Center for Strategic and International Studies propose un outil de suivi du nombre de cas de COVID‑19 et des mesures prises en Asie du Sud-Est. Un article évalué par les pairs dans Paediatric Respiratory Reviews aide à mieux comprendre les répercussions de la pandémie de COVID-19 dans la région de l’Asie-Pacifique. Il contient notamment des leçons retenues. Ce dossier de la Banque asiatique de développement décrit les implications de la pandémie en matière de sécurité alimentaire en Asie et dans le Pacifique et propose un ensemble d’interventions stratégiques. Cet article de recherche permet d’évaluer pourquoi et comment les pandémies ont permis de mettre en évidence des risques et des inégalités socio-économiques dans certaines zones géographiques, notamment au Cambodge et au Myanmar. The Diplomat étudie constamment les répercussions de la pandémie de COVID-19 en Asie, et notamment la mesure dans laquelle elle a creusé les inégalités sexospécifiques au Népal. Le Council on Foreign Relations présente une hausse marquée du nombre de cas en Asie du Sud, alors qu’un document de travail de la Financial Access Initiative examine un lien établit entre les flux migratoires et la propagation de la COVID-19 en Inde, au Bangladesh et au Pakistan.

Amérique latine et Caraïbes

La région de l’Amérique latine et des Caraïbes, le nouvel épicentre de la pandémie de COVID-19, est désormais confrontée à de sérieux problèmes économiques. La BBC présente les derniers chiffres liés à la COVID-19 en Amérique latine, ainsi que les cinq facteurs contributifs qui ont fait de la région l’épicentre de la pandémie. Un blogue de la Banque mondiale sur le développement examine en profondeur les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur les inégalités persistantes en Amérique latine. La Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture ont proposé dix mesures urgentes pour lutter contre l’extrême pauvreté et la faim dans la région. Le Centre latino-américain pour le développement rural* a publié une analyse socio-économique sur les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur l’accès équitable à l’eau (en espagnol seulement). Devex examine les interactions entre la pandémie et la stabilité en Amérique du Sud. The Dialogue présente une analyse exhaustive de la problématique de la violence familiale dans la région pendant la pandémie et des mesures qui ont été prises pour y faire face.

Moyen-Orient et Afrique du Nord

Le Middle East Institute a produit un balado sur les répercussions sexospécifiques de la pandémie de COVID-19 sur les femmes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, ainsi que sur ses conséquences sur la santé, l’éducation, les politiques et l’économie de la région. Une étude révèle que la pandémie et l’effondrement de l’économie libanaise ont eu une incidence négative sur la qualité de vie dans ce pays, et que les journaliers sont les plus durement touchés. Le Centre d’études libanaises, bénéficiaire d’une subvention du CRDI, notamment grâce au soutien du Réseau local de mobilisation sur la recherche sur les réfugiés de l’Université Carleton, a publié un rapport sur les répercussions de la pandémie de COVID‑19 sur l’accès à l’éducation des réfugiés palestiniens en Jordanie, et a formulé des recommandations de mesures qui pourraient être prises à court, à moyen et à long terme. Dotation Carnegie pour la paix internationale a publié un article* sur la façon dont la pandémie de COVID-19, la chute des prix du pétrole et le passage à des énergies renouvelables ont eu une incidence sur l’influence politique et économique des États du golfe Persique dans la région. Inscrivez-vous dès maintenant à la 26e conférence annuelle du forum de recherche économique. Des webinaires* seront organisés le 8 juillet. Ils permettront notamment d’aborder certains enjeux liés aux budgets de dépenses dans le domaine de la défense dans la région, à l’aide pécuniaire répondant à divers besoins au Liban, et aux flux migratoires nationaux et internationaux liés à la Syrie.

Sécurité alimentaire

Certaines craintes concernant les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur la sécurité alimentaire de l’Afrique ont commencé à se concrétiser puisqu’une hausse du prix des denrées alimentaires est observée en raison de la perturbation des chaînes d’approvisionnement, de nuées de criquets pèlerins dont les effets se font sentir sur les cultures, et de la diminution de la demande mondiale. Ce billet de blogue de la Brookings Institution présente ces défis et fournit des recommandations pour renforcer la capacité de résilience des systèmes alimentaires de l’Afrique. L’Organisation des Nations Unies a publié un exposé de politique qui examine les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur la sécurité alimentaire et la nutrition et qui permet de tirer trois conclusions principales. Premièrement, nous devons nous mobiliser pour sauver des vies et des moyens de subsistance, en nous concentrant sur les secteurs les plus à risque. Deuxièmement, nous devons renforcer les systèmes de protection sociale pour améliorer la nutrition. Troisièmement, nous devons investir dans un avenir durable, en transformant notamment les systèmes alimentaires afin qu’ils tiennent davantage compte de la nature et du climat.

Systèmes et réponses en matière de santé

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié une note d’orientation technique pour aider les services de santé primaires à s’adapter afin de lutter plus efficacement contre la pandémie de COVID-19. Cette note d’orientation repose sur un examen systématique des meilleures données disponibles et des pratiques adoptées dans les pays émergents pour lutter contre la pandémie de COVID-19 dans la région européenne de l’OMS. Cet article propose de créer un fonds pour le renforcement des capacités en matière de droit à la santé, une institution centrale qui pourrait faire partie d’une architecture mondiale de la santé repensée à la suite de la pandémie de COVID-19. Ce fonds pourrait nous aider à mettre en place des systèmes de santé solides, pour nous assurer que les flambées épidémiques ne deviennent pas des pandémies dévastatrices à l’échelle mondiale, et offrir une couverture de santé universelle qui permettrait aussi de protéger les populations marginalisées.

Données, surveillance et intelligence artificielle

Une étude bibliométrique a examiné les travaux universitaires et les principaux domaines de recherche liés à l’utilisation des technologies de l’intelligence artificielle (IA) et à la recherche sur la COVID-19. Elle a révélé que la plupart des articles étaient rédigés aux États-Unis et en Chine, et que les pays en développement étaient sous-représentés parmi les pays contributeurs. Cet article décrit sept applications importantes de l’IA pendant la pandémie de COVID-19, alors que les premières recherches qui s’intéressent à la façon dont l’IA et l’apprentissage automatique peuvent être utilisés pour mieux détecter la COVID-19 font état de résultats prometteurs. Cet article examine certains liens établis entre des stratégies de gestion de la pandémie de COVID-19 et des éléments techniques perturbateurs, comme la recherche en robotique et en IA, pour lutter contre la pandémie en milieu urbain, en utilisant des exemples provenant de la Chine.

Développement et recherche

Selon cet article évalué par les pairs, il serait utile d’adopter un paradigme du développement à l’échelle mondiale plutôt qu’internationale. La pandémie de COVID-19 constitue un bon exemple de défi de développement pour tous les pays, puisque la santé publique devrait être un bien public mondial. Les auteurs examinent les répercussions de la pandémie de COVID-19 en abordant quatre thèmes : les chaînes de valeur mondiales, la numérisation, la dette et les changements climatiques. Ils arrivent à la conclusion que les études sur le développement doivent s’adapter à un contexte très différent de celui du milieu du XXe siècle. La revue scientifique Digital Science a publié un rapport qui met en lumière les tendances mondiales dans le milieu de la recherche et les changements opérés en lien avec la culture de la recherche en raison de la pandémie de COVID-19. Il comprend notamment une carte mesurant la densité de la production d’articles scientifiques liés à la COVID-19 à l’échelle mondiale. Les données de recherche suggèrent que les personnes noires et asiatiques et issues de groupes ethniques minoritaires au Royaume-Uni et les populations noires, hispaniques et autochtones des États-Unis sont exposées de manière disproportionnée à des risques de complications et de décès en raison de la pandémie de COVID-19. On ne connaît pas suffisamment les causes de ce risque accru, mais selon la recherche elles semblent liées à la sous-représentation de ces groupes ethniques minoritaires.

Impact économique, mesures budgétaires et financement de l’intervention mondiale

Un rapport de l’Université des Nations Unies met en évidence les changements observés en ce qui a trait à la répartition de la pauvreté à l’échelle mondiale à la suite de la pandémie de COVID-19. Il analyse l’incidence, l’intensité et la gravité de la pauvreté dans les pays en développement et prédit une hausse spectaculaire des taux de pauvreté dans certains pays à revenu intermédiaire qui ont fait des progrès importants en matière de réduction de la pauvreté au cours des dernières années. Ce livre électronique exhaustif de l’Institut des hautes études internationales et du développement de Genève présente les premières conclusions liées aux répercussions économiques de la pandémie de COVID-19 sur les économies émergentes et en développement. Compte tenu de la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement mondiales aux chocs comme la pandémie de COVID-19, cet article préconise le renforcement de la coopération multilatérale pour atténuer les risques liés à la mondialisation. Ce billet de blogue de la London School of Economics* met en lumière certaines caractéristiques des obligations à impact, comme des efforts de collaboration intersectorielle, des systèmes de données fiables, une grande transparence et un financement ciblé qui les rendent utiles pour lutter contre la pandémie de COVID-19 et soutenir la relance par la suite.

Sexospécificités

Au cours des dernières semaines, un nouveau thème est ressorti dans le milieu universitaire : la mesure dans laquelle la pandémie de COVID-19 accentue les inégalités sexospécifiques. Un commentaire figurant dans le BMJ Global Health précise que les femmes représentent seulement un tiers de tous les auteurs qui ont publié des articles liés à la pandémie de COVID-19. En règle générale, les femmes sont sous-représentées parmi les auteurs d’articles scientifiques, dans de nombreux domaines, surtout à titre d’auteures principales. Ces préjugés sexistes pourraient entraîner une aggravation des inégalités sexospécifiques dans le cadre de la lutte mondiale contre la pandémie, ce qui pourrait nuire à notre capacité à la combattre avec vigueur et rapidité. Dans le même ordre d’idées, une correspondance soumise à The Lancet décrit la façon dont la productivité des femmes universitaires et le nombre d’articles scientifiques rédigés par ces dernières sont touchés de façon disproportionnée pendant la pandémie de COVID-19, ce qui nous empêche de faire appel à leur expertise scientifique dans le domaine public. Un document de recherche publié dans les archives ouvertes de l’université Cornell (arXiv) contient une analyse de données permettant de vérifier l’hypothèse selon laquelle la pandémie de COVID-19 a eu une incidence négative sur la productivité des chercheuses. Après avoir tenu compte des tendances temporelles, il nous permet d’apprendre que la proportion de femmes qui ont publié des articles scientifiques pendant la pandémie de COVID-19 a considérablement diminué dans toutes les disciplines et dans tous les domaines de recherche. L’impact est particulièrement marqué pour les documents de recherche liés à la COVID-19 dans le secteur biomédical, et les inégalités sexospécifiques se sont creusées dans les pays en développement, même si cet écart y était moins marqué avant le début de la pandémie. Un article d’opinion publié dans les Proceedings of the National Academy of Sciences examine la mesure dans laquelle la pandémie de COVID-19 aggrave les difficultés liées à l’avancement professionnel des femmes dans le milieu universitaire. Les auteures proposent des solutions concrètes, comme créer une bourse de recherche pour les chargés de cours ou un comité d’examen du mérite de la faculté dans le cadre de la lutte contre la pandémie de COVID-19, définir de nouveaux critères menant à la titularisation et aux promotions ou modifier les critères actuels, et établir un cadre pour s’assurer que les nouvelles mesures et politiques sont mises en place à l’échelle de l’établissement.

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