Ce que signifie un réchauffement de 1,5 °C dans les points névralgiques des changements climatiques : constatations de l’IRCAAA

12 décembre 2018
 Sayan prend des mesures dans une zone humide du lac Jakkur, à Banglore, en Inde.

CRDI / Atul Loke

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a récemment publié un rapport spécial décrivant l’impact que pourrait avoir un réchauffement de 1,5 °C sur la planète. Le document renferme certaines données de recherche clés obtenues auprès du plus grand partenaire du CRDI en matière de changement climatique, l’Initiative de recherche concertée sur l’adaptation en Afrique et en Asie (IRCAAA).

Les constatations de l’IRCAAA concernent surtout les effets de l’augmentation de la température dans les points névralgiques des changements climatiques. D’ici 2025, on dépassera le seuil de réchauffement de 1,5 °C à l’échelle mondiale, ce qui aura des répercussions profondes sur la population vivant dans des points névralgiques des changements climatiques – deltas, bassins de montagnes alimentés par des glaciers et terres semi-arides de l’hémisphère sud – totalisant plus d’un milliard de personnes. L’IRCAAA, cofinancée par le ministère britannique du développement international et le CRDI, a contribué de façon unique à l’enrichissement du savoir sur le climat mondial, en étudiant les répercussions du réchauffement.

À l’époque où le GIEC a voulu obtenir un rapport spécial décrivant l’impact d’un réchauffement de 1,5 °C, la littérature sur le sujet était rare et n’avait pas de portée régionale. Remarquant cette lacune dans les connaissances, les scientifiques de l’IRCAAA ont collaboré afin d’étudier les différentes façons dont un réchauffement de 1,5 °C et de 2 °C pourrait nuire aux points névralgiques des changements climatiques identifiés. Même en présence d’interventions politiques d’envergure, le rapport de l’IRCAAA laisse entendre que le réchauffement dans ces régions pourrait atteindre les limites de 1,5 °C et de 2 °C avant la fin de la décennie.

Quelles sont les répercussions attendues ?

Avec un réchauffement de 1,5 °C, au moins un quart de la glace des montagnes himalayennes d’aujourd’hui sera perdu, ce qui concernera 13 % de la population mondiale. Ces changements entraîneront des changements saisonniers dans la disponibilité de l’eau et pourraient avoir de graves conséquences pour les communautés des montagnes et des bassins hydrographiques, où habitent environ 910 millions de personnes qui dépendent de l’eau des glaciers et de l’eau de fonte des neiges pour leurs activités de subsistance.

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Les terres semi-arides connaîtront également de fortes variations des précipitations, engendrant une incidence significative sur la production d’électricité, l’agriculture et la santé. Cette incidence entraînera des pénuries d’eau plus fréquentes dans les systèmes d’approvisionnement urbains et agricoles actuels. Avec un réchauffement global de 1,5 °C, 14,3 millions de familles d’éleveurs d’Afrique de l’Est seront concernés par le seuil de 30 °C de production bovine, au-dessus duquel la productivité chute. Rien qu’au Kenya, 1,7 million de têtes de bétail seront perdues à cause de ces conditions, soit l’équivalent de 680 millions de dollars américains aujourd’hui. On s’attend à des pertes de bétail encore plus importantes avec un réchauffement planétaire de 2 °C.

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En raison de la variabilité d’une année à l’autre, les conséquences dans les deltas de faible altitude ne seront pas mesurables avant les années 2040, lorsque la superficie des terres inondables devrait être environ 2,5 fois plus grande. Les inondations de la mousson deviendront plus fréquentes et répandues sous l’effet des changements climatiques, touchant les grandes populations qui vivent dans les deltas.

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Lire le rapport complet du GIEC Réchauffement planétaire de 1,5 °C.

En savoir plus en lisant le document Novel Insights Brief: 1.5°C Warming, produit par l’IRCAAA.