Mise au point de nanostructures vaccinales contre la grippe aviaire

12 janvier 2018
Fonds d’innovation en vaccins pour le bétail

Une femme tanant une poule

Photo : CRDI / Sven Torfinn

Répercussions de la grippe aviaire

Les petits agriculteurs ont été grandement touchés par les récentes épidémies de grippe aviaire, l’élevage de volailles étant souvent leur moyen de subsistance. La gravité de l’infection causée par le virus de la grippe aviaire peut varier de légère à extrêmement grave, et entrainer un taux de mortalité pouvant atteindre les 100 %. Dans de nombreux pays, une épidémie de la grippe aviaire entraine souvent la destruction de tous les élevages dans un périmètre déterminé, menaçant la subsistance de nombreux petits agriculteurs. On estime que les épidémies de grippe aviaire hautement pathogène qui ont frappé le sud-est de l’Asie de 2003 à 2006 ont coûté 18 milliards USD uniquement en pertes directes.

En outre, la grippe aviaire pose un risque considérable à la santé publique puisque certaines souches du virus sont transmissibles à l’homme.

Pourquoi un nouveau vaccin contre la grippe aviaire est-il nécessaire ?

La vaccination est la méthode la plus efficace et la plus économique pour lutter contre la grippe aviaire. Cependant, le virus de la grippe de type A qui touche la volaille se transforme rapidement, et c’est pourquoi on doit régulièrement mettre au point de nouveaux vaccins qui cibleront les souches virales actives. Cette transformation du virus complique la production de vaccins et explique leur prix élevé. De plus, la vaccination n’offre aucune protection si les souches utilisées dans les vaccins ne correspondent pas à celles qui sont en circulation, ce qui augmente le fardeau des petits agriculteurs, en particulier les femmes, car ce sont souvent elles qui exploitent les élevages de volailles et en tirent des bénéfices.

Mise au point d’une solution novatrice

Les virus de la grippe sont identifiés au moyen de deux protéines principales, l’hémagglutinine (H) et la neuraminidase (N), et ils sont nommés d’après celles-ci – comme on peut le constater dans le cas du virus H5N1, par exemple.

Actuellement, les vaccins ciblent ces deux principales protéines, mais une nouvelle approche utilisant des antigènes universels (c.-à-d. des antigènes communs à tous les virus de la grippe aviaire) offrirait une protection plus fiable des volatiles. Cette approche hautement novatrice utilisera deux nanostructures – les nano-anneaux et les nanofilaments – pour administrer aux poulets les protéines utilisées dans le vaccin.

Résultats escomptés

Le projet vise à produire un nouveau vaccin à base d’une nanoparticule qui offrira une protection contre de nombreuses souches de grippe aviaire. Grâce à l’utilisation de nanostructures comme excipients pour présenter les antigènes universels, ce vaccin sera plus simple à produire que les vaccins fabriqués par les méthodes actuelles. Le contrôle de la grippe aviaire aura d’importantes retombées pour les petits agriculteurs d’Asie et d’Afrique parce qu’il leur permettra de produire de la volaille en meilleure santé, améliorera la sécurité alimentaire et nutritionnelle et contribuera à l’autonomisation économique, en particulier des femmes.

Institutions principales

Ce projet découle d’une collaboration entre l’Université du Québec à Montréal et l’Institut National de Recherche Agronomique (France).

  • Durée : 24 mois           
  • Budget : 1,3 million CAD