Un supplément de revue présente 10 années de recherche sur les systèmes de santé en Afrique de l'Ouest

July 20, 2017

Stephan Gladieu / Banque mondiale

À la suite de l'épidémie de virus ébolique dévastateur en 2014, une attention accrue a été accordée aux systèmes de santé mal fonctionnant en Afrique de l'Ouest.

Dans la foulée de l’éclosion dévastatrice du virus Ebola en 2014, une attention accrue a été portée aux systèmes de santé dysfonctionnels de l’Afrique de l’Ouest. On a examiné notamment la façon dont les déficiences de ces systèmes ont aggravé l’urgence de la situation et compliqué l’intervention menée face à cette crise sanitaire.

Un nouveau supplément publié le 13 juillet 2017 dans la revue Health Research Policy and Systems de BioMed Central se penche sur les causes de ces lacunes. La revue a été lancée durant le Forum des partenaires du Consortium pour la recherche économique et sociale (CRES) ouest-africain, qui rassemble des représentants des ministres de la Santé et des partenaires du développement oeuvrant dans les 15 pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Le supplément présente les conclusions d’une série de projets de recherche et de développement des capacités financés par le CRDI. Du Sénégal au Nigéria, le recueil de 10 articles porte un regard nouveau sur plusieurs enjeux relatifs aux systèmes de santé. Les articles soulignent les connaissances et les expériences des acteurs de la région, mais ils présentent également des données probantes qui mettent en relief les obstacles à l’innovation et au changement durables. L’article intitulé People and research: improved health systems for West Africans by West Africans est le fruit direct du travail visant à renforcer l’environnement de recherche dans la région que mène le CRDI depuis près d’une décennie, en étroite collaboration avec l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS).

L’Afrique de l’Ouest affiche certains des plus faibles indicateurs du développement au monde. La publication de 2015 de l’Organisation mondiale de la Santé intitulée Tendances de la mortalité maternelle : 1990-2015 a confirmé que 14 des 20 pays ayant les taux les plus élevés de mortalité maternelle au monde se trouvent en Afrique de l’Ouest et en Afrique équatoriale.

Le supplément de BioMed Central insiste notamment sur le fait que le contexte est important. Des innovations prometteuses mises au point dans un pays ne fonctionnent pas nécessairement ailleurs. Plusieurs auteurs notent également la nécessité absolue de renforcer la collaboration entre les institutions et les spécialistes pour surmonter la dispersion de l’expertise, des connaissances et des acteurs.

Comme l’atteste ce supplément de revue, l’Afrique de l’Ouest abrite une foule de chercheurs expérimentés et engagés. S’ils sont appuyés de manière efficace, ils peuvent collaborer avec les décideurs et améliorer considérablement et efficacement les résultats en matière de santé dans la région et contribuer à concrétiser les objectifs de développement durable. Les changements produits pourraient renforcer les systèmes de santé de la région de manière à ce qu’ils puissent offrir des services de santé de qualité, ainsi que prévenir et gérer les crises sanitaires éventuelles comme une éclosion du virus Ebola.

Lisez le supplément intitulé People and research: improved health systems for West Africans by West Africans publié par BioMed Central.