Vers une plus grande collaboration régionale — le CRDI appuie le développement de l'Asie

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Division des communications, CRDI
Richard Fuchs croit que les gens qui veulent comprendre comment le monde évolue devraient jeter un coup d’oeil à la vague de transformations qui déferle sur l’Asie.

« Cette région est la région de l’avenir », dit M. Fuchs, qui a été nommé directeur du Bureau régional de l’Asie du Sud-Est et de l’Est du CRDI, à Singapour, à la fin de 2006. « La prochaine économie sera une économie asiatique. Il se déroule ici une révolution dans la façon de produire et de répartir la richesse, et c’est intéressant d’y prendre part, d’essayer de la comprendre et de plaider en faveur du type de développement socioéconomique équitable et durable que cherche à appuyer le CRDI par l’entremise de la recherche. »

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Les effets favorables des transformations en cours sont souvent spectaculaires. Singapour, qui il y a 40 ans était un pays en développement plutôt discret, affiche maintenant le plus faible taux de mortalité infantile ainsi que les taux de réussite en mathématiques et en sciences les plus élevés au monde. Bien qu’ils aient souvent de la difficulté à se démarquer face à la véritable dynamo économique qu’est la Chine, des pays tels que le Laos, le Cambodge et le Vietnam, qui tentaient d’échapper à la guerre il y a à peine 25 ans, connaissent une croissance explosive encore plus remarquable.

Renaissance de l’économie, dégradation de l’environnement

Le rythme de changement que connaît la région a toutefois accentué les menaces qui pèsent sur l’environnement et creusé le fossé entre les riches et les pauvres — à la fois entre les pays et à l’intérieur des pays. Les efforts déployés par le CRDI et ses partenaires de recherche locaux en vue de redresser les inégalités sont souvent fort différents dans ce contexte de croissance dynamique (mais inégale) de ce qu’ils seraient sous d’autres cieux où les perspectives économiques sont uniformes.

Ainsi, plusieurs projets novateurs font appel à l’accès à l’information ainsi qu’aux technologies de l’information et de la communication (TIC) pour faire en sorte que les populations marginalisées aient elles aussi la possibilité de profiter des retombées de l’essor économique que connaît la région.

À titre d’exemple, en collaboration avec Consumers International, le CRDI cherche à accroître l’accès au matériel pédagogique en examinant la mesure dans laquelle les lois sur le droit d’auteur de 11 pays en développement prévoient un nombre maximum de limitations et d’exceptions admissibles.

Un autre programme vise à mettre au point des logiciels d’application, à renforcer les capacités en matière de ressources humaines et à susciter des interventions sur le plan des politiques dans le domaine de l’informatique multilingue, de sorte que l’information numérisée puisse être diffusée dans les nombreuses langues de la région.

« Si les langues locales que parlent les populations pauvres ne sont pas offertes sous forme numérique, explique M. Fuchs, il leur est difficile de profiter de la technologie. Mais si leur langue est présente sur Internet et dans les ordinateurs, il leur est beaucoup plus facile d’utiliser la technologie pour avoir accès à de l’information et des conseils en matière de santé, à des services gouvernementaux et à des débouchés économiques. »

Des travaux réalisés de concert avec l’Université d’Athabasca, au Canada, considèrent aussi le savoir comme la clé du développement. Le projet comporte l’échange de bonnes pratiques et l’élaboration de normes pour l’utilisation de plus en plus courante dans la région des technologies de téléapprentissage par des établissements ouverts qui offrent une formation universitaire à un coût bien inférieur à celui qu’exigent les universités « classiques », ce qui permet au plus grand nombre d’y avoir accès.

Préoccupations et interventions de portée mondiale

Bon nombre des préoccupations sociales et environnementales primordiales dans cette région peuvent avoir des répercussions à l’échelle planétaire. L’endiguement de la grippe aviaire est peut-être la question qui risque le plus d’avoir des répercussions transnationales.

Sur ce front, le CRDI met à profit son savoir-faire en matière de constitution de réseaux pour susciter une réaction efficace et concertée à un problème qui peut passer rapidement de l’échelle locale à l’échelle internationale.

« De toute évidence, la grippe aviaire fait fi des frontières nationales », commente M. Fuchs. Le CRDI est intervenu activement pour mettre en rapport des chercheurs et d’autres parties intéressées de cinq pays asiatiques, ainsi que du Canada, afin qu’ils mettent au point des travaux de recherche concertés pour lutter contre la grippe pandémique. « On espère que le Partenariat asiatique pour la recherche sur la grippe aviaire permettra aux chercheurs de mieux comprendre les facteurs sociaux, économiques et environnementaux interreliés qui exercent une influence sur la propagation de la grippe aviaire afin d’aider à élaborer de meilleures politiques et mesures pour lutter contre la maladie. »

La grippe aviaire n’est qu’un exemple parmi d’autres d’un problème de développement engendré par les liens complexes entre la mondialisation, la mise en valeur des ressources naturelles, la dégradation de l’environnement et le bien-être humain. On pourrait y ajouter, entre autres, les liens entre les changements climatiques et la dégradation de l’environnement tant en milieu rural qu’urbain, qui sont d’autres problèmes qui retiennent l’attention du CRDI.

En Asie du Sud-Est, par exemple, le défrichement par brûlage des forêts a eu pour effet de recouvrir toute la région d’une brume sèche en 1997, mettant en péril la vie et la santé de 70 millions de personnes. Les travaux de recherche que le CRDI a financés sur le coût de ces incendies ont entraîné des changements sur le plan des politiques et des mesures concertées pour prévenir de telles situations. D’autres recherches réalisées dans la région portent sur la gestion concertée des ressources naturelles — les forêts, les pêches, les pâturages, etc. — pour s’assurer que les populations locales, particulièrement les pauvres, en profitent et que l’utilisation des ressources se fasse de manière durable.

Entre-temps, dans la grouillante ville de Jakarta, en Indonésie, un projet réunit des responsables locaux, des organisations non gouvernementales et des citoyens marginalisés dans le but de résoudre des problèmes reliés à l’eau, à l’assainissement et à la gestion des déchets, de manière à accroître les revenus des pauvres.

M. Fuchs est d’avis que le CRDI est bien placé pour appuyer le développement et la transformation de la région.

« Nous avons un bureau à Singapour depuis 36 ans, de sorte que nous sommes plutôt bien implantés dans la région, dit-il. Je crois que cela est de bon augure pour ce que nous ferons à l’avenir. »