Une approche écosanté pour le contrôle de la fièvre de la vallée du Rift dans les collectivités pastorales au Kenya

August 17, 2016

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Échantillonnage de vecteur pendant l'étude

International Centre for Insect Physiology and Ecology

Échantillonnage de vecteur pendant l'étude

La fièvre de la vallée du Rift est une maladie grave qui se transmet par la piqûre d’un moustique qui infecte l’être humain, le bétail et les animaux sauvages. De plus, les êtres humains peuvent contracter la maladie par tout contact avec des animaux infectés. La maladie s’est répandue dans toute l’Afrique et au-delà; la fréquence et l’ampleur des éclosions augmentent, apparemment en lien avec les changements climatiques et les systèmes de production du bétail en évolution. Il n’existe aucun traitement efficace. Par conséquent, la vaccination d’urgence, l’abattage et des interdictions d’échange commercial sont mis en oeuvre pour contrôler les éclosions. De telles mesures sont coûteuses et ont des répercussions considérables sur le gagne-pain des agriculteurs locaux et sur les marchés pour les produits d’origine animale.

En vue d’améliorer la compréhension et d’élaborer des stratégies de contrôle durables contre cette maladie, le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) a appuyé une équipe de recherche pluridisciplinaire pour étudier les déterminants environnementaux, biotiques et socioéconomiques des éclosions dans le Nord-Est du Kenya. L’équipe a déterminé les facteurs de risque liés aux individus et aux collectivités ainsi que les facteurs de risques écologiques qui augmentent la vulnérabilité des agriculteurs pastoraux et de leur bétail. De faibles connaissances et une piètre sensibilisation à l’égard de la maladie ainsi que des pratiques de gestion médiocres du bétail augmentent les risques de maladie. Le projet a déterminé que la transmission de la maladie pourrait être isolée sur le plan géographique à des points précis le long des routes de pâturages. Les vecteurs abondent à ces points, où ils se réfugient parmi des espèces de plantes particulières, exposant les agriculteurs pastoraux qui utilisent ces routes et les collectivités qui les bordent à des risques.

De nouvelles conclusions du projet ont montré que contrairement à une émergence saisonnière de la fièvre de la vallée du Rift, le virus circule dans un bétail local tout au long de l’année pendant les pluies, notamment dans les réservoirs géographiques de la maladie. Ces constatations ont des implications pour les stratégies de prévention futures, ce qui souligne l’importance des systèmes de surveillance vigilants et efficaces pour les périodes entre les épidémies. Ces conclusions sont particulièrement pertinentes à la lumière des avancées récentes réalisées pour le vaccin contre la fièvre de la vallée du Rift et seront un important facteur à prendre en compte pour le moment de lancer le futur vaccin et la manière de le faire. Les tendances de mobilité du bétail déterminées et les zones à risques pourraient devenir le centre d’intérêt pour la vaccination. La transmission de l’animal à l’homme prend une forme plus grave de la maladie que l’infection par des vecteurs. Par conséquent, la vaccination des animaux empêchera des décès chez les êtres humains et le bétail.

Les connaissances découlant du projet orienteront les stratégies de prévention pour réduire efficacement le risque de transmission. Par exemple, les interventions pourraient avoir pour objectif d’accroître la sensibilisation des agriculteurs à l’égard de la fièvre de la vallée du Rift, y compris les pratiques de gestion du bétail à haut risque qui évoluent (comme une mauvaise hygiène lors de la manipulation des foetus de veau avortés, et recommander d’autres routes de pâturage pour éviter.les zones endémiques. Les conclusions soulignent l’importance de travailler avec les chefs locaux, qui forment et imposent les normes et les décisions des collectivités sur les pratiques agricoles pastorales.

Elles démontrent clairement les liens essentiels entre les pratiques culturelles locales, les activités pastorales de subsistance et la vulnérabilité aux maladies zoonotiques. Les chercheurs ont décrit les manières possibles de préserver les pratiques agricoles tout en réduisant le risque de maladie. Des travaux supplémentaires pourraient aider à définir le rôle des zones à haut risque en maintenant une transmission du virus tout au long de l’année et pourraient indiquer une cible pour l’atténuation ou la prévention des éclosions futures.

Le projet comble un manque de connaissances important sur les risques que la fièvre de la vallée du Rift présente tout au long de l’année, y compris les dynamiques de transmission entre les périodes d’épidémie. Cette nouvelle constatation souligne l’importance d’une infrastructure proactive et adaptée de surveillance et de santé publique pour prévenir les éclosions et également réduire la charge de morbidité toute l’année.

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