Un programme de réforme démocratique « sur mesure »

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Bureau régional du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord
Le Printemps arabe de 2011 fut une prise de conscience politique pour les citoyens des pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Il a déclenché un ardent désir de changement et a entraîné des transformations en profondeur sur le plan de l’économie, de la politique, de la gouvernance et des relations État-société de même qu’au sein de la société civile. Non seulement le Printemps arabe a-t-il changé la donne stratégique dans toute la région, mais il a aussi propulsé les pays dans une nouvelle phase de développement sociopolitique où les citoyens sont déterminés à jouer un rôle dans le façonnement de l’avenir de leur société.

L’Initiative arabe de réforme ou ARI (Arab Reform Initiative) s’emploie diligemment à soutenir les processus politiques et de gouvernance en cours : elle réalise des projets de recherche, participe à des collaborations, renforce les capacités locales, effectue des sondages d’opinion publique et met sur pied un vaste réseau d’universitaires, de militants et de praticiens qui désirent des réformes dans la région.

Active depuis 2005, l’ARI vise à mobiliser les capacités de recherche dans les pays arabes en favorisant le débat public et en approfondissant les débats en cours en vue de concevoir un programme de réforme démocratique « sur mesure ». En 2012, l’Initiative a reçu un financement du CRDI pour intensifier ses efforts et interagir avec tout un éventail d’organisations et de militants de la société civile afin de formuler des recommandations en matière de politiques et de faire progresser les réformes politiques.

Il s’ensuit que 2012 a été une année bien chargée pour l’ARI; l’organisation a mobilisé son réseau d’institutions de recherche et d’experts pour approfondir les questions de l’heure. L’ARI a également travaillé avec les parties prenantes afin de revenir sur les différentes révolutions et de façonner les débats publics sur la constitution, la réforme du secteur de la sécurité et l’évaluation des priorités et du rendement des gouvernements pendant la période de transition. À cet égard, des priorités bien précises sont ressorties, les plus importantes étant les suivantes : 1) protéger des droits fondamentaux des citoyens, 2) faire en sorte que la constitution soit un document vivant, 3) favoriser le dialogue entre des groupes politiques se réclamant d’idéologies différentes, 4) encourager la diversité culturelle et 5) définir les responsabilités de l’État envers la société.


L’ARI a concentré la majorité de ses efforts en Égypte. Au cours de l’été 2012, plusieurs documents portant sur la réforme constitutionnelle en Égypte ont été commandés pour examiner des questions précises telles que les droits socioéconomiques dans la Constitution égyptienne; la gouvernance de la diversité religieuse dans la Constitution égyptienne; les constitutions et les minorités religieuses; et la transparence et le droit à l’information.

Le CRDI finance un projet l’ARI qui porte sur les sécuritocraties et la réforme du secteur de la sécurité (RSS) (Arab Securitocracies and Security Sector Reform). En juillet, le groupe de travail de l’ARI sur la RSS en Égypte a organisé, avec le Centre d’études politiques et stratégiques d’Al-Ahrâm, un atelier au cours duquel on a discuté de questions clés liées à la RSS en Égypte pendant la transition de même que des idées présentées dans le document d’orientation intitulé « “Soigner sans amputer ?” : de la réforme de la sécurité en Égypte » préparé par Tewfick Aclimandos.

Pour stimuler le débat sur la RSS dans d’autres pays arabes, l’ARI a organisé plusieurs conférences et rencontres au cours du deuxième semestre de l’année. En octobre, l’ARI a rencontré des représentants de la société civile tunisienne afin de discuter de la RSS. Le document de l’ARI intitulé « After the Fall: Security Sector Reform in post-Ben Ali Tunisia » a servi de point de départ aux discussions.

En décembre, l’ARI a participé à l’atelier « Security Sector Transformation in Arab Transitions: Working for Change » organisé par le Centre Carnegie pour le Moyen-Orient et la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale.

Toutes ces activités aident à combler les lacunes dans les données afin que les responsables des politiques et d’autres parties prenantes de la gouvernance soient en mesure de voir ce qui fait défaut et puissent mieux répondre aux besoins et aux demandes de citoyens qui se sentent habilités à s’impliquer dans la vie politique de leur pays. Cela suppose aussi d’encourager les femmes et les jeunes, qui sont au coeur de tant de mouvements sociaux, à participer et à mettre sur pied des initiatives qui leur permettront de faire valoir leurs droits et de jouer un rôle actif dans la construction de leur avenir.

Pour en savoir plus sur l’ARI et son travail dans la région, consulter son site Web, http://www.arab-reform.net/.