Un four à bois en céramique atténue les pressions qui s'exercent sur les forêts africaines

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Division des communications, CRDI
DES EFFETS DURABLES
En réduisant la demande de bois et de charbon de bois, un four qui est devenu populaire au Kenya et dans les pays voisins a atténué les pressions qui s’exerçaient sur les forêts africaines en péril.
 
C’est au milieu des années 1980, au moment où le déboisement et la désertification devenaient de plus en plus préoccupants, que le CRDI a commencé à appuyer les travaux de recherche qui ont mené à la commercialisation du four à bois en céramique appelé jiko en swahili. Aujourd’hui, des sondages montrent que 80 % des ménages de Nairobi et de Mombasa utilisent la version domestique de ce four, ce qui, selon Stephen Karekezi, spécialiste de l’énergie au Kenya, leur permet de réaliser des économies de combustible pouvant atteindre 50 %.
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Mis au point par KENGO, un organisme kenyan, le four à bois jiko est pour ainsi dire devenu l’appareil de cuisson le plus courant au Kenya, selon lui.

 
M. Karekezi, ancien gestionnaire régional de KENGO maintenant directeur de l’Energy, Environment and Development Network for Africa, ajoute que plusieurs milliers de fours à bois jiko destinés aux établissements ont été distribués au Kenya. On en a aussi exporté un grand nombre en Éthiopie, au Rwanda, en Tanzanie, en Ouganda et dans d’autres pays.
 
Ron Ayling, ancien administrateur de programme au CRDI, explique que la forte demande de bois de chauffage de la part des établissements est l’une des raisons pour lesquelles les fours plus volumineux ont intéressé au plus haut point le CRDI au cours des années 1980. Il suffit de songer à la consommation de bois nécessaire à la cuisson des repas dans une école fréquentée par une centaine d’enfants, poursuit-il.
 
M. Karekezi abonde dans le même sens. Il estime qu’il est évident qu’une des principales sources de déboisement est la consommation de bois par les établissements. D’ailleurs, dit-il, on peut voir des camions livrer aux établissements le bois abattu expressément à cette fin.
 
Grâce à une plus petite chambre de combustion et à des parois isolées qui réduisent les pertes de chaleur, le four jiko en céramique permet d’utiliser le bois plus efficacement. Dans les maisons, où l’on utilise du charbon de bois, cette technologie plus écologique procure aussi un avantage pécuniaire. Elle permet aux familles pauvres d’utiliser leur argent pour acheter des aliments plutôt que du combustible.



Le four à bois jiko en céramique, de conception kenyane, a connu du succès parce qu’on n’a pas tenté de créer un nouveau système de commercialisation. On en a fait parvenir les plans aux travailleurs du secteur non structuré qui produisaient les fours à bois traditionnels et on les a convaincus d’adopter ce four, de sorte qu’il a profité de l’infrastructure de fabrication et de commercialisation en place. Plus les travailleurs ont fabriqué de fours et plus les prix ont chuté.

—Stephen Karekezi, directeur, Energy, Environment and Development Network for Africa