Trois anciens directeurs régionaux font part d’effets durables de l’action du CRDI

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Louise Guénette

À l’automne 2010, trois directeurs régionaux du CRDI ont pris leur retraite. Eglal Rached, Constance Freeman et Richard Fuchs, qui dirigaient respectivement les bureaux du Caire, de Nairobi et de Singapour, se remémorent des moments marquants de leur carrière au Centre. Compte tenu de leur expertise en agriculture et en environnement, en politiques économiques et en technologies de l’information et de la communication, leur apport aux programmes menés par le CRDI dans ces champs de recherche a été considérable.

Eglal Rached —  Pâturages, eau et influence sur les politiques

Eglal Rached, ancienne directrice du Bureau régional du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord du CRDI, au Caire en Égypte, a pris sa retraite au terme de 24 années au service du Centre. D’abord administratrice de programme, elle a par la suite gravi les échelons pour devenir chef d’équipe, puis scientifique en chef, gestion des ressources naturelles. Elle a été nommée directrice du BREMO en 1997.

Ses connaissances spécialisées en agriculture, en biodiversité et en gestion des ressources naturelles l’ont amenée à travailler au CRDI. Au début des années 1990, elle a soutenu des travaux exécutés par des scientifiques de la Tunisie, du Maroc et de l’Algérie dans des villages éloignés des vastes steppes du Maghreb. S’aventurant pour la première fois à l’extérieur de leurs centres de recherche respectifs, ces chercheurs ont pu observer différentes méthodes traditionnelles de gestion des terres communales.
 
« Il pouvait y avoir une roche ou un arbre au milieu d’un grand terrain de 30 000 hectares, et cela définissait la limite », dit-elle.
 
Grâce à ces travaux de recherche, de nombreuses méthodes traditionnelles de gestion des terres ont été adoptées pour remplacer les systèmes centralisés et favoriser la remise en état de l’environnement.
 
Une chef de file pour ce qui est des questions reliées à l’eau
 
Eglal Rached se passionne pour les questions reliées à l’eau depuis des années et a supervisé durant 15 ans le soutien accordé par le CRDI à la recherche sur la gestion de la demande d’eau. Autrefois, explique-t-elle, on considérait la rareté de l’eau comme un problème insoluble. Le CRDI a été l’un des premiers bailleurs de fonds présents dans la région à en faire une priorité.
 
Le Centre a soutenu des études sur des moyens de réduire la demande d’eau, un forum régional permettant aux chercheurs d’échanger de l’information sur le sujet et des activités visant à communiquer les constatations aux responsables des politiques. (WaDImena)
 
« Le projet vient de se terminer, avec énormément de succès dans la mesure où toute la gestion de la demande fait partie du discours sur l’eau de presque tous les politiciens de la région. Évidemment, maintenant, le défi, c’est la mise en oeuvre », souligne-t-elle.
 
Ces 24 dernières années, elle a travaillé auprès de nombreux jeunes chercheurs qui ont par la suite occupé des postes importants. Shadi Hamadeh, coordonnateur de l’Environment and Sustainable Development Unit, à Beyrouth, en est un exemple, tout comme Mahmoud Abu Zeid, qui a été ministre de l’Irrigation et des Ressources hydrauliques de l’Égypte de 2000 à 2008. Mme Rached avoue que leur réussite professionnelle a été l’un des aspects les plus gratifiants de son travail.

Constance Freeman — L’économie : de l’université au secteur non structuré
 
Pendant 10 ans, Connie Freeman a dirigé le Bureau régional de l’Afrique orientale et australe du CRDI, à Nairobi au Kenya. Elle a accédé à ce poste après s’être penchée pendant 30 ans sur  des questions touchant à l’Afrique, et ce, dans plusieurs pays africains ainsi qu’aux États-Unis.
 
Économiste de formation, Mme Freeman salue la relation que le CRDI entretient depuis 20 ans avec le Consortium pour la recherche économique en Afrique (AERC), dont le siège est au Kenya. Elle estime que le consortium offre la meilleure formation en économie sur le continent africain. Ses programmes de maîtrise et de doctorat viennent se greffer aux programmes des universités d’Afrique et les enrichissent en les prolongeant de trois ou quatre mois chaque été.
 
Les travaux de recherche de l’AERC portent sur de grandes questions économiques, entre autres, sur les investissements de l’Inde et de la Chine en Afrique. Ils fournissent aux gouvernements de 21 États d’Afrique de l’information sur la façon de négocier des ententes plus avantageuses pour eux avec la Chine.
 
Des occasions inespérées en Angola
 
Mme Freeman s’est intéressée à l’économie non structurée, au sein de laquelle il n’y a ni réglementation gouvernementale ni financement bancaire, en Angola. En 2005, après quelque trente années de guerre civile, le pays avait atteint une certaine stabilité. Mme Freeman a voulu évaluer le contexte pour voir s’il était propice à des activités du CRDI.
 
Elle rappelle que c’est en Angola que l’on trouvait peut-être alors l’une des dernières économies non structurées du continent échappant encore à toute forme de réglementation.
 
Le CRDI a subventionné l’organisation non gouvernementale angolaise Development Workshop afin qu’elle étudie les marchés non structurés, du logement à la vente à domicile, en passant par l’approvisionnement en eau.
 
Selon Mme Freeman, il en a probablement résulté l’une des meilleures études qui aient jamais porté sur les activités menées dans l’économie non structurée.
 
Le gouvernement de l’Angola s’est fondé sur certaines de ses conclusions pour élaborer une politique plus éclairée en matière de logement et pourra se reporter de nouveau à l’étude quand il entreprendra de réglementer les activités du secteur non structuré.
 

Constance Freeman est fière du caractère africain des travaux soutenus par le CRDI dans la région. Elle rappelle d’ailleurs que le bureau régional a suivi à maintes reprises les conseils de partenaires africains et qu’il reconnaît que la recherche appartient aux personnes qui l’exécuten

Richard Fuchs — La technologie au service de communications efficaces

Consultant en technologies qui a reçu de nombreux prix, Richard Fuchs, originaire de Terre-Neuve, est arrivé au CRDI au début de 2001, juste à temps pour aider le Centre à devenir un important protagoniste de l’amélioration de l’accès aux technologies numériques dans les pays en développement.
 
En sa qualité de directeur du domaine de programme Technologies de l’information et de la communication au service du développement, M. Fuchs a préconisé l’utilisation des technologies numériques pour relever les défis inhérents au développement. Il s’est acquitté de cette tâche en oeuvrant sur la scène internationale, au sein de tribunes telles que le Groupe d’experts du G8 sur l’accès aux nouvelles technologies, mis sur pied à l’occasion du sommet du G8 qui s’est déroulé à Okinawa, au Japon, en 2001, et le Sommet mondial sur la société de l’information.
 
Des activités d’envergure modeste, mais néanmoins novatrices, ont revêtu une importance tout aussi grande selon M. Fuchs. Notons à ce titre la séance de formation organisée en 2004 à Kampala, au cours de laquelle 40 travailleurs de la santé ougandais ont appris à utiliser des ordinateurs de poche pour leur travail. Six ans plus tard, souligne-t-il, ces appareils font partie intégrante du système de santé de l’Ouganda. Les fournisseurs de services de santé s’en servent pour transmettre les données relatives à l’inventaire et celles qui ont trait à la veille sanitaire, ainsi que pour obtenir de l’information. Un projet de recherche mené par AED-Satellife a révélé que l’adoption de cette technologie a entraîné une augmentation de la productivité et de l’efficience de même qu’une utilisation plus efficace des ressources au sein du système de santé de l’Ouganda.
 
Cartographie des résultats de recherche
 
M. Fuchs se souvient aussi de l’impact qu’a eu la carte Internet – Toile d’Afrique. Unissant leurs efforts pour faciliter la transition du continent à la société de l’information, le CRDI et quatre centres de recherche d’Afrique l’ont produite en 2002. La carte, dont plusieurs milliers d’exemplaires ont été distribués, a clairement révélé le manque de câbles sous-marins à fibre optique entre l’Afrique de l’Est et le reste du monde. Trois câbles desservent maintenant la sous-région, et d’autres devraient être mis en place à l’avenir. Grâce aux progrès réalisés, la connexion Internet a gagné en rapidité et en disponibilité.
 
À compter de 2006, M. Fuchs a fait profiter l’Asie de sa riche expérience, devenant directeur du Bureau régional de l’Asie du Sud-Est et de l’Est du CRDI, à Singapour. Trois ans plus tard, les cartes rendant compte de la vulnérabilité aux changements climatiques en Asie du Sud-Est catapultaient les changements climatiques à la une de tous des quotidiens de langue anglaise publiés à Manille, Bangkok, Phnom Penh et Jakarta et rendaient ce phénomène scientifique compréhensible pour les gens ordinaires.
 
Richard Fuchs dit avoir pris grand plaisir à établir des liens entre des idées, des établissements et des intervenants associés au CRDI.

Eglal Rached, Connie Freeman et Richard Fuchs ont largement contribué à l’excellente réputation dont jouit le CRDI dans les régions où ils ont été affectés. Cette réputation est un élément essentiel de la capacité du CRDI de promouvoir la recherche au service de la croissance et du développement.