Selon une étude chinoise, les antirétroviraux aident à diminuer la transmission du VIH

07 juin 2016
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IDRC CRDI/ P. Lefebvre

Emma Landy

Dans les couples où seul l’un des partenaires est séropositif pour le VIH (couples sérodiscordants), la prise d’antirétroviraux par le partenaire séropositif peut réduire le taux de transmission du VIH, du moins à court terme. C’est ce qui ressort d’une étude menée par Yiming Shao, titulaire d’une chaire de recherche du CRDI, et dont les résultats ont été publiés dans le numéro du 5 octobre 2013 de The Lancet.

L’Organisation mondiale de la santé recommande d’administrer des antirétroviraux aux partenaires séropositifs pour tenter de prévenir la transmission du VIH. Il s’agit toutefois de l’une des premières études à confirmer clairement les retombées positives de cette approche dans la vraie vie, où une foule de facteurs, dont l’observance du traitement et la résistance aux antirétroviraux, ont une incidence sur les effets du traitement.

Les chercheurs ont examiné les données relatives aux taux de transmission du VIH de 2003 à 2011 chez près de 39 000 couples hétérosexuels sérodiscordants en Chine. Ils ont constaté que lorsque le partenaire séropositif prenait des antirétroviraux, globalement, les taux de transmission au partenaire non infecté étaient 26 % moins élevés que lorsque le partenaire séropositif ne suivait aucun traitement. Il s’agit de la première étude établissant que le recours aux antirétroviraux à des fins de prévention est efficace dans un contexte de santé publique dans un pays en développement.

L’effet préventif variait considérablement selon le mode par lequel le partenaire séropositif avait été infecté : on a constaté une baisse de 31 % des taux de transmission lorsqu’il avait été infecté lors d’un rapport hétérosexuel, une baisse de 24 % lorsqu’il avait été infecté par une transfusion de sang ou de plasma et une absence de baisse lorsqu’il avait été infecté en s’injectant de la drogue. En outre, la diminution du taux de transmission ne semblait pas durer plus d’un an ou deux. Il se pourrait que cela soit attribuable à une moins bonne observance du traitement ou à une plus grande résistance du virus aux antirétroviraux au fil du temps. Enfin, il n’y avait aucun effet préventif non plus lorsque le traitement aux antirétroviraux avait débuté trop tôt (lorsque la numération des lymphocytes T-CD4 était supérieure à 550 par microlitre de sang), peut-être parce que l’observance du traitement faiblit dès lors que l’on se sent tout à fait en santé. Il faudra poursuivre les recherches pour comprendre ces constatations.

Le chercheur principal, Yiming Shao, est spécialiste du sida principal au Chinese Center for Disease Control and Prevention. Il est titulaire de la chaire de recherche du CRDI en modélisation et en gestion des maladies transmissibles. L’étude a été en partie financée dans le cadre de l’Initiative internationale des chaires de recherche (IICR).

Lire l’article paru dans The Lancet

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