Sécurité alimentaire : une lutte sur plusieurs fronts

Image
Division des communications, CRDI

En 1996, 180 pays – dont le Canada – ont participé à Rome au Sommet mondial de l’alimentation (SMA) afin de discuter de façons d’éradiquer la faim. Afin d’atteindre ce but, les pays se sont engagés envers un objectif fondamental : réduire de moitié d’ici l’an 2015 le nombre de personnes souffrant de sous-alimentation chronique. Cinq ans plus tard, ils ont renouvelé leur engagement envers l’atteinte des objectifs énoncés dans la Déclaration de Rome sur la sécurité alimentaire mondiale et le Plan d’action du Sommet mondial de l’alimentation.

Les pays signataires de la Déclaration de Rome s’engageaient à créer un environnement et à adopter des politiques propices à l’éradication de la pauvreté et contribuant à garantir à tous l’accès à des denrées alimentaires saines en quantité suffisante. Ils ont également convenu de promouvoir un système commercial mondial juste et de travailler à prévenir les catastrophes naturelles et autres crises qui mettent en péril la sécurité alimentaire. Ils ont par ailleurs convenu de la nécessité d’adopter des politiques favorisant les investissements publics et privés dans la mise en valeur des ressources humaines et le développement durable.

Les programmes du CRDI et les travaux de recherche qu’il finance contribuent à tenir ces engagements. Le CRDI croit que la réduction de la pauvreté, la sécurité alimentaire et la viabilité de l’environnement vont de pair. Il estime également que pour relever ces défis convergents, il faut qu’une réelle collaboration s’établisse avec les principaux acteurs, allant des agriculteurs aux chercheurs et aux représentants du gouvernement.

Une démarche pluridisciplinaire

Dans les zones rurales, le CRDI appuie la recherche qui répond aux besoins des populations démunies qui vivent dans des écosystèmes fragiles ou dégradés. Cette intervention peut prendre plusieurs formes, qu'il s'agisse de favoriser l'amélioration participative de cultures de première nécessité afin de préserver la biodiversité et de reconnaître les savoirs traditionnels des agriculteurs (pour en savoir davantage : Semences du monde) ou d'encourager la gestion coopérative des ressources naturelles, tels que les bassins versants et les forêts communautaires. La recherche s'efforce d'appuyer les réformes des régimes fonciers et d'améliorer l'accès aux ressources naturelles en se concentrant sur les façons dont les pauvres peuvent améliorer leurs moyens de subsistance tout en gérant mieux les ressources naturelles dans un contexte de libéralisation et d'intégration des marchés.

Les efforts visant à assurer la pertinence de la recherche vis-à-vis des besoins des agriculteurs ont produit des résultats probants dans de nombreuses régions. Par exemple :

  • Au Viet Nam, la recherche financée par le CRDI a démontré que les concepts et les processus de la gestion communautaire des ressources naturelles (GCRN), telles que les méthodes d'échange " d'agriculteur à agriculteur ", peuvent s'avérer efficaces pour faire reculer la pauvreté au palier de la commune. Le but poursuivi d'une façon générale était de créer et de soutenir des processus qui contribuent à des moyens de subsistance viables pour le plus grand nombre, parmi les plus pauvres dans les hautes terres.
  • Dans les conditions climatiques rudes qui prévalent en Jordanie et en Syrie, les lignées d'orge sélectionnées par les agriculteurs ont donné des rendements aussi satisfaisants, sinon meilleurs que les variétés qui proviennent des centres de recherche. Qui plus est, ces variétés produisent un fourrage plus riche et appétent pour les troupeaux de brebis et de chèvres qui sont la principale source de viande et de produits laitiers dans la région (pour en savoir davantage: Étude de cas : l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient - l'amélioration de l'orge). 
  • En Chine, le rapprochement entre les scientifiques et les agriculteurs a conduit à l'adaptation aux conditions locales de certaines variétés de maïs et à l'amélioration de plusieurs autres, contribuant aussi bien aux disponibilités alimentaires qu'aux moyens de subsistance (pour en savoir davantage : Étude de cas : lier agriculteurs et chercheurs en Chine).
Stimuler les cultures dans les villes

Dans les zones urbaines des pays en développement en forte expansion, l'accès à la terre, aux denrées alimentaires et aux services environnementaux de base tels que l'approvisionnement en eau, l'assainissement et la collecte des ordures est limité, entraînant une pauvreté accrue et exerçant des pressions sur l'environnement. Un des objectifs du programme PURE du CRDI est justement celui de stimuler la recherche sur l'agriculture urbaine en tant que moyen d'améliorer la sécurité alimentaire des ménages et d'apporter un gain d'argent (pour en savoir davantage : Alimenter le développement durable des villes).

Grâce en grande partie au travail d'avant-garde des chercheurs financés par le CRDI au cours des deux dernières décennies, quelques municipalités reconnaissent désormais la valeur de l'agriculture urbaine pour augmenter la sécurité alimentaire et réduire le chômage parmi les citadins pauvres. Par exemple :

  • Les édiles de Kampala, en Ouganda, ont émis des ordonnances afin de mieux intégrer les activités agricoles à la planification et à la gestion urbaines (pour en savoir davantage : Étude de cas : Kampala, Ouganda — l'agriculture urbaine prend racine)
     
  • À Rosario, en Argentine, les autorités municipales, des groupes d'agriculteurs actifs, des habitants des bidonvilles et des organisations de la société civile ont formulé un projet visant à accorder le droit d'utilisation de terrains municipaux vacants. Plus de 700 jardins maraîchers communautaires ont ainsi été créés et des étals de plantes et de produits d'artisanat attirent le public. Cette activité a conduit à des disponibilités alimentaires durables et mis des moyens de subsistance à la portée des citadins pauvres (pour en savoir davantage : Étude de cas : Rosario, Argentine — une ville " mordue " d'agriculture urbaine).
Compte tenu des défis à relever, le CRDI et ses partenaires encouragent les gouvernements à s'associer aux intervenants pour élaborer des stratégies de réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement. En répondant au besoin de régimes fonciers moins précaires pour les agriculteurs des villes, les gouvernements à tous paliers seraient en mesure de réduire la pauvreté et d'aider à améliorer la vie des habitants des bidonvilles. Par un appui résolu aux activités d'agriculture urbaine, ils peuvent réduire la faim et la malnutrition tout en relançant l'emploi parmi les groupes défavorisés et notamment les femmes.

Des démarches novatrices

Comme la faim et la pauvreté sont intimement liées aux politiques sociales et économiques à l'échelle aussi bien macroéconomique que sectorielle, le CRDI favorise des recherches visant à mieux comprendre ces liens et à cibler de manière efficace les politiques. La première étape consiste à dresser une carte de la pauvreté et de ses composantes. Une autre a pour objet d'établir le lien entre les changements qui interviennent et diverses combinaisons de politiques. Le CRDI s'efforce de le faire depuis 1990 dans plus de 20 pays en développement. Un volet essentiel du travail du CRDI dans ce domaine est le système de suivi communautaire de la pauvreté (CBMS) élaboré en 1996. Il a été mis en oeuvre tout d'abord aux Philippines; le ministère de l'Intérieur et du Gouvernement local demandé à toutes les administrations locales d'adopter les 13 indicateurs de base du CBMS servant à mesurer la pauvreté (pour en savoir davantage : Le développement a une adresse et un visage aux Philippines). Le CBMS est aujourd'hui à l'essai, avec l'appui du CRDI, dans 12 pays d'Asie et d'Afrique (pour en savoir davantage : Suivi de la pauvreté).

Le CRDI s'attaque également aux enjeux de la pauvreté par des moyens aussi novateurs que l'utilisation des technologies de l'information et de la communication (TIC). Un grand nombre de projets appuyés par le Centre démontrent que les collectivités qui ont davantage accès aux TIC sont en mesure de créer les conditions d'une croissance économique soutenue. Par exemple :

  • Au Kenya, un projet expérimente les voies et moyens d'utiliser Internet pour fournir des services dans les domaines de la finance, du marketing et de l'information à de petits exploitants afin qu'ils puissent mieux commercialiser leurs produits et accroître leurs revenus (pour en savoir davantage : Les producteurs agricoles du Kenya découvrent l’Internet).
  • En Inde, des centres de savoir ruraux établis dans sept villages fournissent de l'information sur les prix des intrants agricoles, les cours du marché, les programmes du gouvernement, et beaucoup plus. Les incidences positives sur les moyens de subsistance des paysans ont suscité un mouvement voué à étendre les avantages des TIC à 600 000 villages d'ici au milieu de 2007 (pour en savoir davantage : Réaction en chaîne et Mission 2007 - Every Village a Knowledge Centre). Alliance Every Village a Knowledge Centre).

Pour en savoir davantage

Suivi des progrès depuis le Sommet mondial de l'alimentation (FAO)
Agriculture et environnement