S’assurer que les marchés du travail profitent aux jeunes

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STEVE EVANS

Pour de nombreuses femmes, petites activités informelles riment souvent avec pauvreté.

PERSPECTIVE | CROISSANCE POUR TOUS

Dans les économies en développement, la plupart des emplois se situent dans le secteur non structuré, lequel est caractérisé par des salaires bas et une faible productivité, par des perspectives de croissance restreintes, et par le peu d'avantages sociaux et de mesures de protection proposés aux travailleurs. 

La recherche financée par le CRDI procure aux décideurs des évaluations crédibles et des solutions en ce qui concerne les politiques relatives au marché du travail et les filets de sécurité en vue de lutter contre les inégalités, tout en favorisant la croissance. Ces évaluations et solutions démontrent que même en présence d’une extrême pauvreté et d’une assiette fiscale limitée, les plans de protection sociale et les programmes de stimulation de l’emploi bien ciblés peuvent se révéler efficaces par rapport aux coûts pour accroître les débouchés et les revenus. 

Au Brésil, par exemple, une loi nationale en matière d’apprentissage oblige les moyennes et grandes entreprises à embaucher un certain pourcentage de jeunes travailleurs comme stagiaires, ce qui leur permet de bénéficier de subventions publiques pour une période allant jusqu’à deux ans. En 2010, près de 200 000 jeunes ont pris part au programme. Une analyse réalisée par l’Instituto de Pesquisa Econômica Aplicada a révélé que bien que les formations en apprentissage n’aient donné lieu qu’à de faibles améliorations des revenus, il semble qu’elles aient néanmoins aidé les jeunes à réussir la transition vers des emplois plus permanents entre leur première et leur troisième année de participation au programme. Les résultats de la recherche ont, par ailleurs, contribué à l'expansion de ce programme. Il s’agit là de l’une des nombreuses interventions dont il est question dans une métaanalyse réalisée par le Centro de Estudios Distributivos, Laborales y Sociales de l’Universidad Nacional de La Plata, en Argentine, dans le cadre de laquelle des chercheurs se sont penchés sur 65 différentes interventions et politiques relatives au marché du travail et aux jeunes dans 18 pays d’Amérique latine. Une carte interactive montrant les constatations ayant émané de cette analyse permet aux décideurs de tirer des enseignements des efforts consentis par d'autres pour améliorer l'emploi des jeunes.

Au Pérou, le ministère du Travail et de la Promotion de l’emploi a collaboré avec la Pontificia Universidad Catolica et le Consorcio de Investigación Económica y Social à un programme de recherche visant à éclairer les responsables des politiques sur l’emploi des jeunes et portant particulièrement sur la transition de l’école au travail et sur les besoins des jeunes des milieux ruraux. L’équipe de recherche a présenté les résultats du programme lors d’un séminaire conjointement organisé par le CRDI et le ministère Péruvien en août 2014 et auquel prenaient part des représentants d’Argentine, du Brésil, du Costa Rica, du Honduras, du Pérou et de l’Organisation internationale du Travail. 

Les gouvernements de plusieurs pays ont accordé diverses subventions sociales en vue de réduire la pauvreté et l’inégalité des revenus. En Afrique du Sud, l’Université du Cap a étudié l'impact des subventions sociales sur l’offre de jeunes travailleurs sur le marché du travail. Certains ont critiqué de telles subventions, car selon eux elles favorisent​ une culture de dépendance. La recherche a toutefois révélé que les transferts de fonds accroissent, en réalité, la participation des jeunes femmes et d’autres groupes vulnérables, puisqu’ils couvrent une partie des coûts liés aux activités de recherche d'emploi. Les constatations relatives à l'impact des subventions sociales sur la réduction de la pauvreté ont été transmises à la Commission nationale de planification d’Afrique du Sud et ont alimenté la réflexion de celle-ci sur la politique de protection sociale.

En Afrique de l'Est, où les taux de croissance impressionnants n’ont pratiquement pas contribué à créer d’emplois pour les jeunes, l’Institute for Policy Analysis du Rwanda coordonne une équipe chargée d’examiner les liens entre la croissance, l'emploi et la réduction de la pauvreté au Kenya, en Tanzanie, en Ouganda et au Rwanda. En combinant l’analyse des données recueillies à l’occasion d’enquêtes réalisées auprès des ménages et les commentaires formulés par des groupes de jeunes, des représentants du gouvernement et d’autres intervenants, les chercheurs tentent d’aider les ministères et chefs d’entreprise concernés à mettre au point des solutions pour baisser les taux de chômage inquiétants chez les jeunes de la région. 

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