Salma Hegga : Définir des stratégies d'adaptation pour les régions semi-arides d'Afrique et d'Asie

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Salma Hegga

SALMA HEGGA

Marissa Van Epp
JEUNES CHERCHEURS DE L’IRCAAA

Salma Hegga est une chercheuse postdoctorale qui collabore avec un consortium sur l'adaptation à différentes échelles dans les régions semi-arides (ASSAR). L'ASSAR est l'un des quatre consortiums que l'Initiative de recherche concertée sur l'adaptation en Afrique et en Asie (IRCAAA) appuie pour qu'il mène des recherches et interagisse avec la sphère des politiques dans les zones cruciales au regard des changements climatiques.

Après avoir fait une maîtrise en géographie et gestion environnementale à l'Université de Dar Es Salam, Salma Hegga a effectué un doctorat à l'Université de Southampton. Ses travaux ont porté sur l'adaptation aux phénomènes météorologiques extrêmes, en particulier la préparation des ménages aux inondations en Afrique de l'Est. Elle a cherché à savoir ce qui pousse les habitants des régions sujettes aux inondations à s'y préparer, notamment les réseaux sociaux, les facteurs gouvernementaux, la perception des risques, les caractéristiques des ménages et la diversité des conditions de vie.

Partage de l'expertise au sein de l'équipe du consortium

Il y a énormément de points qui se recoupent entre l'étude doctorale de Salma et sa bourse de recherche ASSAR à l'Université du Cap. Elle cherche à évaluer, avec des équipes d'Afrique du Sud, de l'Ouest et de l'Est et de l'Inde, la vulnérabilité et l'adaptation aux changements climatiques dans les régions semi-arides. L'étude vise à définir des stratégies d'adaptation dans ces régions et à déterminer celles qui sont le plus efficaces. Elle va également se pencher sur les problèmes de gouvernance et les relations entre les intervenants à différentes échelles (locale, régionale et nationale) qui influencent l'adaptation. « C'est intéressant parce que, dans un consortium, chacun a sa propre expertise, indique Salma. Le fait de collaborer au même projet et de s'attaquer au même enjeu nous permet d'apprendre les uns des autres. »

Apprendre des différentes réalités propres à l'Afrique et à l'Asie

Le fait de travailler dans différentes régions offre une autre occasion d'apprentissage mutuel, fait-elle remarquer. Lors de la réunion annuelle de l'ASSAR tenue en octobre 2014, elle a visité un certain nombre de villages indiens pour voir ce qui se passait sur le terrain. Elle a été impressionnée par ce qu'elle a vu – les villages s'entraident et partagent leurs connaissances sur l'adaptation aux changements climatiques. « Une communauté avait même un budget pour la planification des besoins en eau. Les membres de la communauté se donnaient des conseils mutuels sur le genre de cultures à planter et la quantité d'eau souterraine disponible, compte tenu des données fournies par le centre météorologique. » Le voyage a été une occasion unique de se renseigner sur les stratégies que les communautés locales utilisent et qui pourraient être partagées avec celles d'Afrique.

Salma espère que l'étude à laquelle elle participe permettra de définir des stratégies d'adaptation potentielles qui pourront être utilisées par différents groupes, notamment par les communautés marginalisées. Ces connaissances pourront servir ensuite à décider de la cible des efforts et des fonds des ONG et des bailleurs de fonds. Le problème, fait-elle remarquer, c'est que « les solutions sont rarement mises en pratique. Les efforts déployés par l'IRCAAA pour mobiliser les intervenants devraient favoriser l'adoption des conclusions. »

Pour en savoir plus

Marissa Van Epp est une auteure établie dans la ville de New York.

L'IRCAAA est un projet conjoint du Department for International Development du Royaume-Uni et du Centre de recherches pour le développement international du Canada. Ce programme devrait mener ses activités jusqu'en 2019.

Photo (à droite) : Tali Hoffman s'informe sur l'approche menée par une communauté pour planifier ses besoins en eau pendant une visite de l'IRCAAA menée sur le terrain à Maharashtra, en Inde.