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Division des communications, CRDI
Profil du domaine de programme Innovation, politique et science (IPS) du CRDI

La création du domaine de programme Innovation, politique et science (IPS) en 2005 « ramène le CRDI à ses origines à certains égards », explique Richard Isnor, directeur d’IPS, qui a quitté le Conseil national de recherches du Canada pour se joindre au CRDI.
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« Les activités en matière de politique scientifique et technologique ont été un des premiers grands domaines où le Centre s’est engagé », ajoute-t-il, faisant remarquer que la Loi sur le CRDI de 1970 stipule que « le Centre a pour mission de lancer, d’encourager, d’appuyer et de mener des recherches sur les problèmes des régions du monde en voie de développement et sur la mise en oeuvre des connaissances scientifiques, techniques et autres en vue du progrès économique et social de ces régions ».

Aujourd’hui, on reprend conscience, comme le dit M. Isnor, « du fait qu’il faut, pour assurer le développement, accorder une attention explicite à la science, à la technologie, et en particulier aux capacités novatrices, et que l’innovation est cruciale à la réalisation du développement socioéconomique ».

Dans ce monde fragmenté dans lequel nous vivons, le savoir est inégalement réparti entre les régions et même entre les pays. L’abîme se creuse donc encore davantage entre les privilégiés et les pauvres, entre ceux qui jouissent d’une économie solide et qui entrevoient d’heureuses perspectives sociales et ceux qui en sont dépourvus.

L’Afrique, continent qui compte 13 % de la population mondiale, mais seulement 1,2 % des chercheurs de la planète, a manifestement besoin de renforcer ses capacités novatrices afin de stimuler sa croissance économique et de permettre aux Africains de faire face aux défis de taille qui les attendent dans des domaines comme la santé et l’agriculture.

« Le Centre […] recherche également des possibilités de favoriser, d’étayer et d’accroître les liens entre les institutions canadiennes qui oeuvrent pour le développement international et de se pencher sur des questions mondiales qui ont un impact tant sur les pays en développement que sur le Canada. »
(SG+CP 2005–2010, CP, par. 87)

De manière plus générale, un groupe de travail du Projet du Millénaire des Nations Unies a conclu que, pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement — les cibles établies par les Nations Unies pour les progrès à accomplir dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’égalité entre les sexes et de la protection de l’environnement — les pays devront élaborer des stratégies pour tirer parti de l’avènement des nouveaux savoirs.

Il est certain que le pouvoir catalyseur de l’innovation scientifique et technologique est bien établi, mais la question de savoir quels ingrédients ou conditions peuvent alimenter une culture de l’innovation demeure encore un mystère.

Un des facteurs qui a été avancé serait un juste équilibre entre l’investissement dans l’éducation primaire, où la curiosité chez les jeunes enfants est la première qualité que l’on cherche à développer, et dans l’enseignement supérieur, où l’on dispense des connaissances spécialisées. Les politiques scientifiques et technologiques des gouvernements sont aussi essentielles.

Des facteurs techniques comme la structure des systèmes bancaires nationaux, la capacité des établissements de recherche des pays en développement de puiser dans les réserves mondiales du savoir et les possibilités de collaboration des organismes gouvernementaux peuvent tous contribuer au succès ou à l’échec des entreprises novatrices.

Une approche systémique

Au lieu de se soucier de mettre en valeur des technologies particulières — les technologies énergétiques ou de substitution, par exemple — IPS s’intéresse principalement à l’interaction des conditions propices dans des contextes nationaux donnés.

« Ce déséquilibre a de lourdes répercussions, non seulement sur la communauté scientifique des pays en développement, mais aussi sur le développement lui-même. Il creuse les disparités entre les pays avancés et les pays en développement, et génère des problèmes économiques et sociaux tant au niveau national qu’à l’échelle internationale. L’idée d’un monde scientifique à deux vitesses est pourtant contraire à l’esprit même de la science. Il incombe donc aux scientifiques et aux instituts de recherche du monde entier de se mobiliser pour changer cette situation et faire en sorte que tous les habitants de la planète bénéficient des bienfaits de la science. »

Kofi Annan, éditorial pour le magazine Science, « Le défi des scientifiques », 7 mars 2003, cité dans Nouvelles, Sommet mondial sur la société de l’information.

« Nous envisageons les choses d’un point de vue systémique », fait valoir Richard Isnor. « Quels sont les besoins en matière de formation et d’apprentissage pour que ces technologies soient efficaces ? Quels sont les facteurs sociaux qui donnent leur impulsion à ces technologies ? Existe-t-il des obstacles sociaux qui nuisent à leur acceptation ? Qui est invité à prendre part aux débats sur la pertinence de ces technologies et sur la répartition équitable de leurs avantages ? »

Le Fonds d’encouragement d’IPS appuie une « approche systémique » du renforcement des capacités en science et en recherche par la formation de partenariats. Ce fonds permet de créer de nouveaux partenariats stratégiques entre, d’une part, des spécialistes de pays en développement et, d’autre part, des établissements et des organismes subventionnaires canadiens, tant pour mobiliser l’expertise canadienne au profit des pays du Sud que pour permettre au CRDI d’avoir plus de poids dans les discussions nationales sur les politiques scientifiques et technologiques.

L’Initiative de recherche en santé mondiale est un partenariat de ce genre auquel participent le CRDI, l’ACDI, Santé Canada et les Instituts de recherche en santé du Canada pour s’occuper de questions urgentes relatives à la santé mondiale comme les mesures de confinement et le traitement des maladies infectieuses. En outre, le nouveau programme d’IPS, Innovation, technologie et société, aide à renforcer les capacités de recherche à l’appui des projets visant à influer sur les politiques publiques dans les pays en développement — un problème qui préoccupe le CRDI depuis longtemps.

Le programme cherche en particulier à favoriser l’inclusion sociale dans la prise de décisions dans le domaine de la science et de la technologie par la consultation d’intervenants multiples, par exemple. Une intervention aussi vaste est généralement considérée comme étant essentielle au bon fonctionnement des systèmes d’innovation; on estime également qu’elle peut faire contrepoids à la tendance observée, à savoir que l’innovation profite de manière disproportionnée aux mieux nantis des pays en développement.

Bien que les politiques scientifiques et les systèmes d’innovation soient des éléments étroitement liés aux activités d’autres domaines de programme du CRDI, la création d’IPS fait en sorte que « ce qui concerne tout le monde ne devienne pas, par défaut, quelque chose qui n’intéresse personne », conclut Richard Isnor. « L’innovation est si fondamentale pour le développement qu’elle mérite l’attention la plus diligente. »