Réduction du risque de propagation de l’encéphalite japonaise en Inde et au Népal

August 13, 2015

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IDRC/ARLYNE BEECHE

Entre 30 000 et 50 000 cas d’encéphalite japonaise sont signalés chaque année en Asie du Sud et du Sud-Est. En général, les symptômes sont bénins, mais les enfants sont plus particulièrement à risque. Les cas aigus sont souvent mortels car la maladie peut causer un oedème cérébral, des tremblements, des convulsions et le coma. Au cours des 20 dernières années, le nombre de cas aigus a augmenté dans la région. Plus de 3 milliards de personnes vivent dans des zones particulièrement touchées où elles courent un risque élevé d’infection. Cette augmentation est en partie attribuable à l’expansion de la riziculture, aux changements climatiques, à l’évolution de l’utilisation des terres et à une augmentation du nombre de fermes porcines.

Des chercheurs de l’Inde et du Népal financés par le CRDI sont à étudier les modes de transmission du virus pour tenter de freiner la propagation de la maladie. Les équipes de recherche travaillent étroitement avec des membres de la collectivité et des représentants des services de santé afin de promouvoir des solutions durables.

Risques de transmission

La maladie est transmise par un moustique, tandis que ses réservoirs sont les porcs domestiques et les échassiers. Comme il n’existe pas encore de traitement, la vaccination demeure le meilleur moyen de prévenir la maladie et de freiner la propagation du virus. Or, l’accès aux vaccins n’est pas systématique dans la région. De surcroît, les populations les plus à risque n’ont pas assez d’information sur les méthodes de prévention. En cas d’infection, elles disposent de peu de ressources en matière de prise en charge médicale.

L’exclusion sociale, un facteur clé de la transmission de la maladie

Le risque de contracter et de propager la maladie se multiplie à cause de la popularité de l’élevage porcin qui est de plus en plus rentable. En Inde comme au Népal, ce sont généralement des membres marginalisés de la société qui s’adonnent à cette occupation. Ils sont le plus souvent peu ou pas instruits, ne savent pas grand-chose sur cette maladie et n’ont pas les moyens de se faire soigner.

En Inde, les chercheurs s’intéressent aux facteurs qui favorisent la propagation de la maladie tels que les interactions entre le réservoir, le vecteur et l’être humain. Ils ont recueilli des données dans 12 villages de l’État de l’Uttar Pradesh, où l’on enregistre de 60 à 90 % des cas aigus de la maladie en Inde. Les chercheurs ont constaté que le taux d’infection humaine était semblable dans les villages où il y a des fermes porcines et dans ceux qui n’en ont pas. Ainsi, le cycle de transmission porc-moustique-être humain comme mode de transmission le plus courant a été remis en question.

Quant au Népal, les chercheurs ont constaté que les éleveurs de porcs sont généralement peu instruits. Leur manque de connaissances au sujet de la prévention de maladies au sein de leur cheptel n’a pas seulement trait à l’encéphalite japonaise. Par exemple, beaucoup de porcs sont également infectés par un vers solitaire qui peut aussi être fatal pour l’être humain et qui se propage par la consommation de viande de porc mal cuite. Malheureusement, beaucoup d’éleveurs ne savent pas que les kystes causés par ce vers sont un signe d’infection et pensent qu’il s’agit de grains de riz coincés dans la gorge des porcs.

Pistes de solution

Les recherches dans les deux pays ont mis en relief l’importance de mener des campagnes de vaccination de masse dans les régions endémiques et établi que la formation et la sensibilisation ainsi que les moustiquaires imprégnées d’insecticide de longue durée constituaient des moyens essentiels de lutte contre l’encéphalite japonaise. Les chercheurs ont par ailleurs envisagé la possibilité d’introduire l’élevage bovin dans les régions endémiques pour limiter la transmission de la maladie; les bovins offrent aux moustiques vecteurs une autre source d’alimentation.

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