Rapprocher les gens et les idées afin d’améliorer les conditions de vie

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Division des communications, CRDI
Des décisions éclairées, des sociétés plus vigoureuses.
 
OBJECTIF: Le CRDI s’emploiera à favoriser et à appuyer la production, la diffusion et l’application de résultats de recherche qui débouchent sur des pratiques, des technologies, des politiques et des lois modifiées de façon à promouvoir le développement durable et équitable et la diminution de la pauvreté.
 
Le CRDI détermine la valeur de la recherche qu’il soutient à la mesure dans laquelle elle contribue à améliorer la vie des gens, ce qui se constate notamment par de meilleures politiques, des milieux plus sains, une meilleure nutrition, l’augmentation des revenus et des systèmes de santé plus efficaces. Pour que ces améliorations voient le jour, toutefois, il faut que les résultats de la recherche soient accessibles à ceux qui peuvent en faire bon usage, notamment les responsables des politiques, les dirigeants d’entreprise, les collectivités et les simples citoyens.  
 
Le CRDI contribue à cela en veillant à la pertinence:
  • à l’opportunité et à la qualité exceptionnelle des recherches qu’il finance:
  • en y intégrant des activités de communication;
  • en appuyant l’organisation de colloques et de conférences à l’intention des utilisateurs possibles de la recherche;
  • en soutenant une vaste diffusion des résultats.
 
 
L’exercice d’une influence sur les politiques exige du temps et de la patience—et exige aussi de savoir saisir les occasions qui se présentent.

La participation des autorités locales

 
Ces dernières décennies, le CRDI a constaté que la participation des décideurs au processus de recherche peut aider à en garantir la réussite. Par exemple, lorsque El Hadj Malick Diop est devenu maire de Tivaouane, au Sénégal, en 2002, le manque d’information sur sa collectivité l’empêchait d’agir. Combien d’habitants comptait la commune ? Combien de ménages avaient accès aux services communaux comme l’eau, l’électricité, le téléphone ? Il ne pouvait le dire.  
 
Ce n’est plus le cas, grâce en partie au système de suivi communautaire de la pauvreté (Community-Based Monitoring System ou CBMS) qu’il a aidé à adapter aux besoins de Tivaouane. Le CBMS est un outil dont les collectivités et les gouvernements se servent pour recueillir des données fiables qui leur permettent de concevoir, d’exécuter et de suivre de près des programmes de développement local.Mis à l’essai aux Philippines en 1994 avec l’appui du CRDI, il est maintenant en usage dans 14 pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.  
 
Les données recueillies à Tivaouane ont mis au jour nombre de problèmes auxquels faisait face la commune et ont aidé les autorités à offrir des solutions précises. Ainsi, lorsque les autorités se sont rendu compte que les écoles étaient concentrées dans le nord de la commune, et que le rendement scolaire des enfants qui vivaient là était très élevé, elles ont décidé de construire trois nouvelles écoles dans les endroits mal desservis. Les données ayant indiqué que 29 % des enfants souffraient d’un retard de croissance, on a mis en place des programmes d’amélioration de la nutrition à l’intention des jeunes enfants, des femmes enceintes et des nouvelles mamans. De même, après avoir constaté la nécessité d’améliorer l’assainissement, on a installé des caniveaux sur 8 km pour recueillir les eaux pluviales.  
 
Aucun intervenant en matière de développement local ne songe désormais à remettre en cause l’importance de disposer de données exactes pour éclairer les décisions, fait observer El HadjMalick Diop. Le maire de la commune de Yako, au Burkina Faso, qui a elle aussi bénéficié du recours à un CBMS, partage son point de vue. « Celui qui dispose de l’information est riche et très riche », affirme-t-il. Il avait besoin de données fiables, car travailler à l’aveuglette lui compliquait la tâche pour obtenir des fonds. Les données réunies grâce au CBMS sont déjà mises à profit pour améliorer le bien-être des habitants de Yako.
 
 


 
Il importe de faire connaître les résultats de la recherche et les nouvelles connaissances si l’on souhaite influer sur les politiques et améliorer les pratiques et les technologies.

Des données probantes pour passer à l’action
 
Il importe de faire connaître les résultats de la recherche et les nouvelles connaissances si l’on souhaite influer sur les politiques et améliorer les pratiques et les technologies. Un des moyens les plus efficaces à cet égard consiste à faire en sorte que les chercheurs engagent un dialogue avec les responsables des politiques et les collectivités. On s’y emploie de plus en plus dans le cadre des recherches appuyées par le CRDI.
 
Au Bénin, par exemple, des chercheurs qui tentent de trouver des moyens de réduire les effets des changements climatiques sur l’agriculture ont aidé à mettre en place des comités d’alerte rapide qui regroupent des responsables locaux, des spécialistes du développement, des météorologues et des agriculteurs. Les comités, à l’oeuvre dans 35 communes, se réunissent régulièrement pour fournir aux agriculteurs l’information qu’il leur faut pour prévoir les risques associés aux changements climatiques. Dans la Corne de l’Afrique, des chercheurs élaborent des indices sur lesquels fonder une protection d’assurance à l’intention des agriculteurs qui pratiquent l’agriculture pluviale. L’Ethiopian Insurance Authority se dit intéressée à utiliser les résultats de l’étude, car elle est en train de mettre au point des régimes d’assurance pour cette clientèle. Il s’agit là de deux des 38 projets de recherche et de renforcement des capacités que le programme Adaptation aux changements climatiques en Afrique, lancé par le CRDI en 2006 en collaboration avec le Department for International Development du Royaume-Uni, appuie actuellement dans 29 pays.  
 
L’exercice d’une influence sur les politiques exige du temps et de la patience—et exige aussi de savoir saisir les occasions qui se présentent. Voilà quelques-unes des constatations issues d’un examen approfondi ayant porté sur les façons dont la recherche appuyée par le CRDI influence les politiques publiques et la prise de décisions, qui sont présentées dans l’ouvrage Knowledge to Policy:Making theMost of Development Research, coédité par le CRDI et Sage en 2009. Il en ressort en outre que les chercheurs doivent présenter leurs idées et leurs constatations aux groupes qu’ils souhaitent influencer sous une forme qui permettra à ces derniers d’en faire le meilleur usage possible.    
Dans les pages qui suivent, des chercheurs expliquent comment les projets qu’ils exécutent grâce au financement du CRDI contribuent à faire modifier les lois et les attitudes, à assurer la protection des droits des femmes et à améliorer la santé des gens.