Puiser son revenu de la forêt de Nefza

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En appuyant sur Mastic Oil en Tunisie

HODA HARB

La chercheuse Faten Mezni fait la démonstration de la presse d'huilerie

Eman El-Rashidy and Bruce Currie-Alder

Latifa vient d'une famille démunie de la région de Nefza dans le nord-ouest de la Tunisie. Comme de nombreuses femmes de la région, elle a de la difficulté à joindre les deux bouts. Pourtant, à sa porte se trouve une ressource qui peut aider sa famille à se sortir de la pauvreté.

En pressant les fruits du lentisque (Pistacia lentiscus), on obtient une huile utilisée en cuisine ainsi que comme médicament dans le traitement des plaies, des maladies cutanées et des problèmes gastriques. Avec l'aide du Centre de recherches pour le développement international, des chercheurs ont amélioré les techniques d'extraction, encourageant Latifa et ses voisines à accroître leurs revenus grâce à l'extraction de l'huile de lentisque et à la vente de celle-ci aux pharmacies et à d'autres acheteurs. 

Il ne s'agissait là que d'un des résultats des efforts déployés pour aider les collectivités locales à profiter davantage des forêts des montagnes de l'Atlas. Des chercheurs de Tunisie, d'Algérie et du Maroc ont travaillé ensemble pour cerner des occasions pratiques d'utiliser des ressources non ligneuses en vue d'augmenter le revenu tout en protégeant la forêt. 

De jeunes chercheurs, comme Faten Mezni, ont collaboré avec des femmes des collectivités locales pour étudier 20 espèces de plantes et évaluer leurs propriétés chimiques et génétiques afin de trouver des façons d'améliorer la qualité des huiles et autres sous-produits. Ces travaux ont permis d'établir de nouvelles techniques de valorisation des pignons du pin parasol, de l'huile de lentisque, des fruits de myrte et du diss. 

Plus de 80 foyers ont ainsi pu hausser leur revenu de 20 % en mettant à l'essai ces techniques novatrices. La production d'huile de lentisque, comme la demande pour celle-ci, continue d'augmenter, ayant eu pour effet de tripler le prix de l'huile, qui est passé de 20 dinars tunisiens à 60 dinars tunisiens le litre. L'expérience a également entraîné un changement de mentalité : les femmes aiment gagner leur vie grâce à ce qui pousse à leur porte. « Maintenant, je gagne de l'argent et j'y crois », explique Mongia, une autre résidente de Nefza.

Lisez davantage sur l'essor de l'huile de lentisque en Tunisie dans Mille et une Tunisie. 

Profil de Faten Mezni sur ResearchGate.