Protection des vies humaines et des moyens de subsistance dans la lagune de Chilika, en Inde

Image

La ville côtière de Gopalpur, dans l’État de l’Odisha, après le passage du cyclone Phailin

Asia Research News 2014
Le cyclone Phailin, qui a frappé l’Inde en 2013, a occasionné d’immenses pertes : en deux jours seulement, 12 millions d’habitants des États côtiers de l’Odisha et de l’Andhra Pradesh ont perdu leur maison et leurs moyens de subsistance. Des chercheurs subventionnés par le CRDI oeuvrent à la protection de la région et de ses habitants contre les phénomènes climatiques aussi violents, et ce, dans l’optique à long terme des changements climatiques.

Les cyclones surviennent couramment le long du littoral de la partie sud de l’Inde, mais l’on craint que ces phénomènes deviennent de plus en plus destructeurs au fur et à mesure que l’atmosphère se réchauffera et que le niveau des océans montera sous l’effet des changements climatiques. Lorsque le cyclone Phailin s’est abattu sur le delta du fleuve Mahanadi en octobre 2013, il s’agissait du plus puissant cyclone à avoir frappé l’Inde depuis plus d’une décennie. Heureusement, grâce aux systèmes d’alertes rapides en place, une majorité de vies humaines ont pu être épargnées.

Parmi les zones les plus vulnérables qui ont été touchées par la catastrophe figurait la lagune de Chilika. Située sur la côte est de l’Inde, la lagune est un point chaud de la diversité et une importante zone tampon entre les écosystèmes d’eau douce et ceux d’eau salée. Quelque 200 000 pêcheurs et quelque 400 000 agriculteurs tirent leur subsistance de la lagune, de ses environs et de son delta.

Depuis 2011, le programme de l’Asie du Sud de Wetlands International et la Chilika Development Authority travaillent avec des parties prenantes locales à l’évaluation des vulnérabilités biophysiques et sociales aux changements climatiques dans la région. Il est essentiel de saisir ces vulnérabilités pour mettre au point des stratégies d’adaptation proactives qui puissent réduire les risques pour les vies, les occupations et les écosystèmes. Ce projet, qui bénéficie du soutien du Centre de recherches pour le développement international, organisme canadien, vise à produire un solide corpus de données probantes qui guideront à la fois les efforts de soutien aux moyens de subsistance et les plans de gestion des milieux humides.

En octobre 2012, un plan intégré de gestion « adaptée au climat » de la lagune de Chilika a été lancé. En ce moment, l’équipe de recherche met à l’essai diverses stratégies d’adaptation dans les villages locaux. Elle est aussi à mettre au point des modules de formation sur l’adaptation aux changements climatiques à l’intention des responsables de la gestion des milieux humides, de même que des ressources destinées aux décideurs.

Certaines des mesures d’intervention en cas de catastrophe mises au point par le projet ont été véritablement mises à l’essai lorsque le cyclone Phailin est survenu. Les comités de résilience qui avaient été formés dans 11 villages côtiers autour de Chilika dans le cadre du projet ont contribué aux efforts déployés pour assurer l’évacuation hâtive des villageois. Des exercices de simulation ont été effectués, des abris anticycloniques ont été garnis de vivres et de médicaments et des trousses de survie familiales ont aidé les habitants touchés à survivre pendant les trois jours au cours desquels aucun secours extérieur ne pouvait les rejoindre. Pendant les pluies diluviennes qui ont suivi le passage du cyclone, les membres des comités de résilience ont été en mesure d’aider les habitants des autres villages en proie à des inondations.

Si une majorité de vies humaines ont pu être épargnées à Chilika, les forêts côtières et le littoral, eux, ont été dévastés. La restauration des habitats et des moyens de subsistance demeure un défi de taille. À long terme, une gestion des milieux humides et une planification de la préparation aux catastrophes améliorées seront cruciales pour assurer la résilience des collectivités et des écosystèmes dont elles tirent leur subsistance.

La version originale anglaise de cet article est d’abord parue dans l’édition de 2014 d’Asia Research News.