Promotion de l’écosanté en Amérique latine et dans les Caraïbes

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Écosystèmes et santé humaine

Depuis le milieu des années 1990, le CRDI met de l’avant et soutient des travaux de recherche avant-gardistes faisant appel à une démarche écosystémique de la santé (l’écosanté). Les chercheurs en écosanté examinent les rapports entre la santé humaine, la société et la qualité de l’environnement. La recherche en écosanté réunit des personnes ayant divers intérêts, compétences, compréhensions, fonctions, pouvoirs et responsabilités.

Les réseaux régionaux et thématiques en écosanté mettent en commun connaissances et ressources pour encourager la collaboration entre chercheurs. La Communauté de praticiens en écosanté de l’Amérique latine et des Caraïbes (CPE-ALC) cherche des solutions aux problèmes de santé humaine attribuables à l’état des écosystèmes, à la pauvreté et à l’iniquité.


Le terme « communauté de praticiens » (CP) désigne un groupe de personnes partageant un engagement et une passion pour ce qu’ils font. Ces praticiens apprennent à appliquer leurs connaissances grâce à leurs interactions et à leur collaboration à des projets

Principaux sujets auxquels s’intéresse la CPE-ALC

La CPE-ALC, qui réunissait à l’origine un petit nombre de chercheurs de six pays des Amériques, dont le Canada, a vu le jour en 2006. Elle regroupe maintenant plus de 150 spécialistes, responsables des politiques, professionnels et représentants de collectivités qui sont organisés en sous-groupes régionaux. Donna Mergler, professeure à l’Université du Québec à Montréal et cofondatrice de la CPE-ALC, a été l’une des premières à s’adonner à la recherche en écosanté en Amazonie brésilienne.


Les membres de la CPE-ALC concentrent notamment leur recherche en santé, environnement et pauvreté sur les sujets suivants 
  • les effets de l’exposition aux polluants sur la santé,
  • la prévention des maladies transmissibles et la lutte contre ces maladies,
  • la santé des travailleurs et de leur famille,
  • les besoins des femmes et des peuples autochtones en matière de santé,
  • le  renforcement du leadership communautaire et des syndicats.

La CPE-ALC offre des possibilités d’apprentissage aux spécialistes, aux chercheurs débutants, aux représentants d’organisations non gouvernementales, aux praticiens et aux responsables des politiques. Une bibliothèque virtuelle contenant du matériel pédagogique est maintenant accessible en ligne. Les autoévaluations permettent d’évaluer les besoins des membres et de dégager de nouvelles façons de coopérer. On a réalisé une étude du recours à un réseau pour analyser et favoriser l’équité au moyen de la recherche écosanté participative.

Les membres de la CPE-ALC conseillent également les autorités gouvernementales sur la manière de réduire durablement les problèmes liés à la salubrité de l’environnement. Ainsi, ils ont collaboré à des politiques sur les changements climatiques et la salubrité de l’environnement avec l’Organismo Andino de Salud.

La CPE-ALC fait partie d’un nouveau consortium en Amérique latine et dans les Caraïbes qui se penche sur la façon dont une démarche écosanté peut aider à prévenir les maladies à transmission vectorielle comme la dengue et le paludisme et à lutter contre ces maladies. L’équipe effectue le suivi et l’évaluation des activités. Par ailleurs, elle oriente la réflexion au sujet des bonnes pratiques d’échange, de synthèse et de transfert des connaissances.

Chaque sous-groupe régional de la CPE-ALC est unique

Les membres de chaque sous-groupe se penchent sur les problèmes propres à leur collectivité et à leur pays.

  • Mexique Sous la coordination de l’Instituto Nacional de Salud Pública, les membres mexicains de la CPE-ALC mènent des recherches sur la pollution chimique et les maladies à transmission vectorielle. Ils ont fait insérer les concepts et les méthodes de la démarche écosanté dans les programmes d’études en santé publique de neuf universités fédérales et d’État.
  • Amérique centrale et Caraïbes (Costa Rica, Cuba, Guatemala, Nicaragua, Panama et République dominicaine) L’Instituto Regional de Estudios en Sustancias Tóxicas de l’Universidad Nacional, à Heredia, au Costa Rica, abrite ce sous-groupe. L’écosanté fait maintenant partie des programmes d’études des cycles supérieurs à Cuba, au Nicaragua, à Panama et au Costa Rica. Les membres ont encouragé l’utilisation d’une démarche écosanté, par exemple à l’égard de la gestion des déchets solides à Panama et de la santé au travail à Cuba.

  • Région des Andes (Colombie, Équateur, Pérou et Venezuela) Ce groupe, dont la coordination est assurée par Fundación Salud Ambiente y Desarrollo (FUNSAD), favorise la prise en compte des aspects sociaux, économiques et environnementaux de la santé dans la recherche.

  • Cône Sud (Argentine, Chili, Paraguay et Uruguay) Coordonnés par le Centro de Estudios de la Mujer, au Chili, les membres de ce sous-groupe sont des experts de l’analyse sexospécifique, et de la conception de programmes et d’outils pour la formation en écosanté. Leur recherche porte sur les effets de la pollution minière, industrielle et agricole sur la santé et sur l’environnement.

  • Brésil Les membres de ce sous-groupe, dont le siège est au Centro de Desenvolvimento Sustentável  de l’Université de Brasília, collaborent avec le ministère de la Santé, le Rede Escola Continental em Saúde do Trabalhador et d’autres professionnels. Le sous-groupe a réuni plus de 1 500 responsables de politiques, spécialistes, représentants d’organisations non gouvernementales, dirigeants syndicaux et travailleurs de la santé dans le cadre d’une série de réunions provinciales et nationales en 2008 pour discuter des rapports entre les mouvements sociaux et la santé.
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    Pour en savoir davantage

    Site Web de la CPE-ALC (en espagnol)
     
     
     
    Contributions de la CPE-ALC au Forum international écosanté (Mexique, 2008)

    Photos : CPE-ALC
    La CPE-ALC est un réseau décentralisé de sous-groupes régionaux.