Permettre aux idées de vivre au Chili

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Division des communications, CRDI
DES EFFETS DURABLES

L’appui accordé par le CRDI à des spécialistes des sciences sociales du Chili pendant les années sombres de la dictature militaire a permis de soutenir un noyau de chercheurs prêts à remettre leur pays sur la voie de la démocratie.

Les universitaires étaient tous menacés, mais les spécialistes des sciences sociales étaient sans contredit les plus à risque, car leurs travaux contestaient parfois le régime même. Quelque 3 000 de ces spécialistes ont été contraints à l’exil après le coup d’État de 1973. En 1980, plus de 500 professeurs d’universités chiliennes ont été congédiés en un seul semestre.

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La répression de la recherche dans le domaine des sciences sociales mettait en péril la vie et les moyens de subsistance de ces spécialistes et nuisait aux perspectives de développement de la région.

Le CRDI a réagi en approuvant un programme spécial de subventions à l’intention des chercheurs et des centres de recherche du Chili, mais aussi de ceux de l’Argentine et de l’Uruguay, pris dans la même tourmente. L’objectif : préserver l’esprit et les compétences propres à l’investigation indépendante face aux dictatures militaires résolument et solidement ancrées dans ces pays.

Recherche sur une variété de sujets

Le financement du CRDI a permis aux chercheurs de la Corporación de Investigaciones Económicas para Latinoamérica (CIEPLAN) et à d’autres chercheurs oeuvrant au sein d’organismes vulnérables de poursuivre leurs travaux sur une variété de sujets, dont les politiques économiques, l’éducation et le développement urbain et rural. Le CRDI s’est associé à l’Agence suédoise de coopération internationale au développement et à l’Inter-American Foundation, établie près de Washington, afin de mettre en oeuvre ce programme d’appui, lequel a financé la recherche à hauteur de 3 millions CAD de 1978 à 1986.

Ce que le CRDI a fait au Chili, c’est qu’il a permis aux idées de continuer de vivre, estime Ricardo Lagos, qui a été économiste à la CIEPLAN. Ce dernier a ensuite joué un rôle de premier plan dans le retour du pays à la démocratie et sa relance économique, ayant été président du Chili de 2000 à 2006.

Les idées ont eu une incidence réelle. Les travaux de ces chercheurs ont en effet aidé à la difficile transition à la démocratie. Ainsi, c’est grâce à des études de la CIEPLAN démontrant que les taux d’inflation étaient supérieurs à ce qu’affirmait la dictature que le mouvement démocratique a prouvé ses compétences en matière d’économie et obtenu l’adhésion du secteur privé.

Certains bénéficiaires de subventions du CRDI ont par la suite occupé des postes de haut rang au sein des gouvernements qui ont succédé à la dictature, notamment Alejandro Foxley, qui a été ministre des Affaires étrangères du Chili. Une fois la liberté recouvrée et la démocratie instaurée au Chili, souligne-t-il, les principaux chercheurs de la CIEPLAN ont occupé des postes clés au sein des quatre gouvernements démocratiques qui ont suivi. 


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