Mobilisation du secteur privé à l’égard de programmes bénéfiques pour les pauvres dans le domaine de l’agriculture

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Agriculture et sécurité alimentaire
Disposant de peu de fonds, les organismes du secteur public sont en quête de façons novatrices de financer des projets de recherche ou de développement dans le domaine de l’agriculture qui ont pour buts d’accroître les revenus et de réduire la pauvreté et l’insécurité alimentaire. Cela les amène à envisager de nouveaux mécanismes et de nouvelles formes de partenariat ralliant des bailleurs de fonds – surtout issus du secteur privé – qui ne sont pas mis à contribution habituellement.

Si des partenariats public-privé (PPP) sont aujourd’hui couramment conclus afin de résoudre des problèmes de santé dans les pays en développement, ils commencent à peine à gagner en importance dans le domaine de l’agriculture. Le CRDI a organisé, en mars 2012, une conférence sur les PPP en agriculture, en partenariat avec la Fondation Syngenta pour une agriculture durable. Il en est notamment ressorti le message suivant : si l’on désire contribuer à faire en sorte que les plus démunis de la planète jouissent d’une sécurité alimentaire accrue, il est essentiel de créer de nouveaux partenariats réunissant des acteurs des secteurs public et privé qui serviraient de leviers permettant d’amorcer le dialogue, d’améliorer la communication et d’accélérer les négociations et qui auraient pour effet d’accroître la qualité des PPP et leur nombre.

Mobilisation du secteur privé afin qu’il participe aux efforts déployés dans le but d’améliorer le sort des démunis
 

Le CRDI a confié à l’organisme Global Access to Technology for Development (GATD) le mandat de relever les divers mécanismes de financement susceptibles de susciter la participation du secteur privé à des campagnes d’action pour les pauvres. Ces mécanismes peuvent être classés en trois grandes catégories.

  • L’obtention de fonds auprès de nouvelles sources, habituellement le secteur privé et (ou) le grand public. L’initiative (PRODUCT)RED, qui sert à amasser de l’argent pour le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, en est un exemple.
  • Le financement consenti par les bailleurs de fonds du secteur public habituels, mais selon la modalité des « paiements fondés sur les résultats », à savoir que les fonds sont versés aux fins d’un programme précis et de surcroît uniquement en fonction de l’obtention de résultats. C’est le cas par exemple de la participation du Canada à AgRésultats, initiative par laquelle des fonds publics servent à encourager l’industrie à trouver des solutions à des problèmes techniques qui pourraient améliorer de façon appréciable la sécurité alimentaire.
  • Les mécanismes dits « d’attraction », en vertu desquels de nouvelles sources de financement sont utilisées de façon créatrice pour financer des solutions à la faim et à la malnutrition impulsées par le marché. La New Vision for Agriculture (nouvelle vision pour l’agriculture) du Forum économique mondial en est un exemple.

Les paiements fondés sur les résultats sont prisés des gouvernements soucieux d’accroître leur reddition de comptes et d’optimiser le rendement des deniers publics investis. La création et la mise en place de ce type de mécanisme posent d’énormes défis sur le plan administratif, mais il est bien compris en général.

Les mécanismes d’attraction (pull mechanisms) permettent d’aller chercher auprès de nouvelles sources, notamment auprès des entreprises privées et de Monsieur et Madame-Tout-le-monde, de l’argent frais qui servira à stimuler l’innovation et les idées nouvelles. En voici des exemples : la garantie de marché, en vertu de laquelle les acheteurs s’engagent à l’avance à acheter un produit à un prix fixé; un prix attribué à qui relève un défi (prize challenge), à savoir une somme d’argent accordée à une personne ou un groupe qui réussit à atteindre un objectif précis ou à résoudre un problème donné; la communauté de brevets, par laquelle plusieurs organisations collaborent à la mise au point (par exemple d’une nouvelle variété) et se partagent les droits attachés au brevet, qui sont définis de manière explicite en fonction de la contribution de chacune à la recherche.

Quoi qu’il en soit, il subsiste chez les entités des secteurs public et privé d’importants questionnements au sujet des mécanismes de PPP en agriculture. Notamment, dans quelle mesure les facteurs qui inciteraient le secteur privé à se mobiliser sont-ils au diapason de ceux qui interpellent le secteur public ? Existe-t-il un juste dosage de fonds publics et de fonds privés ?

Complément d’information sur les activités du CRDI en vue d’approfondir la compréhension des PPP

 

Les partenariats public-privé ou la collaboration pour lutter contre la faim

 

De nouveaux partenariats public-privé visant à assurer la sécurité alimentaire mondiale

 

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Le CRDI remercie Sara Boettiger et Kayje Booker de Global Access to Technology for Development de leur contribution au présent article.

Photo du haut : Greg Teckles
Photo de droite : Université du Zimbabwe / P. Mapfumo