Mise au point de l’outil de diagnostic PALM Plus pour le Malawi

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Le Dr Michael Schull expliquant le fonctionnement du PALM Plus à une infirmière

Esmé Lanktree
Le système de santé du Malawi, comme ceux d’autres pays d’Afrique subsaharienne, souffre d’une pénurie aiguë de personnel de la santé.
 
Le personnel en place est surchargé et l’accès à des soins de santé de qualité s’en trouve réduit. Dans ce contexte, la gestion inefficace du temps constitue souvent un problème systémique que les travailleurs de la santé ne sont pas outillés pour résoudre par eux-mêmes.
 
Michael Schull, cochercheur du projet, explique que le principal problème, ce n’est pas que la toiture fuit, mais qu’il n’y a tout simplement pas assez de personnel. Selon lui, la question est de savoir comment épauler le personnel en place.
 
Si certains travaux ont surtout visé à augmenter le nombre de travailleurs de la santé, une autre stratégie consiste à offrir à ces travailleurs une formation et des outils leur permettant d’utiliser plus efficacement le temps dont ils disposent.
 
Un outil de diagnostic initialement mis au point en vue d’être utilisé en Afrique du Sud fait actuellement l’objet d’un essai dans des collectivités rurales du Mali. PALM Plus peut avoir des effets positifs sur l’évolution de l’état de santé des malades.
 
Ce projet a été financé par l’Initiative de recherche en santé mondiale, un partenariat du CRDI, de l’Agence canadienne de développement international et les Instituts de recherche en santé du Canada.
 
Les outils qui permettraient aux travailleurs de la santé d’exécuter leurs tâches plus efficacement constituent une solution pratique susceptible de réduire le fardeau qui les accable, d’améliorer la qualité des soins prodigués et de contribuer à améliorer durablement les systèmes de santé.
 
Nouveaux traitements, nouveaux problèmes

En Afrique subsaharienne, l’épidémie de VIH accentue la pression sur les services de santé. La communauté internationale a avant tout cherché à réduire le coût du traitement, qui était trop élevé pour la très grande majorité des personnes atteintes en Afrique. Depuis l’arrivée d’antirétroviraux génériques plus abordables, on se soucie principalement d’atteindre les personnes porteuses du virus.
 
Si l’arrivée des antirétroviraux génériques a rendu le traitement considérablement plus abordable, le facteur contraignant demeure la capacité du système de santé d’offrir un traitement accessible en temps opportun là où habitent les personnes atteintes. Des progrès ont été réalisés à l’échelle du continent africain, mais le problème persiste en raison du manque d’infrastructures et de personnel, particulièrement dans les zones rurales.

Le système de santé en milieu rural mis à rude épreuve

Au cours des dernières années, le ministère de la Santé du Malawi a étendu le traitement du VIH à 16 centres ruraux du district de Zomba, le rendant ainsi plus accessible aux populations rurales. Une telle décentralisation risque toutefois d’imposer un fardeau supplémentaire à un système de santé déjà surchargé. REACH Trust (Research on Equity and Community Health), un organisme de recherche indépendant du Malawi, et Dignitas International, une organisation non gouvernementale du Canada, collaborent avec le ministère de la Santé du Malawi en vue de trouver des solutions à ce problème.
 
Puisque le traitement antirétroviral prolonge l’espérance de vie des personnes atteintes du VIH/sida, il y a une probabilité accrue de résistance et de co-infections – comme d’autres infections transmises sexuellement ou par le sang, la tuberculose ou le paludisme –, lesquelles sont susceptibles de compliquer le traitement.
 
Dans un district comme celui de Zomba, cela se traduit par une augmentation du nombre de patients qui éprouvent des problèmes de santé plus complexes. Non seulement les travailleurs de la santé ont moins de temps à consacrer à chaque patient, mais ils doivent aussi composer avec des cas de VIH de plus en plus difficiles à traiter et exigeant une formation plus spécialisée.
 
De l’Afrique du Sud au Malawi
 
Dans un tel contexte, la nécessité de doter les travailleurs de la santé d’un outil de diagnostic et de traitement simplifié est d’autant plus grande.
 
Mis au point en vue d’être utilisé en Afrique du Sud, l’outil de diagnostic PALSAPLUS a permis d’améliorer les soins, les traitements, l’aiguillage des patients et le dépistage des cas de tuberculose. L’équipe en poste au Malawi s’est associée aux créateurs du PALSA-PLUS pour adapter cet outil à son pays. Le partenariat a débouché sur la création du PALM Plus (Simplified Tools and Training).
 
Michael Schull explique que les données en provenance de l’Afrique du Sud montrent que ce type d’outil peut améliorer les soins cliniques et accroître de façon spectaculaire la satisfaction du personnel.
 
L’équipe met actuellement l’outil PALM Plus à l’essai dans des établissements de santé du district de Zomba. Ces établissements ont été répartis au hasard en deux groupes, dont l’un utilisera le PALM Plus. L’étude vise à comparer les deux groupes pour déterminer si l’utilisation de PALM Plus permet d’améliorer la rétention et la satisfaction du personnel ainsi que la santé des patients atteints du VIH/sida, de la tuberculose, du paludisme et d’autres maladies exigeant des soins de santé primaires.

Cet article a été rédigé par Esmé Lanktree, agente de gestion de programme à l’IRSM, et révisé par Gyde Shepherd et Marie-Danielle Smith.

En savoir plus sur l’Initiative de recherche en santé mondiale
 
 
Photo de droite : Dignitas International
Clement Khondiwa anime une séance de formation à l’utilisation du PALM Plus à l’hôpital du service de police du district de Zomba.