Microfinance et pauvreté

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Division des communications, CRDI
L'action du CRDI
AIDER LES DÉMUNIS À S’AIDER EUX-MÊMES
 
les expressions « recherche participative », « travaux en collaboration », « renforcement des capacités locales », etc. Le CRDI croit fermement, en effet, en l’importance de faire participer les collectivités locales aux recherches, de traiter les populations comme des bénéficiaires mais surtout comme des collaborateurs de la recherche et, enfin, d’assurer la mise à profit des résultats au sein des collectivités concernées.

— Maureen O'Neil, présidente du CRDI

Microcrédit, macro sourires

Grâce au projet Swayamsiddha (swayam signifie soi et siddha une personne ayant des capacités éprouvées ou dont l’autonomie a été renforcée), un projet d’entraide de la BAIF Development Research Foundation de l’Inde appuyé par le CRDI et l’Agence canadienne de développement international (ACDI), des milliers de femmes de l’Inde rurale ont eu accès à un crédit de plus de 14 roupies (400 CAD) — somme colossale pour des ménages dont le revenu est inférieur à un dollar par jour.


UNIS DANS LA LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ

Le CRDI a collaboré avec les nouveaux lauréats conjoints du prix Nobel de la paix, le professeur Muhammad Yunus et la Grameen Bank, pour mettre les technologies de l’information et de la communication au service du développement rural dans les « villages Grameen » du Bangladesh.

Le CRDI a, en effet, contribué à appuyer :

  • le renforcement des liens de communication entre les quelque 1 000 bureaux — notamment les succursales en zone rurale — de la Grameen Bank;
  • la création du premier point d’accès public à l’Internet et au courrier électronique au profit d’établissements d’enseignement, d’ONG et de chercheurs du Bangladesh;
  • un projet pilote à Madhupur, dans le district de Tangail, qui a abouti à l’ouverture de l’un des premiers télécentres ruraux d’Asie;
  • des essais, menés par la Grameen Bank, sur diverses technologies novatrices.
Renseignements (en anglais seul.) : www.grameen-info.org

UN FILET DE SÉCURITÉ POUR LES PLUS DÉMUNIS

Déjà une profonde tragédie sur le plan humain, un malheur soudain — décès d’un membre de la famille, maladie, perte de revenu ou perte matérielle résultant d’un vol ou d’une catastrophe naturelle — peut également entraîner la vulnérabilité économique et même la pauvreté. Pour ceux qui sont déjà pauvres, dont la vie bascule entre la survie et le dénuement, ces revers sont habituellement catastrophiques.

À l’instar des programmes de microcrédit comme ceux de la Grameen Bank, qui ont permis à des entrepreneurs de pays en développement d’éviter le cycle vicieux des lourdes dettes, divers régimes de microassurance peuvent aider à soutenir les familles appauvries lorsqu’elles sont frappées par un malheur. Ces programmes modestes, éparpillés et souvent informels — sociétés mutuelles d’inhumation par exemple — existent parce que les pauvres sont généralement exclus des marchés financiers traditionnels, et notamment des services d’assurance. L’offre d’une assurance à bas prix à un plus grand nombre de ces personnes défavorisées est une importante mesure de réduction de la pauvreté dans le monde.

Quelles sont les politiques gouvernementales les plus propices à la croissance d’un secteur de la microassurance efficace ?
Pour rendre la microassurance plus accessible, il faut d’abord savoir ce qui fonctionne. Les chercheurs doivent examiner les régimes offerts dans différents pays selon divers cadres réglementaires et institutionnels, et se demander quelles sont les politiques gouvernementales les plus propices à la croissance d’un secteur de la microassurance efficace.

Le groupe de travail sur la microassurance du Groupe consultatif d’assistance aux plus pauvres a chargé le FinMark Trust de se pencher sur cette question. Cette société de fiducie indépendante sudafricaine entreprend donc une analyse, qui se déroule sur deux ans et vise plusieurs pays, sur l’impact des lois et des règlements sur la possibilité pour les ménages pauvres de souscrire une assurance-vie. Ces travaux sont financés par le CRDI et GTZ, l’organisme de coopération internationale de l’Allemagne, et feront fond sur un réseau de recherche qui avait étudié la réglementation et la surveillance des institutions de microcrédit communautaires, avec le concours financier du CRDI.

Par cette étude, on vise à formuler un ensemble de principes qui aideront les responsables des politiques et les organismes de réglementation des pays à élaborer un cadre législatif et réglementaire favorisant l’offre de services d’assurance destinés aux personnes à faible revenu. Ces principes doivent être d’application pratique et convenir aux pays en développement.

FinMark coordonnera le travail d’équipes de chercheurs dans cinq pays en développement, en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Leurs études de cas détaillées apporteront une foule de renseignements pratiques sur l’évolution du secteur de la microassurance et la façon dont il est réglementé et surveillé, ainsi que sur les facteurs qui permettent ou empêchent l’accès des pauvres aux marchés financiers dans ces divers contextes nationaux. Cette information facilitera l’établissement de principes directeurs qui viendront régir l’expansion de ce secteur dans les pays en développement en général.

Vu la grande complexité de l’administration de programmes financiers pour les personnes à faible revenu, les chercheurs se méfient des modèles universels. Et comme les femmes et les enfants sont particulièrement exposés à la pauvreté, l’étude prévoira des mesures supplémentaires qui tiendront compte des variables que sont l’âge et le sexe.

 
Renseignements (en anglais seul.) : www.finmark.org.za
 

DRUMNET : BOURSE VIRTUELLE DES MARCHANDISES DE L’AFRIQUE DE L’EST

 
Dans le centre du Kenya, une femme cultive des haricots verts et du maïs miniature. Un jour, deux hommes arrivent du bureau local de DrumNet et l’interroge sur ses progrès, lui offrent des conseils techniques et financiers et — ce qui l’enchante — ils lui disent qu’un acheteur de Nairobi veut lui acheter sa récolte.

C’est nouveau. Dans le passé, les agriculteurs ne savaient pas comment trouver les meilleurs prix pour leurs produits. Ces entrepreneurs qui se démenaient, étaient à la merci d’intermédiaires, de banques mal disposées et de marchés lointains.

À l’instar des « tambours parleurs » qui servaient traditionnellement de télégraphe dans certaines régions d’Afrique, DrumNet est un moyen de communications Web qui permet d’offrir à de petits exploitants agricoles des conseils techniques, des services financiers et des renseignements sur le marché en temps opportun.

L’organisation non gouvernementale Pride Africa a lancé DrumNet en 2002 sous forme de projet pilote, avec le soutien du CRDI. Chacun de ses centres d’assistance rurale — parfois réduits à un simple kiosque — est équipé d’un ordinateur, d’une capacité d’accès par réseau commuté et d’un téléphone cellulaire, le tout raccordant le « courtier en information » local de DrumNet à la base de données du projet, à Nairobi. Grâce à ces technologies à faible coût, un plus grand nombre d’agriculteurs peuvent prendre de meilleures décisions, augmenter leur productivité et réduire la pauvreté.

À présent, DrumNet met au point un nouveau système de crédit pour permettre aux agriculteurs pauvres d’acheter des intrants essentiels, comme des engrais, des pesticides et des clôtures, avant la récolte. À l’heure actuelle, beaucoup d’agriculteurs se débrouillent sans rien de tout cela ou ils recourent à des programmes de crédit injustes en contrepartie desquels ils acceptent de vendre leurs produits à prix cassé. Avec le service de bons d’échange simple de DrumNet, il sera plus difficile d’exploiter ces entrepreneurs vulnérables.

Le CRDI et ses partenaires félicitent chaudement le professeur Muhammad Yunus et la Grameen Bank, lauréats conjoints du prix Nobel de la paix 2006.

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