Mettre fin à la violence faite aux femmes

Image

FLICKR/STEVE EVANS

Hartley Butler-George
La parole est à eux
La campagne internationale « 16 jours d’activisme contre la violence faite aux femmes » (du 25 novembre au 10 décembre) vise à sensibiliser le public aux graves répercussions que la violence a sur les personnes, les familles et les collectivités dans le monde entier.

Cette année, pour souligner la campagne, le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) s’est posé la question suivante :

Comment mettre un terme à la violence faite aux femmes ?

 
Les opinions exprimées ci-dessous sont celles des conférencières et ne sont pas nécessairement celles du CRDI ou de son Conseil des gouverneurs.
« D’abord, nous devons créer les conditions voulues pour que les victimes se sentent suffisamment en sécurité pour signaler les crimes dont elles font l’objet.
 
Ensuite, nous devons montrer que ce type de violence ne sera pas toléré dans notre société. La violence faite aux femmes et le harcèlement sexuel ne doivent en aucun cas être considérés comme socialement acceptables dans nos collectivités. Légiférer ne suffira pas à changer ces perceptions; c’est une tâche à laquelle doit s’atteler toute la société.

Puisque la majorité des auteurs d’actes de violence envers les femmes sont des hommes, toute solution à long terme envisagée pour prévenir la violence et le harcèlement doit mobiliser les hommes et les garçons de façon importante. Il ne suffit pas d’enseigner la non-violence : nous devons examiner la situation dans son ensemble, y compris les attitudes à l’égard des femmes, et agir auprès des enfants dès le plus jeune âge. »

L’honorable K. Kellie Leitch
Ministre du Travail et ministre de la Condition féminine

 
 
 
 
 
En changeant de mentalité

Portrait of a woman in Sierra LeoneEn tant que société, pour enrayer la violence faite aux filles et aux femmes, nous devons aller au-delà des mesures législatives. Cela veut dire trouver des façons d’ébranler les normes sociales qui confinent femmes et filles à un statut inférieur et à développer des valeurs et des pratiques qui expriment une considération à l’égard de la femme comme un être égal à l’homme et méritant respect et bienveillance. Nous devons reconnaître que, pour transformer la culture de violence au sein des collectivités et des institutions, dans le Nord comme dans le Sud, nous devons être à l’écoute des filles et des jeunes femmes. Il est crucial que les filles grandissent en sachant que leur corps leur appartient à elles seules, qu’il y a des politiques et des lois en place et qu’en cas d’atteinte à leur intégrité, « on fera quelque chose ».

Claudia Mitchell, McGill University, Canada
Claudia Mitchell
Université McGill
Canada

Relebohile Moletsane, University of KwaZulu-Natal, South Africa
Relebohile Moletsane
Université du KwaZulu–Natal
Afrique du Sud

 
Claudia Mitchell, professeure au Département d’études intégrées en sciences de l’éducation de l’Université McGill, et Relebohile Moletsane, professeure et titulaire de la Chaire de recherche J.L. en éducation rurale de l’Université du KwaZulu–Natal, dirigent les travaux de recherche menés dans le cadre du projet Réseaux visant le changement et le bien-être : élaboration de politiques à partir de la base pour combattre la violence sexuelle à l’endroit des filles, cofinancé par le CRDI et le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada. 
 
Photo : Flickr/Steve Evans 

En conjuguant nos efforts

A women raises her hand in a crowd of people in India

Je crois que nous mettons fin à la violence faite aux femmes en conjuguant nos efforts pour créer une culture axée sur le respect, l’empathie et l’équité. Cela signifie : façonner les comportements que nous souhaitons observer chez nos enfants afin de rompre les cycles de violence; poser un regard critique sur le rôle que nous jouons pour ce qui est de perpétuer les stéréotypes et de permettre aux auteurs d’actes violents d’agir en toute impunité; engager un dialogue avec les hommes et les femmes et mobiliser leur action en vue de réinventer notre société pour que les femmes y soient considérées comme des personnes et non pas comme des objets.
Jennifer Salahub, Safe and Inclusive Cities initiative
Jennifer Salahub

CRDI
Canada

En qualité d’administratrice de programme principale au CRDI, Jennifer Salahub dirige l’initiative Villes sûres et inclusives, un programme de recherche d’envergure mondiale financée conjointement par le CRDI et le Department for International Development (DFID) du Royaume-Uni.

Photo : Banque mondiale/Simone McCourtie

En brisant le silence

Pour mettre un terme à la violence, il faut d’abord la nommer, la connaître et établir que les différentes formes qu’elle peut prendre constituent une atteinte inacceptable à la dignité des femmes et de tous. Il est essentiel que la violence faite aux femmes et aux filles sorte au grand jour, qu’on cesse de la justifier au nom de la « culture » ou de la « tradition » et que, collectivement, nous refusions d’excuser les gestes de domination et d’oppression ou de les passer sous silence.
Rebecca Smith, Girl Hub, Ethiopia Rebecca Smith
Girl Hub
Éthiopie

 
 
 
Rebecca Smith a déjà été agente de gestion de programme au CRDI; aujourd’hui, elle travaille à l’organisme Girl Hub, en Éthiopie.

En donnant l’exemple

Two Bolivian women with their young children, one woman talks on a cellphoneNous devons reconnaître l’importance du rôle que nous jouons individuellement, tant pour ce qui est de prévenir la violence faite aux femmes que pour ce qui est de la condamner. Nous devons apprendre à nos fils à respecter les femmes, à les voir comme des êtres égaux et à dénoncer ceux qui ne le font pas. Nous devons aussi apprendre à nos filles à demander à se faire respecter et à refuser de se faire traiter autrement qu’avec respect. Surtout – en tant que femmes –, nous devons prendre une position ferme en nous respectant les unes les autres. Nous avons toutes un rôle à jouer en donnant l’exemple. Petit à petit, les familles, les camarades de classe, les collègues de bureau et les membres des collectivités apprendront à ne tolérer la violence dans aucune circonstance.
Kristin Farr, Governance, Security, and Justice program, IDRC
Kristin Farr
CRDI
Canada
 
 
Kristin Farr est agente de gestion de programme à Gouvernance, sécurité et justice, au CRDI.
 
 
En faisant des enfants des agents de changement positif

Pour éliminer la violence faite aux femmes, il faut tout d’abord agir au sein de la cellule familiale et dans la sphère privée. Il est crucial de comprendre ce que l’on transmet aux enfants quant à la valeur des femmes et des hommes, et de bien saisir comment cela se traduit par des rapports de pouvoir. En agissant sur cette dynamique à un stade où il est possible d’exercer une influence sur les enfants, on contribuera à ce que ces derniers, une fois grands, fassent changer les choses.

Carlley Robb-Jackson, Plan International, Canada
Carley Robb-Jackson

Plan International
Canada

 

Alors qu’elle était boursière de recherche au CRDI, Carley Robb-Jackson s’est intéressée aux droits des femmes en Sierra Leone depuis la fin du conflit. Elle a reçu l’un des prix Global Changemaker de 2012 décernés par le Conseil ontarien pour la coopération internationale.