Mettre au point un vaccin contre la pleuropneumonie contagieuse caprine à partir d’une bactérie du genre mycoplasme à croissance rapide

12 janvier 2018
Fonds d’innovation en vaccins pour le bétail

Un enfant qui donne à manger à un chèvre

Photo : CRDI / Vincent Guyonnet

La pleuropneumonie contagieuse caprine (PPCC) est une pneumonie grave de la chèvre qui est répandue en Afrique, en Asie et dans certaines régions du Moyen-Orient. Les chèvres atteintes de la PPCC, une infection bactérienne, présentent des symptômes aigus et meurent en sept à dix jours. La PPCC peut tuer jusqu’à 70 % d’un troupeau de chèvres, ce qui représente une catastrophe économique pour les petits agriculteurs pauvres, particulièrement les femmes. Les chèvres sont une source importante de revenus pour les femmes, et la PPCC réduit considérablement leur capacité à subvenir aux besoins de leurs enfants et de leur famille. La PPCC a été signalée dans 40 pays de l’Afrique et de l’Asie, et l’on estime qu’elle entraîne des pertes annuelles pouvant atteindre 507 millions de USD.

Pourquoi un nouveau vaccin contre la PPCC est-il nécessaire ?

La façon la plus efficace et économique de lutter contre la PPCC est la vaccination, car les traitements antibiotiques n’éliminent pas la bactérie responsable de la maladie. De plus, les mesures sanitaires requises sont irréalisables dans les petites exploitations. Le vaccin contre la PPCC existant est fabriqué à partir de la bactérie tuée; il est sûr, mais il ne fournit qu’une protection de courte durée et nécessite donc de multiples revaccinations. En outre, le vaccin est dispendieux, car sa fabrication est fastidieuse.

Un vaccin d’avant-garde contre la PPCC

Pour produire un vaccin à croissance rapide contre la PPCC plus économique et offrant une protection plus durable, des outils de biotechnologie synthétique de pointe seront utilisés pour supprimer les gènes nocifs et non essentiels dans des bactéries à croissance rapide recueillies chez des chèvres sauvages. Ces gènes seront remplacés par des candidats-vaccins offrant une protection contre la PPCC qui ont été identifiés au moyen de la bioinformatique et validés expérimentalement. La bactérie vivante recombinée résultante possédera non seulement des protéines protégeant contre la PPCC, mais elle se reproduira abondamment, ce qui permettra de produire une grande quantité de vaccins.

Résultats escomptés

Le projet devrait mener à la création d’un vaccin recombinant vivant ou tué abordable, facile à produire et conservant la capacité de protéger les chèvres de la PPCC. La création d’un meilleur vaccin contre la PPCC revêt une importance capitale pour les petits exploitants de l’Afrique et de l’Asie, car un meilleur taux de survie du bétail mènera à une amélioration de la nutrition et de l’autonomisation économique, particulièrement chez les agricultrices.

Institutions principales

Ce projet est une collaboration entre l’Université de Berne, en Suisse, et l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) de l’Université de Bordeaux  L’équipe travaillera également avec des scientifiques du J. Craig Venter Institute des États-Unis.

  • Durée : 24 mois               
  • Budget : 1,4 million CAD